‹ Les représentants du peuple en mission et la justice révolutionnaire dans les départements en lChapitre 214 sur 225 · IV · texte numérisé non relu

IV

une position défensive en avant des places fortes; sinon, il occupera le camp de Maulde par son avant-garde, Tournaj et le camp de Bruillc par son armée. Il couvrira Douai, Valenciennes et Gondé et jettera des forces dans Lille ; 2® on écrira pour accélérer le recrutement; 3> on adressera une proclamation à Farmée; on fera une levée des chevaux de luxe; 4*» l'armée des Ardennes retournera sur son territoire pour fermer les passages des forêts; S® chaque corps d'armée fera des trouées ; 6° Tarmée de Hollande devra tenir le port d'Anvers et se replier pour rejoindre l'armée de Dumouriez. « (i'cst alors que l'armée du Nord renforcée pourra devenir active, se porter en avant et rentrer en Belgique, s'il est possible. »

Le 29 mars, le Conseil écrit à Custine que, la Belgique étant évacuée et l'armée des Ardennes non encore rentrée, l'armée de la Moselle doit défendre le territoire. Dans ces conditions, est-il en mesure de garder la position actuelle?

Le 31, sur l'avis indirect que, dans le cours d'avril, la République doit être attaquée sur seize points différents, on écrira aux généraux <le se tenir en garde. (Arch. nat., AF* II, 2, aux dates.)

C'est alors qu'éclata la trahison de Dumouriez.

L'arrestation des commissaires fut suivie d'une proclamation du général à son armée (1®' avril). En l'annonçant, il disait à ses soldats : « Je les ai mis en lieu de sûreté pour vous servir d'otages. »

L'original de la proclamation est suivi de cette note :

Le présent m'a été donné aux bains de Saint-Amand pour Finiprimer de suite et de le faire réimprimer chez moi à Valenciennes pour les exemplaires être remis au général Ferrand.

B.-J. PRIGNET,

md imprimeur.

La proclamation fut suivie de cet ordre du général (2 avril) :

Annoncez à votre corps d'armée que nous voulons être libres, que les étrangers ne se mêleront pas de nos affaires et que nous reprenons Ja Constitution que nous avons jurée en 1789, 1790 et 1791, qui nous donnoit des lois et un roi constitutionnel. Par ce moyen nous nous tirons de l'anarchie et des crimes. Tel est le vœu de la totalité des bons citoyens. Cette mesure rendra le calme et la paix à la France, et les braves volontaires seront à même de retourner tranquillement dans leurs foyers et donner leurs soins à la culture et au commerce...

Tous les braves soldats se souviendront que Tarmée est essentiellement obéissante, etc.

L'adjoint aux adjudants généraux,

Ddfrenois.

La proclamation de Dumouriez, ainsi que son ordre à l'armée, était habile. Il annonçait qu'il prenait les armes pour rétablir la constitution de 1791 et que les étrangers resteraient en dehors de nos débats. Dans ces conditions, il pouvait entraîner et son armée et la popula-

lion. Le gouvernement était déteste des soldats, qui avaient vu les jacobins à l'œuvre en Belgique et savaient ce qu'ils en avaient souffert par contre-coup et, dans les villes, le général aurait pu trouver aussi des sympathies. A Lille, quand le bruit courut qu'il allait perdre le commandement, les bourgeois disaient tout haut que c'était les perdre eux-mêmes, qu'il ne fallait pas le souffrir. — Mais ces bourgeois n'eussent pas compris que, pour les sauver, on les Uvràt aux Autrichiens, et les soldats n'étaient pas plus disposés à les traiter en frères. Accepter le patronage de l'étranger, marcher de concert avec les troupes qu'on venait de combattre et, pour gage, leur donner nos villes frontières, c'est ce que l'armée ne pouvait faire et c'est pourquoi, au bout de quelques jours, Dumouriez fut réduit à fuir.

Avant de partir, il avait pu recevoir la lettre suivante d'un de s«'s adjudants :

« Lille, le 2 avril 1793.

« Mon général,

w Dans l'auberge où je suis logé, deux hussards sont venus hier boire. Ne connoissant point le député Lacroix qui étoit dans l'endroit où ils buvoient, ils dirent : « Le fameux décret du 15 nous perd. La Conven- « tioii a eu tort, etc. » Le député Lacroix qui sortoit a rentré et leur a dit : « Il vous convient bien de trouver à redire à ce que fait la Convention. » 11 est [les] (U sortir sur-le-champ. Je ne sai^ pas si il ne les a pas fait mettre en prison, mais sur le soir quatre autres sont revenu et ont fait du bruit et des murmures contre le député Lacroix et ne se sont retirer que vers les minuit.

« Le bruit court ici que vous quitta le commandement de l'armée. Dans les cafés où j'ai été tou^ les bourgeois disent : « Si le général «< Dumouriez quittent, nous sommes perdus, il ne faut pas souffrir cela. « C'est un brave homme, il n'y a que lui qui peut nous sauver. » D'autres dont le nombre est bien petit, ont fait voir un journal où le général Miranda, à la barre, dit que c'est vous qui avoi^ commandé l'armée ot qui n'y avoit rien de leur faute. Les bourgeois se sont échauffés. Les premiers ont pris le journal et l'ont déchiré en disant : « Le général «< Dumouriez nous sauvera encore une fois. »

M Je vais aller voir les députés et vous ferai part de la conversation que j'aurai eue avec eux.

i< Je vous prie, mou général, de vouloir bien ne pas m'épargner, je «suivrai vos ordres et vous, mon général, partout où j'aurai l'honneur de vous accompagner.

« L'adjudant Beaufort. »

(Armée du Nord, aux dates.)

Les représentants de l'armée du Nord en avril 1793.

(Page 77.)

Pour ne pas trop charger notre texte nous signalerons dans cet appendice plusieurs autres actes des représentants en mission près^ Tarmre du Nord.

Observations sur l'état actuel «le Lille (7 avril 1793) :

On rend hommage au zèle de l'ordonnateur Petit-Jean; mais Lilli* n'est pas sufllsaniment approvisionnée.

« 11 existe à Lille un comité de sûreté générale, formé de militaires et d'administrateurs. 11 est présidé parle général Favart, actuellement commandant à Lille et qui a succédé au général Duval. » Favart était ci-devant commandant à Metz; il est vieux, insuffisant. Les Lillois paraissent bien disposés à se défendre en cas d'attaque, mais il y a des inquiétudes suggérées par des malveillants :

u Dans plusieurs groupes, composés surtout de femmes, on disoit hautement qu'il falloit un roi. Plusieurs d'entre elles se jetèrent sur un des volontaires qui les contrarioit et l'accablèrent de coups. On déchira plusieurs exemplaires d'une proclamation que le comité d>' sûreté générale avoit fait afficher pour rallier les citoyens aux vrais principes.

« La Valette est commandant temporaire de Lille. C'est lui qui a fait h peu près tout, et je n'ai entendu dire que du bien de lui. » (Lettre de Gabriel Vanker.)

Valenciennes, 7 avril. Lequinio, De Bellegarde, Ch. Cochon à la Convention . Ils parlent de l'état de l'armée ; le trésor est rentré à Valenciennes. Bouchot te (qui commandait alors à Cambrai) est venu conférer avec eux.

Même date. Le ministre des Affaires étrangères envoie au ministre de la Guerre une lettre de deux adjoints aux commissaires nationaux. On voulait imputer la perte des approvisionnements de Namur au commissaire de guerre Barneville. 11 y a un mémoire de Bameville qui repousse ces imputations.

Douai, 8 avril. Carnot et I^sage-Senault : « La rentrée de nos troupes dans les places de guerre est totalement effectuée et avec un succès qui tient du prodige. »

Le général Dampierre réorganise l'armée, l'artillerie est restée intacte ; les vivres sont en abondance dans l'armée, mais on manque trefTets de campement :

« Notre situation considérée comme défensive est brillante; il est impossible que l'ennemi fasse rien de considérable. Puissent les cœurs être dans toute l'étendue de la République réunis, comme ils le sont ici autour de nous, pour exterminer les traîtres et les amis des rois.

« Nous avons lieu de nous plaindre beaucoup des commissaires du

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Conseil exécutif pour le recrutement; nous pouvons dire qu'ils n*ont été que nuisibles. Sans eux, Topération se seroit faite par les administrations elles-mêmes et seroit achevée actuellement.

« Nous avons fait arrêter beaucoup de prévenus désignés par vos décrets et par des alentours suspects. Wcstermann est du nombre. Nous venons de l'interroger et d'examiner ses papiers. Loin de nous paroître coupable, nous avons trouvé que sa conduite méritoit des éloges. » Cependant un procès-verbal a été dressé et sera envoyé avec les pièces dont il était porteur; — il restera gardé à vue : il a ramené d'Anvers 60 pièces de canon *.

Valenciennes, 8 avril. Ferrand fait connaître la démarche du général Lécuyer et la conversation qu'il a eue avec lui.

Même date. Lequinio et De Bellegarde annoncent Tarrestation de Lécuyer.

9 avril. Proclamation des représentants délégués aux frontières du Nord (Lequinio, Bellegarde et Ch. Cochon) pour faire connaître aux militaires français le but que se proposait Dumouriez (affiche). — Prignet certifie que, le 31 mars, il a été requis par Dumouriez de venir s'établir avec une presse aux bains de Saint-Amand.

Valenciennes, même date. Dubois-Dubais et Briez à la Convention. Avantages qu'ils auroient pu retirer de la présence à Valenciennes de leurs collègues qui se disposent à rentrer dans la Convention.

Valenciennes, 10 avril. Dubois-Dubais et Briez. Condé est menacé. Le général autrichien a envoyé un parlementaire disant que « l'Empereur est disposé à bien traiter ceux qui voudroient reconnoître l'ancienne constitution ». — Digne réponse de Chancel.

Bellegarde, Lequinio et Cochon viennent de retournera la Convention. — Ils sont, eux, vu l'approche de l'ennemi, obligés de rester, sans désemparer, à Valenciennes.

Que la Convention envoie des représentants h Maubeuge pour achever de la déroyaliser. Ils indiquent le partage que l'on pourrait faire des villes confiées à leur garde.

Même date. Dubois-Dubais et Briez à Chancel. Ils le complimentent de ses bonnes dispositions.

{{ avril. Cobourg aux commissaires de la Convention. 11 défend Dumouriez :

Loin d'avoir voulu livrer la France, il avait mis pour condition, dans son traité, l'intégrité de son territoire et que les étrangers ne se mêleraient pas de son gouvernement.

1. Ordre aux conseils généraux des départements, notamment du Pas-de-Calais et du Nord, de rédiger chaque jour le bulletin de leur situation militaire et d'en envoyer copie : 1® au Comité de salut public ; 20 aux représentants députés à Péronne, Lille, Douai, Valenciennes et aux conseils généraux des quatre départements avoisinanl la frontière.

Camot, Duquesnoy.

(Autographe de Carnet.) — Pas de date, reçu à Douai, 9 avril. (Arch. nat., AF II, 232, à la date.)

Nouvelle proclamation de Dumouricz (Mons, sans dale).

Bouchain, 11 avril. Lequinio, De Bellegarde el Cochon. La sécurité est rétablie à Valenciennes. Retour des hussards de Berchigny qui avaient suivi Dumouricz.

Lille, 1 1 avril. Gasparin et Duhem : « Nos opérations se multiplient. Deux d'entre nous seront obligés d'être continuellement en campagne pour visiter les différents camps et cantonnements. Nous vous proposons de nous adjoindre notre collègue Lesage-Senault, qui a si bien secondé Carnot avant notre arrivée et qui nous aide encore puissamment.

« Dampierre nous envoie Lamarlière pour commander le camp sous Lille, qui se grossit tous les jours. »

Lille, il avril. Desforges-Beaumé, commissaire du Pouvoir exécutif. « 11 y a ici un commandant de division nul (Favart), il parolt que Ton demanderoit Lamarlière. Le public bien pensant croit que ce seroit un bon choix. Il délivreroit par son activité cette place d'une foule d'officiers de volontaires mettant le désordre aux spectacles et dan? les auberges. » (Armée du Nord, aux dates.)

Valenciennes, 43 avril. Dubois-Dubais et Briez. Ils annoncent un engagement brillant soutenu près de Valenciennes. (Arch. nal., AF il. â32, à la date.)

44 avril, («asparin et Duhem : « Les officiers des troupes de ligne sont pour la plupart peu disposés pour nous; ils inspirent aux soldats

de l'éloigncment et du mépris pour Thabit national :

« Nous trouvons très raisonnable la demande du département du Nord à la Convention pour que, conformément à la loi sur l'organisation de l'armée, les officiers d'infanterie de ligne soient tenus de s'en revêtir le plus lot possible. »

Valenciennes. Dubois-Dubais el Briez. L'armée est campée prés de Denain et à Famars.

Cambrai, 45 avril. La Valette s'excuse d'accepter de Favart et de Lamarlière la place de commandant temporaire à Lille :

« La liste des commissaires qui me sont adjoints prouve que l'on attend que non seulement nous fournissions des recrues aux armées, mais même que nous prêchions l'évangile de la République. »

11 est prêt à obéir: mais que l'on consulte le Comité de salut public.

Lille, 18 avril. Duhem et Gasparin. Avis de la rentrée à Lille des garnisons de Breda et de Gertruydonbourg; éloge de Tilly, commandant de Gertruydenbourg, qui les a ramenées. (AF IL 232, à la date.)

Lille, 21 avril. Fausse attaque de Saint-Amand où l'ennemi a perdu du monde. Dampierre, général en chef, est rentré à Douai. (Ibid.)

Valenciennes, 22 avril. Dubois-Dubais et Duhem. Nouvel avantage sur l'ennemi. (Ibid.)

Lille. 2;> avril. Carnot, Duhem, Delbrel, Lesage-Senault, Roux* Fazillac, Gasparin, Dubois-Dubais, Lequinio, Courtois. Arrêté sur le? fourrages.

Lille, 20 avril. « Nous partons à l'instant pour Dunkerque qui vient d'être sommée de se rendre; elle n'en fera rien. >^

Les représentants députés par la Convention nationale aux armées du Nord et des Ardennes,

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