‹ Les représentants du peuple en mission et la justice révolutionnaire dans les départements en lChapitre 181 sur 225 · Voy. ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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2. « L'esprit public éprouve ici des contrariétés funestes par la différence qui parolt exister dans les pouvoirs donnés aux représentants du peuple qui se trouvent près les armées du Rhin et de la Moselle.

• Saint-Just et Lebas ont des pouvoirs extraordinaires; les autres des pouvoirs illimités, U paraitroit d'abord (|u'il n'y a de différence que dans les expressions. Cependant, comme ces premiers ne communiquent pas avec les seconds, il en existe réellement dans le fait. De là les autorités civiles et militaires prennent occasion de subdiviser leur obéissance, la représentation s'affoiblit, et nos espérances se détruisent par les moyens mêmes qui dévoient les relever.

« Unité de pouvoirs, vous aurez unité d'activité, autrement la chose publique est compromise et notre devoir est de vous en instruire.

« Nous vous demandons avec instance notre rappel,.. » (27 frimaire, 17 décembre 1793).

J.-B. Lacoste, M.-A. Baudot.

(Arch. nat., AF II, 152, frimaire, deuxième partie, pièce 225.)

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pagandc dont ils s'étaient fait un instrument et que Saint- Just et Le Bas, on le peut croire, avaient, à cause de cela même, fait supprimer par un décret de la Convention*. Mais à Paris n'allaient-ils pas faire prévaloir leurs gi'iefs et dans l'assemblée et chez les Jacobins? Saint-Just et Le Bas aim^rent mieux s'en revenir eux-mêmes et reprendre leur place dans les deux grands comités dont ils faisaient partie. Leur mission en Alsace avait été louée par Robespierre devant les Jacobins*; elle fut plus tard vivement attaquée par Becker qui, après leur mort, leur imputa d'avoir fait fuir par leurs cruautés 10 000 habitants des départements des Haut et Bas-Rhin, tous laboureurs ou gens de métier, qui ne peuvent, disait-il, passer pour émigrés '. Elle a été jugée ainsi par un homme, notre contemporain, qui, enfant, vit Saint-Just et en garda un souvenir ineffaçable :

« Je suis loin de contester, dit Charles Nodier *, l'importance des services que put rendre alors la rigide sévérité de Saint-Just à des provinces envahies et à des armées en déroute; mais rien ne m'a jamais paru plus affreux que la concision insultante de ces proscriptions d'une ligne qui frappaient quelquefois d'un seul coup une classe entière de citoyens, soudaines, inattendues et mortelles comme la balle du pistolet dans la main de l'assassin. Je crois les entendre encore retentir dans le parler bref, sonore et vibrant de ce beau jeune homme que la nature avait formé pour goûter l'amour et la poésie; je ne me rappelle pas sans tressaillir la redondance assidue de ce mot cruel La Mort qui les armait toutes à la fin, comme le dard du scorpion, et qui produisait sur moi l'effet de quelque horrible

i. Voy. ci-dessus, p. 192-194, leurs lettres des 28 et 29 frimaire.

2. Séance du 1®' frimaire (21 novembre). Moniteur du 4 (24 novembre), l. XVIII, p. 490.

3. Séance du 15 frimaire an III (5 décembre 1794), Moniteur du T. t. XXII, p. 070.

4. Ch. Nodier, Souvenirs de la Révolution, t. I, § 2, Saint-Just en mission. p. 37. Paris, Charpentier, 186i.

bout-rimé dont la désinence monotone et révoltante aurait été imposée par le bourreau. »

Disons seulement, à Tbonneur de Saint-Just, que le 9 nivôse, un peu avant de partir, il prit, avec Le Baç, un arrêté qui, sur l'emprunt de neuf millions, affectait 600 000 livres pour rétablissement d'une école gratuite de langue française dans chaque « commune ou canton » du département du Bas-Rhin *, sans essayer de supprimer Tallemand.

Mission d'Hérault de Séchelles dans le Haut-Rhin; tribunal criminel de Colmar.

Tandis que Saint-Just opérait dans le Bas-Rhin avec Le Bas, un autre membre du Comité de salut public, Hérault de Séchelles, était allé remph'r une mission pareille dans le Haut-Rhin'.

Dans le Ilaut-Rhin, comme dans le Bas-Rhin, la persécution religieuse avait singulièrement refroidi Tenthousiasme que la Révolution avait excité aux premiers jours. On n'avait pas vu sans une vive douleur les prêtres orthodoxes chassés de leurs églises, les religieuses expulsées des écoles, des hôpitaux même. Ce fut bien pis quand du clergé la persécution s'étendit aux fidèles; quand les paysans étaient mis en prison pour refus d'assister à la messe constitutionnelle, quand des communes entières, comme celles de Wintzenheim et de Labaroche, étaient traduites devant le tribunal révolutionnaire pour fanatisme, c'està-dire pour attachement à leur foi ^ Ajoutez les rigueurs amenées par la levée des 300 000 hommes, dans un pays qui avait si largement fourni son contingent de volon-

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