Véron-Reville, /. /., p
au décadi. Le général Dièche, espèce de soudard toujours ivre *, entièrement au service du maire Monet, fut chargé, pour tout exploit, de procéder à l'arrestation des prêtres. Il en ramassa, en moins de huit jours, deux cent cinquantesix dans les districts de Benfeld, de Colmar, d'Altkirck et de Belforl, d'oii ils furent conduits, soit à Champlitle, soit à Besançon. C*est à Besançon que Tex-prince de Hessc, général jacobin, à qui on demandait pour eux de la paille, s'écria : « De la paille! c'est bon pour les animaux, mais des chiens de cette espèce peuvent bien coucher sur la terre *. »
Dans le Bas-Rhin, si la persécution était plus vive contre les aristocrates de toute condition, la lutte était plus ardente aussi entre les patriotes. On a vu que les amis de Schneider avaient commencé par protester en sa faveur ^ Frappés à leur tour et transférés dans les prisons de Dijon, ils en appelaient au Comité de sûreté générale où ils devaient avoir des amis *; ils ripostaient contre leurs adversaires victorieux. Ils s'attaquaient à la Propagande, cette bande de jacobins des départements du voisinage qui, appelés à Strasbourg par le jeune maire Monet, s'étaient entièrement dévoués à sa cause. Massé, Jung et les autres envoyèrent, de leur prison, au club une brochure où étaient exposés tous les excès, toutes les orgies de leur règne : Histoire de la Propagande et des miracles quelle a faits à Strasbourg jyendant son séjour dans cette ville dayis le mois de frimaire de la présente année^ : libelle où Monet, Teterel et Mainoni, étaient personnellement incriminés et contre lequel ils protestèrent au sein du club dans la . séance du 7 germinal (27 mars 1794) *.
i. Livre ftleu, l. 11, n"* 44.