‹ Les représentants du peuple en mission et la justice révolutionnaire dans les départements en lChapitre 205 sur 225 · Livre bleu, t. II, p · texte numérisé non relu

Livre bleu, t. II, p

Instruils que l'esprit de contre-révolution domine dans les départements du Haut et du Bas-Rhin et dans les parties allemandes de ceux des Vosges et du Mont-Terrible;

Que les assignats y sont dépréciés;

Que l'armée de la République y est traitée avec aussi peu d'égards que si elle était une armée ennemie;

Que cet état de choses a son principe dans l'ignorance où les riches et les égoïstes, qui jusqu'ici se sont emparés de la Révolution, ont laissé le peuple;

Et voulant suppléer à la nullité complète des autorités constituées relativement aux mesures révolutionnaires.

Arrêtent :

Il sera fait dans les départements dépendants de Tarmée du Rhin une recherche exacte des conspirateurs, des contre-révolutionnaires; des gens suspects et notamment de ceux qui^ par quelque moyen que ce soit, déprécient les assignats, qui vendent à deux prix, dont l'un est le prix en numéraire et l'autre en assignats; qui font le commerce d'argent; qui gardent les denrées de première nécessité dont ils font habituellement commerce, qui ne les vendent qu'à un prix excessif en assignats ou qui refusent absolument de les vendre pour des assignats;

De ceux qui séduisent le peuple parle fanatisme et le portent à la révolte et au mécontentement.

Art. 2. — Tous les prévenus des délits ci-dessus seront surle-champ mis en arrestation... Les représentants du peuple enverront les contre-révolutionnaires au tribunal révolutionnaire et feront mettre les autres en arrestation comme gens suspects.

Abt. 3. — Pour l'exécution des dispositions ci-dessus, il sera établi une commission composée de trois membres. Ces trois membres sont les citoyens Chasseloup , adjudant général de l'armée de la Moselle, Mayran, officier municipal de Belfort, et JûmeSj ci-devant employé des transports et convois militaires.

Art. 4. — Cette commission sera ambulante, elle dressera des procès-verbaux. Elle est autorisée à requérir la force publique pour la mise en arrestation des prévenus.

Abt. o. — La Commission n'exercera pas ses fonctions dans la commune de Strasbourg où le zèle et le patriotisme de la plupart dos fonctionnaires sont satisfaisants.

Art. 6. — La commission n'existera que jusqu'à ce que toutes les autorités constituées aient été renouvelées dans les départements ci-dessus mentionnés ou que le gouvernement révolutionnaire y ait acquis la vigueur nécessaire.

eu. XXXIÎ. — JUSTICE RÉVOLUT. EN ALSACE 393

Art. 7. — Le présent arrêté sera traduit en allemand, iprimé dans les deux langues et envoyé aux départements îs Haut et Bas- Rhin, du Mont-Terrible et des Vosges, où il Ta publié et affiché dans toutes les communes ^

Un peu après, de retour k Strasbourg, ils prenaient par ipplément un arrêté spécial contre les prêtres :

Les représentants du peuple envoyés près les armées du Rhin , de la Moselle,

Instruits par leurs propres yeux de l'état déplorable où se ouve Tesprit public dans les déparlements du Haut et du as-Rhin et du Mont-Terrible; que là et notamment dans ces 2UX derniers départements, les prêtres exercent un empire ivoltant, tiennent les citoyens dans une oisiveté scandaleuse 3ndant plusieurs jours de décade, sous prétexte du culte reliieux, tandis que la terre demande des bras; qu'ils profitent 3 cette oisiveté qu'ils commandent pour prêcher la révolte, )rrompre les mœurs, etc. *.

La maison où se sont rassemblés les prêtres qui ont arraché j fait arracher Tarbre de la liberté dans la commune de Hirngue sera rasée sur-le-champ; l'église de cette commune ira fermée; tous les objets du culte en seront enlevés; les prèes qui se sont portés à de tels excès seront traduits au triunal révolutionnaire.

Art. 2. — Tous les prêtres des trois déparlements ci-dessus îsignés seront sur-le-champ mis en arrestation et conduits à i citadelle de Besancon où ils seront enfermés et traités comme sus suspects.

Art. 4. — Dièche, général de division, commandant h Strasourg, est chargé de l'exécution du présent arrêté *.

Hentz, Goujon.

1. Arch. nat., AF II, 135, dossier 17, pièce 2 et carton 245, à la date; vre bleu, t. I, n" 65, p. 97-99.

2. nassemblemcnls superstitieux à propos des pèlerinages, orgies, danses, 'bre de la liberté brisé; femmes séduites; mépris de la monnaie républiline ■ au point que... les défenseurs de la patrie ne peuvent obtenir les înrées nécessaires à leur subsistance, sMIs ne peuvent les payer avec le il métal des monarchies, etc. ■

3. Dépôt de la Guerre, armée du Rhin, à la date. — Voyez ce que dit entz sur cette matière dans son compte rendu : les prêtres ont sermonné

peuple; ils ont affecté de placer leur religion au-ilessus du gouverneent, etc. Il veut bien reconnaître que la ville de Strasbourg est en ;néral républicaine. De plus, Témigration, lors de la retraite des Prusens, a éloigne les plus mal intentionnés : « trente mille âmes ont fui et

Le brave général pouvait servir de bras droit à la Commission qu'ils venaient de créer*!

C'était comme un redoublement de la Terreur. Saint-Just et Le Bas allaient être dépassés; heureusement| on n'cHt guère que le temps de monter cette machine. A peine la Commission s'était-elle mise en marche, recueillant les suspects (aristocrates, fanatiques, même fonctionnaires publics, dénoncés par le zèle ou l'envie), qu'elle reçut à Colmar, le 21 thermidor, un arrêté du Comité de salut public, daté du 15, qui la supprimait. C'était le contrecoup du 9 thermidor*.

des villages enliors ont déserté », — singulier triomphe pour la cause républicaine! II énumère les causes de l'état de ces départements : l^* la présence des prêtres; 2" la multitude des juifs; 3* la différence de langue et d'habitudes; 4** les montagnes qui séparent la ci-devant Alsace et la partie allemande des Vosges du reste de la République; S*» l'influence de Dietrich et de quelques hommes puissants, les constitutionnels. Strasbourg n'est pourtant pas la seule ville républicaine; il y joint Belforl, Porrentruy. Et il énumère ce qu'il a fait avec son collègue : !• les assignats imposés; 2" tous les prêtres arrêtés, sauf à mettre en liberté ceux qui seront Jugés bons citoyens; 3** les agioteurs réprimés; 4" la maison qui avait servi de lieu de rassemblement religieux dans le district d'ÂlIkirk démolie, l'église fermée, le clocher abattu. — Ils étaient h Thionville quand ils ont appris la conspiration de Robespierre et ils applaudissent à sa chute. (Bibl. nat., Le^» 78.)

1. Les représentants avaient un commissaire des guerres qui ne laissait pas de s'occuper aussi de leur cuisine. Il écrivait à Monet :

- Tu as commencé, citoyen maire, à pourvoir à nos besoins de ménage; mais il nous manque encore bien des choses; comme tu es une source intarissable, je l'invite, s'il est possible, k faire donner à notre cuisinière ce qui est porté sur les bons qu'elle a, signés de moi.

• Tu m'avois aussi promis de l'eau-de-vie et des liqueurs pour la table du représentant. Il lui faudroit aussi du sucre; nous n'avons ici d'autre mère toi (commeil joue agréablement sur le mol!); pourvois donc à notre subsistance.

- Salut et fraternité.

- Le commissaire des guerres employé avec le représentant.

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