‹ Les représentants du peuple en mission et la justice révolutionnaire dans les départements en lChapitre 182 sur 225 · Véron-Reville, p · texte numérisé non relu

Véron-Reville, p

3ë8 LES REPRÉSENTANTS EN MISSION

taires, les pillages qui venaient à la suite des perquisitions et les amendes arbitraires qui n'enrichissaient guère le trésor. Encore si le tribunal s'était borné toujours à imposer aux réfractaires qui avaient le plus fatigué la force armée, Tobligation de fournir une paire de souliers à chacun des gendarmes qui les avaient poursuivis * ! Le Haut-Rhin, pas plus que le Bas-Rhin, n'était entré bien avant dans le fédéralisme pendant la querelle des Girondins et des Montagnards. On avait reçu de Nancy une députation et on avait envoyé Bajot, vicaire épiscopal, pour répondre aux propositions de la Meurthe; mais, dans l'intervalle, on apprit les événements du 31 mai. On n'était pas fâché de laisser au compte de l'envoyé tout ce qu'il y avait de compromettant dans sa mission, et Bajot, qui n'en pouvait mais, fut assez mal reçu au retour *.

Les arrestations de suspects commencèrent bientôt '. En une fois, on arrêta tous les membres du ci-devant conseil souverain : ce titre sonnait mal en effet; et ceux qu'on avait ainsi jetés en prison virent leur situation aggravée par leur transfert à Belfort d'abord, puis à Langres. Mais il fallait une direction supérieure à cette épuration du pays. Ce fut dans les premiers jours de novembre qu'Hérault de Séchelles arriva dans le Haut-Rhin.

La lettre qu'il écrivit de Belfort au Comité de salut public le 14 brumaire (4 novembre) montre qu'il n'avait point perdu une heure :

A mon arrivée à Béfort, j'ai fermé les portes de la ville, j'ai fait faire des visites domiciliaires. Le lendemain j'ai convoqué une assemblée de toutes les autorités et de tout le peuple dans

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