Armée du Nord, aux dates
en. XXVII. — 22 SEPTEMBRE 92-1" AVRIL 93 29
7 novembre, Mons; le 8, Tournai; presque en même temps Courtraî, Menin; le 12, Gand et Cliarleroi, et le 14, Dumouriez était reçu à Bruxelles. Dans la lettre laconique qui faisait part de cet événement considérable à la Convention, il lui disait :
I/armée de la République est plus animée que jamais. On peut lui donner pour épigraphe : Vires acquirit eundo *.
Ostende, Malines, Anvers (moins la citadelle), acclamaient bientôt notre drapeau (16, 17, 19 novembre). Le 29, la citadelle d'Anvers capitulait. La veille, Dumouriez avait fait son entrée dans Liège.
Ces succès rapides furent vivement applaudis par les représentants en mission; ils avaient causé quelque jalousie parmi les généraux. La Bourdonnaye, qui avait le titre de général en chef de l'armée du Nord, ne se voyait pas, sans dépit, effacé par Dumouriez à qui il était subordonné par un arrêté du 29 octobre. Il avait fait une proclamation aux Belges (10 novembre), que Dumouriez avait dénoncée comme injuste, impolilique et contraire à ses propres instructions; bien plus, il s'était emparé des contributions publiques, — au profit de la France, mais au risque de jeter la méfiance dans le pays. Dumouriez Ten avertit luimême (18 novembre), et le 23, écrivant au Ministre, il lui dit que La Bourdonnaye paralysait toutes les opérations, qu'il fallait le suspendre; si dans quatre jours il n'était pas rappelé, le général annonçait la résolution de se démettre lui-même du commandement, dès qu'il aurait conduit Tarmée à Liège et chassé les Autrichiens de la Belgique. Le 24, La Bourdonnaye voulut prévenir les effets de cette menace *
1. Séance du jeudi 13 novembre. Moniteur du 16, t. XIV, p. 416. — Dans sa lettre au Ministre, même date, il le prie à son tour de recommander à la Convention les citoyennes Fernig, ces deux jeunes filles de Mortagne qui, enrôlées dans Tarmée, se distinguaient dans toutes les avant-gardes. (/6i</., 502, et Dépôt de la Guerre, Nord et Ardennes, aux dates.)
2. La décision du Conseil exécutif le devança : elle est du 21 novembre. Le 22, le Ministre annonçait à Dumouriez que La Bourdonnaye allait se renfermer dans le commandement du département du Nord, et, le 27, il
en demandant un congé pour raison de santé; mais en même temps il écrivait au Ministre :
Je crois, citoyen, quil seroit utile au service de la République d'envoyer dans la Belgique quatre ou six commissaires de la Convention nationale. Sans entraver les opérations militaires, ils surveilleront la conduite des généraux et ils seront fort utiles au pouvoir exécutif qui, au moins, pour Tarmée de la Belgique, ne sera bientôt qu'un pouvoir subordonné aux généraux *.
C'est le trait du Parthe qu'il lançait à Dumouriez en s'en allant.
Les commissaires de la Convention ne manquaient pas. Ils se trouvaient sans doute fort effacés par le général, à la suite de cette brillante conquête, mais ils avaient pourtant leur rôle auprès de lui. J'ai indiqué leur intervention avant, pendant et après le siège de Lille. Ils n'avaient pas négligé les autres places de la frontière. On les y voit, se partageant pour visiter les villes, faire l'inspection des arsenaux, préparer la défense et fournir au général les moyens d'aller en avant *. Plusieurs l'avaient accompagné en Belgique. Des commissaires du Conseil exécutif s'étaient de même disséminés dans le pays à la suite de l'armée \ Des com-
invitait le général à obéir, sans plus tarder, aux ordres du Conseil exécutif en quittant la Belgique. — La Bourdonnaye exprimait pourtant un sentiment fort juste quand il écrivait un peu après au Ministre (14 décembre) : n l\ est à craindre qu'il n'arrive à ce beau pays, ce que Condorcet a dit sur l'Espagne : « c'est qu'une révolution qui irait au delà des idées du « peuple serait exposée à prendre bientôt après une marche rétrograde. « (Armée du Nord, aux dates.)