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Lettre, à Biron pour qu'il l'appuie

23. Custine au Président du conseil exécutif. « Les troupes françaises sont entrées dans Francfort-sur-le Mein. »

Même date. Proclamation aux habitants de Mayence. 11 les invite à exprimer leur vœu et jure de défendre leur ville. (Armi»e des Vosges, aux dates.)

Différend de Custine et de Kellermann.

(Pajçe 33.)

Les relations d'où doit naître le différend commencent au lendemain de l'occupation de Mayence et de Francfort (24 octobre, Custine à Ketlermann; 25 octobre, Kellermann à Custine), et le débat va s'engager par suite des lettres de Custine à la Convention et au ministre (26 octobre), à la Convention et à Kellermann (27 octobre), pour qu'il coopère à son action, que le général entre dans la vallée de la MoseDe et s'empare de Coblentz.

C'est de Francfort qu'il écrit au ministre le 29 octobre et le 30 à Biron pour se plaindre de l'inaction de Kellermann dont on a vu les causes.

Le 30, Kellermann les exposait encore au ministre qui, à la mémo date, le pressait de seconder Custine en entrant dans la vallée de la Moselle; mais, dans une nouvelle lettre du l*"" novembre, Kellermann appuyait sur les motifs de son abstention. Après lui avoir parlé de son entrevue avec le duc de Brunswick (nous y reviendrons), il dit qu'il a devant lui 50 000 hommes, et pour les combattre, iSOOOhom-

mes fatigués et dépourvus de tout; qu'il faut laisser reposer les troupes et les habiller pour les mettre en campagne au mois de janvier. Alors il rejoindra Custine. Si Custinc ne peut défendre Mayence, qu'il Tabandonne : il la reprendra plus lard. — Cela était beaucoup moins certain.

J*ai parlé de la mission de Carnot le jeune (ci-dessus, p. 34). Il avait dû se faire une singulière idée de Tétat de cette armée au cours de son voyage. Parti de Paris le 30 au soir, il n'était arrivé à Metz que le 2 novembre et il écrivait en arrivant :

« J'ai été étonné de trouver, depuis Meaux jusqu'à Ghâlons et même jusqu'à Verdun et Metz, une grande quantité de volontaires nationaux qui retournoieut à Paris avec leurs armes et probablement avec des congés, ainsi qu'ils l'ont assuré. J'étois d'autant plus fâché de leur voir prendre cette route, que la plupart d'entre eux étoient très bien équipés, armés et habillés, et qu'ils m'ont témoigné le plus grand désir d'aller prendre des quartiers d'hiver chez nos ennemis : quelques-uns même d'entre eux se sont décidés avec joie, iiur mon invitation, à revenir à leurs corps. Des soldats de troupes de ligne que j'ai trouvés sur la route de Verdun à Metz m'ont paru partager les mêmes sentiments...

« Je ne puis cependant vous dissimuler que quelques-uns de ces braves soldats sont sans souliers, sans bas, sans chemises et presque sans culottes et sans habits, il est urgent de leur en fournir. »

Il verra Kellermann.

Le soir de ce même jour (2 novembre), il a vu Kellermann dont il a trouvé les objections très raisonnables. Il doit s'assurer si elles sont exactes ou si les vues de la Convention peuvent se réaliser. La marche en avant que propose la Convention ne peut, selon Kellermann, réussir qu'à la condition d'une extrême rapidité. Or il y entrevoit de sérieux obstacles :

M Le général Kellermann pense qu'il ne pourroit se porter en avant, sans que le prince de Hohenlohe, qui est sur Luxembourg avec 2',> 000 à 30 000 hommes, ou l'armée prussienne elle-même, qu'il croit cantonnée dans le pays de Trêves, ne passât la Moselle pour venir prendre position en avant de Trêves »> ; — d'où la nécessité de prendre position en face et par conséquent des longueurs : « Ce serait la perte totale de l'armée, déjà trop aJTaiblic par les maladies. » (Armée de la Moselle, à la date.)

Biron blâmait amicalement Custinc des accusations qu'il avait portées contre Kellermann (!«'' novembre) : « Kellermann, lui disait-il, sera soutenu par les commissaires de la Convention près son armée; il ne résultera de vos justes plaintes que le malheur d'avoir montré lie la désunion entre les généraux destinés à se concerter. » — Il aurait dû se contenter de menacer Kellermann.

Et, le 6 novembre, il disait au ministre qu'il était afQigé du procès i^urvcnu entre le général Custinc et Kellermann devant la Convention : « Cela, disait-il, fera manquer la campagne d'hiver ». (Armée de la Moselle et armée du Uhin, aux dates.)

ustine voulait faire trancher la question contre sou rival, dait que le commandement de Tarmée du Centre fût ôtc à nn et donné à WimpfTen (4 novembre). « ^expédition de ez, disait-il, ne peut avoir de succès que quand Tarmée du L entrée dans la haute Allemagne. Les Autrichiens seront alors 'évacuer la Flandre. Kellermann a fait manquer ce plan. » ne autre lettre de la même date, il annonçait au ministre ui devait donner force à ses réclamations : la marche des \ corps de troupes ennemies qui s'apprêtaient à bloquer

ayant son quartier général à Francfort, il lui parlait de

on du colonel Ilouchard jusque jhi^ de Giessen, et, le même

lisait connaître à Biron ce qu'on rapportait des mouvements

mi et ce qu'il se proposait de faire pour le combattre. (Armée

es, aux dates.)

stion fut tranchée contre Kellermann :

ovembre, « le Conseil ayant pris connaissance de plusieurs

des généraux Custine, Kellermann et Biron relativement rche le long de la Moselle... à Tappui de Custine, et de la cornée entre Kellermann et Custine, persiste; i) hommes de l'armée qui occui>e actuellement le pays entre loselle et que commande Kellermann, sous le nom d'armée î, marcheront le plus tôt possible.

)rps d'armée sera commandé par Beurnonville. » aann est invité à venir à Paris.

n donna au Conseil communication d'une lettre par laquelle nn annonçait qu'il allait se mettre en marche; mais il était . Le Conseil persévéra dans sa résolution, et, le 10, il décida néral, à son arrivée, serait entendu par le ministre de la it deux autres ministres. (Arch. nat., AF*" II, o reg. des lu Conseil exécutif, aux dates.)

nination de Beurnonville ne fut pas révoquée, mais du vainqueur de Valmy fut. pour cette fois, mis à la tête d'une lée (l'armée des Alpes).

intervalle de ces deux commandements, pendant son séjour [(^ novembre t7î)2j, il rendit compte officiellement de l'enl'il avait eue le H'.'t octobre, lui et Valence, avec les généraux irunswick, prince de llohenlohe et les ministres Keith et i, k une lieue de Longwy. Brunswick et Hohenlohe posèrent on d'un armistir^ pendant l'hiver, disant qu'on pourrait r à faire la paix. — Mais sur quelle base? 11 ne pouvait être

ni (lu roi, ni des émigrés.

)ses en restèrent là. Kellermann dit en particulier à Brunsla Prusse était trompée par r.\ulriche, qu'elle devait faire articulière; qu'avec l'Kmpereuron ne pouvait faire la paix audition de l'abandon des Pays-Bas. — Brunswick répondit jsse ne pouvait en honneur abandonner l'Empereur. (Armée elle, à la date.)

Nous n'avons pas à insister ici sur les plans parallèles de Duraourie et de Custine. Dumouriez occupait Liège, et Gustine M ayence : seule ment entre les deux il y avait Trêves et Ck)blentz. C'est le but qu* Dumouriez montrait à Custine, en le pressant de s'unir à Beurnon ville, successeur de Kellermann, pour les occuper; mais il y aval auprès de Trêves (Kellermann l'avait dit) les forces de Hohenlohe et Custine était bien empècbé, tenant Francfort et voyant l'Allemagn se remuer contre lui pour l'en chasser. Le concours de Biron ne lu suffît plus; il faut que Dumouriez s'avance lui-même par son ail droite pour lui donner la main; qu'il remonte le Rhin par Bonn jus qu'à Coblentz; que le général Valence se rapproche de la basst Moselle; que Reurnonvilie assemble son armée en avant des défilé, de Sarrebourg : Hohenlohe cerné se retirera sur Coblentz ; Custin< attaquera Rheinfeld, et Coblentz tombera. — Voilà le plan de Custine exposé dans une lettre de son (ils qui insiste sur l'importance d( Mayence, sur la nécessité d'y rester à tout prix; que c'est le seu moyen de garder la Belgique : car l'ennemi préparc une armée dt iBOOOO hommes, et, pour en paralyser les effets, il faut détruire i Trêves le corps de Hohenlohe. (Lettre sans date, vers le io novembre année des Vosges.)

Custine lui-même développe les mêmes idées auprès du ministn dans plusieurs lettres, insistant sur l'intérêt qu'elles ont au poin (le vue même de la Belgique, car c est Dumouriez qu'il faut gagner L'occupation de Trêves et de Cologne fermerait toute retraite axa troupes autrichiennes de Flandre, surtout si Dumouriez, se prolongeant par sa droite, s'emparait de tout le cours de la Meuse (19 novembre). Dans une lettre suivante, il se plaint de Dumourie: qui devrait être à Cologne, et il montre les Bavarois s'ébranlant, la Autrichiens s'avançant par la Bavière sur Augsbourg, par Nurero berg sur AschafTenbourg (2i novembre).

Custine aurait bien pu s'en prendre à lui-même, ayant jeté ses troupes, même au delà du Rhin, quand l'ennemi occupait encore sui la Moselle une si forte position; mais il demeurait attaché à se; idées sur la haute Allemagne, et dans une lettre à Beurnonville i déclarait que, nonobstant cette marche de Fennemi, il défendrai Francfort (26 novembre). (Armée des Vosges, aux dates.)

L'opinion de Jomini est que la tentative sur Trêves, bonne ave< Kellermann, s'il avait eu les moyens de l'exécuter, était devenue impossible, quand Beurnonville lui succéda, en présence des force; de l'Allemagne qui s'avançaient à la (In de novembre sur Francfort (Jomini. t. II, p. 29tet suiv.)

Bfisflion de Danton, Lacroix, etc., en Belgique.

{Page 39.)

Plusieurs rapports ont été publiés, sinon par Danton, au moins par Lacroix son, collègue, sur les missions dont ils furent chargés Tun et Tautre, à plusieurs reprises, près l'armée de Dumouriez.

Riipport des commissaires nomm<'s par la Convention nationale sur fétat de cette armée, Liège, il janvier 179:^ (Bibl. nat., Le^», 3); — Rapport des citoyens Delacroix, Gossuin, Danton, Merlin {de Douai). Treilhard, Robert, commissaires près l'armée et dans les jxiys de Relgique, de Liège, etc. (ibid,, n^ 5); — Compte rendu de J.-P. Delacroix, d'Eure-et-Loir, sur sa conduite en Belgique, prononcé le 2i pluviôse (i6id.,65) *. J'en ai reproduit les principaux traits dans le texte. Plusieurs lettres collectives ou isolées des membres de cette mission les complètent.

J'ai parlé de la lettre de Camus et de Gossuin, surpris de voir, avant d'arriver en Belgique, les routes couvertes de volontaires qui en reviennent (4 décembre 1792).

Le 8 décembre, ils écrivent de Liège : ils ont visité le camp et l'hôpital et font connaître ce qui est réclamé pour les besoins de l'armée : habillement, campement, fourrages, etc.

Le 10 décembre, Camus envoie les lettres de ses collègues par un courrier et annonce qu'il arrive lui-même; et le 12 décembre en effet, il rend compte de sa mission à la Convention. Il énonce un fait qui rachète ce qu'il a dit des volontaires revenant sans congé : « Les soldats, quoique nus, quoique manquant de tout, veulent poursuivre la campagne. »

A la même date, 12 décembre, les commissaires restés en Belgique annoncent de Liège qu'ils vont aller à Namur, à Anvers. Ils attendent la décision du conseil sur le message de Camus.

Le 13, eut lieu dans la Convention le débat dont j'ai parlé sur les fournisseurs de Dumouriez.

Le 26, Merlin ayant demandé pourquoi le Conseil a rappelé Dillon, le Conseil lui répond assez sèchement qu'il est seul responsable des nominations et des destitutions.

Au mois de janvier 1793 se rapportent plusieurs lettres relatives aux approvisionnements (5 janvier), aux légions levées en Belgique (7 janvier), à l'indiscipline de l'armée (9 janvier).

10 janvier. La Convention ayant décidé que Camus reviendrait, les commissaires demandent que Merlin (de Douai) et Johannot leur soient adjoints; dans une autre lettre, ils parlent des élections faites à Bruxelles par des assemblées illégales : les réunions ont été interdites.

1. U y a de plus, aux Arch. nat., un dossier particulièrement formé de» pièces de cette mission (AF IL 236, 3* dossier).

Ronsin, que les rcpréscntaats Doulcet, Duquesnoy et d*Aoust avaient trouvé sur la frontière du Nord, remplissant les fonctions de commissaire du pouvoir exécutif, et dont ils louaient l'activité et le civisme {\'k octobre), était devenu commissaire ordonnateur, et Dumouricz l'employait à ce titre (14 décembre).

Le ministre Pacbe attendait d'autres services de lui.

Le .*> janvier 1793, il lui écrit qu il comptait sur son patriotisme pour faire comprendre au peuple liégeois Tavantage que lui apportai le décret du i5 décembre. — Le vote de Liège pour sa réunion à la France le 28 janvier, fut de 9660 sur 9700 votants. (Armée du Nord, aux dates.)

Le 27 janvier, Camus rend compte des dispositions de la Belgi<iue qui n'étaient point partout aussi favorables. (AF"^ II, 45, Comité de défense générale, à la date.)

Les premiers revers éprouvés par les lieutenants de Dumouriez rendent la correspondance des représentants plus active. Nous avons cité plusieurs de leurs lettres. Elles sont analysées dans le registre du Coniité de salut public : 7 et 8 mars, Douai : Gossuin et Merlin; 8, Tirlemont : Camus et Treilliard; 10, Tournay : Gossuin et Merlin; 11, Louvain : Camus et Treilhard, etc. (Arch. nat., AF^ H, 44, aux dates.)

La trahison de Dumouriez, que Danton avait vu à plusieurs reprises en Belgique et qu'il n'avait pas pu retenir, ne pouvait manquer de le compromettre auprès de ses envieux. Avant et après le 31 mai, Danton eut à cœur de se prémunir du témoignage de ceux qui l'avaient vu dans ces circonstances : Lesage-Senault (Lille, 27 mai), Carnot (Bergués, 28 mai), Gossuin, Merlin (de Douai) et Robert (Paris, 12 juin), Treilhard (Lille, 19 juin). Lesage-Senault dit que Danton a été un des [>remicrs à le soupçonner et à proposer des mesures contre lui. (Arch. nat., AF II, 236, 4* dossier.) Voici la lettre de Carnot {ibid^f pièce 9) :

« Bergues, le 28 mai 1793, l'an 2* de la République.

M Je reçois à Tinstant, cher collègue, la lettre que vous m'avez écrite le 23 de ce mois sur le reproche qui vous a été fait d'avoir ménagé rinfàme Dumouriez.

« J'ignore ce que vous auriez pu faire avant notre réunion à Lille; tout ce que je puis assurer, c'est qu'à Lille vous nous proposâtes des mesures qui, je vous l'avoue, me parurent ainsi qu'à la majorité de nos collègues, plus vigoureuses que prudentes. Je suis parfaitement convaincu que si nous eussions suivi vos conseils, nous eussions tous éprouvé le sort de ceux qui ont été accompagnés par Bcurnonville, mais je vous dois la justice de dire que vous n'avez cessé de nous confirmer dans l'opinion, où nous étions généralement, que Dumouriez étoit un traître et qu'il falloit s'assurer de sa personne. Au surplus, les arrêtés que nous avons pris en commun ont été imprimés dans les journaux et doivent vous servir de justification.

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