Dumouriez au commandant de Chdions
V J'espère que M. de Sparc sera arrivé à Chàlons; en tout cas. si cela n'est pas. je préviens le commandant militaire et M. de Laclos qu'hier, après une attaque de huit heures sur le corps du général Kellermann campé sur les hauteurs de Valmy, les Prussiens, après avoir perdu beaucoup, ont continué leur marche par ma gauche. Ils sont suivis d'une colonne de llessois et des émigrés qui passeront devant moi aujourd'hui. »
(Armée du Nord, aux dates. Les lettres de Dumouriez sont presque toutes autographes.)
Comparez la relation officielle publiée à Berlin sur la campagne du 13 au 22 septembre (ibid,), les rapports de r.arra et de Sillery (Bibl. nat., Le '•, 4 et 2). Voici le plan que trace dans son rapport le représentant Carra, comme conclusion de la campagne :
« Que la France soit entourée au plus tôt dans toute sa circonférence d'une bordure de peuples libres et indépendants; qu'elle n'ait
aucun contact avec les rois qui pourroient conserver encore leurs trônes pendant quelques années. Point de paix avec les puissances voisines jusqu*à ce que la Itelgique, le pays de Liège, les rives intérieures du Rhin jusqu'à la Hollande exclusivement, les Alpes extérieures, la Catalogne et la Biscaye n'ayent planté avec des racines Tarbre de la liberté. » (Le'®, 1, p. 14.)
Siège de Lille.
(Pape 28.)
Voici quelques pièces qui se rapportent à cet événement.
25 septembre. Moreton au ministre de la Guerre. 11 apprend que Tennemi se porte sur Lille.
27. Les commissaires du pouvoir exécutif, délégués dans le Nord, au ministre de la Guerre. Us rendent témoignage au courage de.s habitants de Lille et de la garnison.
29. Sommation du duc de Saxe-Teschen et réponse du commandant de place, général Ruault, et de la municipalité.
Même date. La Bourdonnaye, général en chef de Tarniée du Nord, au ministre. Il lui envoie la lettre du commandant de place, rendant compte des événements depuis le 20. Le même commandant lui écrit le 28 que la tranchée a été ouverte derrière les faubourgs de Fives et de Saint-Maurice. L'ennemi a 18 000 hommes et bombarde la ville. Le général en chef fait passer, le lendemain, 1400 hommes d'Arras à Lille et y envoie le général Lamarlière.
30. Ruault à La Bourdonnaye. L'église Saint-Étienne et le quartier voisin sont en feu. Si l'on veut prévenir une destruction totale, il faut envoyer des secours.
3 octobi-e. Ruault au ministre. La défense se soutient; il attend des forces de La Bourdonnaye.
4. Les représentants Duhem, E.-J.-M. d'Aoust, J.-F.-B. Delmas, de Bellegarde, Duqucsnoy et Gaston Doulcet écrivent de Douai que le -siège de Lille continue.
5. Us annoncent que La Bourdonnaye a fait entrer des secours dans Lille.
6. Les mêmes, de Lille. Le feu a cessé depuis environ deux heures On dit que Tennemi a levé le siège.
7. Les mêmes. Ils ont parcouru les ruines du quartier Saint-Sauveur. I^es Autrichiens se retirent.
7. Lettre écrite au citoyen Briez par les commissaires de la Convention nationale envoyés dans le département et à l'armée du Nord (imprimée, en placard) :
« 11 est impossible de se faire une idée de la barbarie de ces monstres. La ville de Lille auroit été réduite en cendres, elle ne seroit plus
qu'un amas de ruines, sans le courage et le patriotisme des habitants. Nous ne pouvons pas vous dire en ce moment à quelle époque nous irons à Yalenciennes ; mais nous pouvons vous donner la certitude, d'après nos pouvoirs, que nous ne quitterons cette frontière qu'après en avoir chasse tous les brigands qui Font pillée, qu'a|très avoir donné des consolations et fait obtenir des secours aux citoyens que la patrie doit indemniser... Nous voulons aussi porter la guerre sur le sol de la tyrannie et nous espérons, en bien peu de temps, soustraire le Brabant au joug de la maison d'Autriche. »
Ils le pressent de venir les rejoindre à Lille « pour conférer ensemble sur ces grands intérêts, ainsi que sur Texécution de notre arrêté du 15 septembre dernier [relatif à la défense du territoire]. Nous avons un logement à vous donner. Procurez-nous bientôt le plaisir d'embrasser un aussi digne collègue.
« Nous sommes logés rue Royale chez un émigré nommé Saint-Aldegonde. » — Dbbellegardb, J.-F.-B. Delmas, Duueii, ë.-J.-M. d'Aoust, DuQUESNOY, Gustave Doulcet. Pour copie conforme à Toriginal : Briez.