‹ Les représentants du peuple en mission et la justice révolutionnaire dans les départements en lChapitre 206 sur 225 · AUBRY · texte numérisé non relu

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2. Les représentants, disons-le à la louange du pays, étaient, en général, mal secondés en Alsace. Le 3 thermidor, le Comité de surveillance de Strasbourg, envoyant au Comité de sûreté générale onze noms pour cette conspiration de l'étranger (|ue l'on recherchait par toute la France, s'excusait de ne pouvoir faire davantage, • le Comité n'ayant jamais été complet, qui se trouve dans ce moment réduit & six membres et dont la moitié ne parle pas la langue françoise » (ils ne la parlaient guère euxmêmes). {Livre bleu, t. II, p. 288.)

Le fait le plus saillant de sa courte carrière, c'est le procès qu'elle fit à un jeune ouvrier de santé qui s'était fait faire une culotte de la peau d'un guillotiné : le chamoiseur qui avait préparé la peau, le tailleur qui l'avait mise en œuvre, étaient compris dans la poursuite *.

L'Alsace après le 9 thermidor.

Le 9 thermidor fut accueilli en Alsace, comme dans les autres provinces, avec la joie de la délivrance. C'est Lacoste, le collègue de Baudot, le digne continuateur de Saint-Just dans le pays, qui s'empressa, dès le 10, d'en adresser la nouvelle à la Société (populaire de Strasbourg :

Frères et amis, qu'il m'est donc doux de me renouveler dans votre souvenir en vous apprenant que la République est encore sauvée et que la journée d'hier sera à jamais mémorable dans les fastes de la Révolution française. Elle nous a délivrés des trois Catilinas modernes et d'une foule de leurs licteurs qui, depuis longtemps, avaient creusé le tombeau de la RépubHque naissante, encore avec plus d'astuce et de perfidie que les Brissotins, les Girondins, les Hébcrtistes et la foule des conspirateurs qui ont péri sous le glaive de la loi : ces monstres sont Robespierre aîné, Couthon, Saint-Just et Lebas *.

Il a parlé de trois Catilinas, et il en nomme quatre : Le Bas est joint à Saint-Just comme il l'a été dans la mission d'Alsace. Lacoste les répudie pour qu'on ne se rappelle pas les liens qui l'avaient uni lui-même à eux. Et le jeune maire Monet, si fervent adepte de Saint-Just, s'empressa aussi de convoquer le conseil général de la commune pour lui faire adopter une adresse où il flétrissait

1. Voy. cwlessus, l. I, p. 66; et Véron-Reville, la Révolution fs'ançaise dans le Haut-Rhin, p. 229.

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