Véron-Reville, p
Hérault finit par devenir suspect à son tour. Une deuxième lettre attribuée au marquis de Saint-IIilaire, avec l'adresse <lu maire de Strasbourg Monet, faisait entendre que Ton comptait sur lui. Il en fut averti par un des représentants délégués dans le Bas-Rhin, Lémane. II ne voulut pas rester loin de Paris sous le coup de pareils soupçons, et, malgré les protestations de son entourage, demanda son rappel *. Il arrivait à temps pour relever les insinuations que Bourdon (de FOise), dans la séance du 26 frimaire (16 décembre), avait émises sur ses rapports avec des étrangers suspects, Proly et Pereyra *. Il le fit avec vigueur le 9 nivôse (29 décembre) et il en profita pour remettre sous les veux de la Convention le tableau sommaire de ses actes dans le Haut-Rhin. Il offrait en même temps sa démission de membre du Comité de salut public : elle ne fut pas acceptée, au grand dépit de Robespierre qui le voulait perdre ; et la Convention ordonna l'impression de son compte rendu ^ : c'est, avec plus de développement, l'exposé des choses qui avaient fait l'objet de sa lettre et de son discours. Hérault échappa pour cette fois. On ne devait pas tarder à le reprendre, sous un autre prétexte, pour l'envelopper dans la ruine de Danton*.
Il avait, on l'a vu par sa lettre, établi lui-même un tribunal révolutionnaire à Colmar. Avant lui, Milhaud et Guyardin (4 brumaire, 25 octobre) avaient donné au tribunal criminel le droit de juger révolulionnairement dans les affaires de réquisition et de maximum^ sans assistance du jury, sauf les cas où il y avait peine de mort "^j les juges eux-mêmes avaient provoqué cette mesure, de peur de
1. Il avait déjà exprimé son désir de revenir, dans sa lettre du 7 frimaire, à la Convention. — En attendant, le U frimaire, il remplaçait l'administration du département par une commission départementale révolutionnaire.
2. Moniteur du 28 frimaire, 18 décembre 1"93, t. XVHl, p. 688.
3. Bibl. nat.. Le'», n" 52. — Voy. la note XXIII aux Appendices.
4. Voy. VHistoire du tribunal révolutionnait^ de Paris, t. III, p. 129 et suiv.