Véron-Re ville, p
2. Voy. la Révolution du 3 f mai et le Fédéralisme en /793, t. I, p. 390.
3. Un agent du minisire des Affaires étrangères écrivait de Belfort le 24 octobre (3 du 2® mois) : « L'esprit public de Belfort est presque le même, comme dans toute l'Alsace. Le pauvre laboureur est fanatisé par ses prêtres. Il ne manque rien que l'instruction publique. - (Arch. du ministère des Affaires étrangères, France, registre 332, f 49.) — Le lendemain, il allait faire son inspection dans les districts de Porrentruv et de Montbéliard. {Ibid., V 77.)
une vaste église. J'ai fait jurer de nouveaux serments à la République française, à la liberté, à l'égalité; j'ai confondu, on présence do toute la ville, un maire qui en étoit le tyran; je Tai suspendu et déporté à Langres.
L'esprit public étoit extrêmement foible pour ne rien dire de plus, quoique le district de Béfort passât pour le plus patriote do tout le département. Il remonte et ressuscite depuis ces mesures de rigueur.
Il y a beaucoup à faire sur le fanatisme, les subsistances, les assignats, les gens suspects, etc. Je me propose d'opérer avec rapidité et fermeté ; j'espère que ma présence n'aura pas été inutile *.
Et une vingtaine de jours plus tard, il écrivait à la Convention (7 frimaire, 27 novembre) :
J'ai pris toutes les mesures possibles pour élever le département du Haut-Rhin au niveau de la République. L'esprit public y étoit entièrement corrompu. Partout des intelligences avec l'ennemi, l'aristocratie, le fanatisme, le mépris des assignats, l'agiotage et l'inexécution des lois. J'ai combattu tous ces fléaux; j*ai suspendu le département, créé une commission départementale ; j'ai obligé la Société populaire à se régénérer; j'ai cassé les comités de surveillance dont les moins mauvais étoient feuillants, et je les ai remplacés par des sans-culottes; j'ai organisé ici le mouvement de terreur qui seul pouvoit consolider la République; j'ai créé un comité central d'activité révolutionnaire, qui nécessite l'action rapide de toutes les autorités; une force révolutionnaire détachée de l'armée, et qui parcourt tout le département; un tribunal révolutionnaire enfin, qui mettra le pays à la raison. Je poursuis les agents de Pitt, les terribles auteurs de l'incendie d'Huningue, et j'espère les découvrir. Je prépare une fête à la Raison, conquête remarquable, dans ces contrées, sur la profonde ignorance, sur le fanatisme enraciné. J'ai donné partout cette impulsion; et dans quelques semaines, si les efTets répondent aux mesures prises, le département du Haut-Rhin ne sera pas reconnaissable *.