‹ Les représentants du peuple en mission et la justice révolutionnaire dans les départements en lChapitre 221 sur 225 · Moniteur du 22 nivôse (11 janvier · texte numérisé non relu

Moniteur du 22 nivôse (11 janvier

Les représentants Ruamps, Borie, Milhaud, Ouyardin,

Mallarmé, Niou.

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r.cs représentants, envoyés près Tarmée du Rhin par un décret du '21 juillet 1793, ont publié sur leurs travaux, du 27 juillet au \*J novembre (29 brumaire an II), un rapport (Bibl. nat., Le'*43), accompagné de nombreuses pièces justificatives (n* 44). Nous y avons renvoyé plus d'une fois en parlant de leurs actes à Tarmée. Nous avons à y revenir ici : car leur mission avait également pour objet de <t ranimer l'esprit public à Strasbourg >». Malheureusement ils ne surent que trop souvent insulter à l'esprit patriotique de celle population qui, attachée à la France quand même, était, en majorité, animée de Fesprit de Dietrich et de Rouget de Lisle et répugnait à la domination des jacobins. Nous avons cité les lettres particulières de Lacoste, qui est associé aux actes de Ruamps et de ses collègues par celte note : « Lacoste a concouru aux travaux dont on rend compte. Tne nouvelle mission l'a retenu aux armées de la Moselle et du Rhin. »

Dans les pièces jointes au rapport, au nombre de deux cent soixante-dix-huil, on trouve un peu péle-méle, sans ordre ni de matières, ni de dates, avec leurs mesures d'ordre militaire (arrêtés sur les subsistances, les vêtements, les chaussures et approvisionnements de toute sorte dont les soldats avaient besoin; destitutions et nominations d'officiers) les actes de leur administration civile : destitution d'administrateurs, arrestation de suspects, brùlement de litres féodaux, spoliation des églises, abolition des signes extérieurs du culte, excitation au mariage des prêtres. Milhaud et Guyardin tiennent dignement leur place dans cette persécution dont on a pu voir le tableau ci-dessus (t. I, p. 26 et suiv.), parleur arrêté du 27 brumaire an II (17 novembre 4793). Ils ne traitaient pas moins rudement les actes de résistance que provoquait leur despotisme. Au mois d'août précédent, un mouvement de ce genre s'élant produit à Barr, Ruamps et Milhaud prirent cet arrêté (Lauterbourg, 24 août) :

« Les représentants, instruits de la rébellion armée qui a nécessité l'envoi de la force publique dans le district de Barr, requièrent les autorités civiles et militaires de Barr de traiter les rebelles de Barr comme les contre-révolutionnaires de la Vendée; et, voulant entièrement étoutTer le germe d'un incendie qui pourroit s'accroître et d^^venir funeste à la patrie, requièrent, conformément à la loi lancée contre les brigands de la Vendée, que les maisons des rebelles soient rasées, et que les forêts où ils se seroient retranchés soient incendiées, el qu'ils soient tous passé au iil de Fépée; et si quelques coupables de cette haute trahison nationale avoient déjà été traduits dans les prisons, les représentants du peuple ordonnent que ces contre-révo-

lutionnaires, mis hors la loi, soient punis de mort dans les vingtquatre heures. » (Affiche dans les deux langues.) La ville de Barr avait pourtant un club et des « demoiselles » qui, en adressant à ce club leurs félicitations (10 juillet), terminaient ainsi leur lettre : •< Nous sommes de véritables sans-culottes, vous ôtes des François^ et par conséquent toujours galants ^ »

Ce n'était point seulement la révolte à main armée, c'étaient les^ « discours inciviques », les « signes extérieurs de contre-révolution '» que Milhaud et (iuyardin frappaient de la peine capitale. Quiconque s'en rendait coupable devait être, aux ternies de leur proclamation, :*aisi par la force publique ou Tarmée révolutionnaire, traduit au tribunal extraordinaire et puni de mort dans les vingt-quatre heures (!'' de la 2*^ décade du T mois de Tan II, ou l'*"* novembre 1793. Bibl. nat., Le»» 44, p. 2t9-2:>l.)

Le même recueil de pièces contient les interrogatoires de jeune.< gens, de jeunes filles de Saveme, accusés de propos inciviques, ou de relations avec des frères émigrés (pièces 2i(i, 248, 2o0).

La justice révolutionnaire dans le Bas-RMn.

(Pasro 3iS.)

Le tribunal criminel du Bas-Hhin }»rononça vingt-deux condamnations à mort, du 30 août 1793 au 7 février 1794 (19 pluviôse an II ,. sans préjudice du tribunal révolutionnaire dont Taffin fut le président et E. Schneider le commissaire civil ou accusateur public, qui, du 2 brumaire au 23 frimaire (23 octobre- 13 décembre), en prononça trente-trois *.

Le tribunal criminel, qui fut ambulant el s'avança au sudjuscfu'a Schelestadt, ne fut pas cruel dans les commencements. Les juges n'étaient pas encore « mis au pas ». Le bruit courut même qu'un prêtre réfractaire avait été arrêté dans la maison d'un des juges'; et tout en mettant beaucoup d'apparat dans ses sentences, il ne condamna pas toujours à mort : témoin ce vigneron de Reichsfelden, nommé Mai'rer, accusé d'avoir proféré « des imprécations contre les prêtres soumis à la loi. disant : « qu'il désiroit que la foudre les écrasât ; qu'ils « étoient tous des hérétiques qui avoient trahi leur religion ; qu'il fau- « droit les attacher à des arbres et leur arracher le cœur », el autres invectives qui dénotent un de ces aristocrates fanatiques dont il esl instant de réprimer les excès et les outrages journaliers à la loi *. >»

1. Rapport, n" 114, pièce iX\. et l)êp(M de la guerre, armée du Rtiiii. à la dali*.

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