Véron-Reville, p
recevoir la visite d'EuJoge Schneider, qui n'agissait pas autrement et ne se serait pas arrêté aux limites du Bas- Rhin. Le tribunal prononça donc surtout des peines correctionnelles et des amendes, et il présenta, au bout d'un mois, à Hérault un tableau de ses actes, très satisfaisant pour le trésor *. Après cet exposé, le représentant le constitua définitivement en tribunal révolutionnaire sous la présidence de Rapinat (nom de sinistre augure) ', et il lui conféra même, en matière capitale, le droit de juger sans jurés (9 frimaire, 29 novembre 1793). Le tribunal put lui donner, avant son départ, quelques échantillons de sa justice. Le vieux curé de Volschwiller, déporté, était rentré un jour et avait célébré clandestinement la messe. On ne le prit pas, mais deux habitants du village, Jacques Bigex- WALD, officier municipal, et Sébastien Dietun, instituteur, coupables d'y avoir assisté, furent condamnés à mort le 13 frimaire (3 décembre 1793); le 21 (H décembre), ce fut un prêtre sexagénaire, Joseph Thomas, coupable, non d'être rentré, mais de ne pas être sorti : malgré la loi qui le proscrivait, il était resté caché dans la vallée de Guebwil- 1er. On l'envoya à l'échafaud. Sa sœur Barbe Thomas et un autre, qui lui avaient donné asile, furent condamnés à six ans de fers et à quatre heures d'exposition. D'autres victimes devaient périr encore : on en compte onze en onze mois environ; mais, pour le moment, l'activité du tribunal se réduisit en général à des peines moins sévères : déportation, emprisonnement, arrêts à domicile pour délits d'in-
civisme ^
1. 70000 livres d'amendes et 300000 provenant de condamnations contre les réfraclaires à la loi du recrutement. Voy. Véron-Reville, p. 14G.
2. C'est de lui aussi qu'il aurait pu se faire que Ton doutât
Si llapinal vient de rapine Ou rapine de Ilapinat.