Ihid., p
4. Le rapport fait au Conseil <les anciens, le 7 fructidor an V, par Harmand (de la Meuse), comprend bien d'autres traits dont plusieurs sont empruntés à la lettre écrite, le 8 ventôse an II, au Comité de salut public, en réponse à la justiGcation publiée par Schneider au cours de son procès {Livre bleu. Copie c.vacte, etc., p. 15-20); mais il ne faut les accepter que sous toute réserve :
« Un malheureux ayant une jambe de bois, était devant le tribunal de Schneider : son innocence est certaine, on la lui démontre, il ne la conteste pas; mais, ajouta-t-il avec cette ironie exécrable qui depuis a été
François-Jacques Nuss, maire destitué du village, accusé d'avoir caché pendant deux mois deux prêtres non assermentés et tenu des propos royalistes;
Conrad Bodenhaus, Marc Bodmer, Michel Nuss, Michel Rau, accusés d'avoir corrompu par leur conduite antirévolutionnaire l'esprit de leur commune;
François-Joseph Mullkr, pour avoir « maudit la nation et préparé des outils meurtriers dans l'intention de massacrer les patriotes à l'approche de l'ennemi *. »
Le tribunal, se reprochant son indulgence, parut même vouloir user de la guillotine pour donner force aux assignats. Le 24 brumaire (14 novembre), il fit cette déclaration menaçante :
Les amendes, le poteau, les galères n'ont pu jusqu'ici forcer les assignats et faire respecter la loi.
Le premier qui sera convaincu d'avoir enfreint la taxe ou avili les assignats en les prenant avec perte sera puni de mort *.
La justice révolutionnaire l'autorisait! — En attendant, ils envoyaient d'autres victimes à l'échafaud :
Le 26 brumaire (16 novembre), Geoffroi-Henri Rausch, de Strasbourg, conseiller aulique et agent du prince de Hesse-Darmstadt, et Louis Eiirmann, de Bouxwiller, rece-
répélée dans le tribunal de Fouquicr-Tinville, cet homme ne peut plu» servir la République; et il est conduit à l'échafaud.
« Un capitaine de gendarmerie avait refusé ses chevaux et ses pistolets à Schneider. Celui-ci l'envoie à l'échafaud et se saisit des chevaux et des pistolets de la victime.
• Un propriétaire de maison demande une augmentation de loyer à ses locataires; il est condamné [à quoi?J comme dépréciateur des assignats et sa maison est rasée. » {Moniteur du 12 fructidor an V, 29 août 1797, t. XXVIII, p. 781-784.)
Ajoutez plusieurs condamnations à mort dont on a les actes et qui seront indiquées ci-après.
1. André Ueitz, accusé d'avoir commis presque tous les délits attribués aux cinq premiers : tenu des propos anticonstitutionnels, caché des prêtres, corrompu l'esprit de la commune, en fut quitte pour la déportation. (Livre bleu, t. 1, Tribunal réoolutionnaire de Schneider, p. 25.) — Tous ces jugements sont aux Archives nat., BB^, carton 12.