Berrial Saint-Prix, Cabinet historique^ t. XI, p. 28s
3. Heilz, Sot'îe^tf^x fjolitfffues de Strasbourg, p. 271. \. Livre bïpu. \. IL ir 25, p. i04.
En raison de ces faits, le 3 mai 1793 : « Le tribunal criminel du Bas-Bhin a déclaré et déclare ledit Martin Maurer, accusé préseul, convaincu d'être un aristocrate fanatique et comme tel le déclare être hors la loi, conformément au décret du 27 mars dernier, et coqséquemment privé du bénéfice des jurés et autres formes introduites par la loi en faveur des autres accusés; pour réparation dudit délit, le tribunal a condamné ledit Maurer a être conduit incessamment sous bonne et sûre garde, audit lieu de Reichsfelden, pour là, à genoux et découvert sous Tarbre de la liberté et en présence de la municipalité et de la commune assemblées, déclarer à haute voix que c*est méchamment qu'il a proféré les atroces imprécations susdites, qu'il s*cn repent et en demande pardon à la République, à la muuicipalité, aux citoyens et prêtres soumis à la loi et Ûdèlcs à TÉtat. »
Après quoi il fut transféré à Schelestadt, « exposé pendant les deux premiers marchés, de onze heures à midi avec cette inscription en gros caractères français et allemands : Aristocrate fanatique mûi hors la loi et comme tel corulamné jxir le tribunal à faire amende honorable sous l'arbre de la liberté pour avoir proféré des invectives atroces contre les patriotes, les municipaux et les prêtres soumU à la loi du serment.
Puis « ramené à Strasbourg pour y être détenu jusqu'au 10 août prochain, anniversaire de Theureuse Révolution qui a procuré à la France le gouvernement républicain ». (Bibliothèque nationale, Ll)^*
Le ^1 juin 1793, Michel Bafrey, accusé d'avoir crié : Vice le roi! au diable les patriotes! (au dernier recrutement) fut condamné à mort, — mais il était fugitif. (Ârch. nat., BR% carton 12.)
On a vu ci-dessus plusieurs des condamnations mitigées du tribunal d'ËuIoge Schneider. En voici quelques autres.
27 brumaire (17 novembre). Antoine Staiiann (d'Enolzheim) : a favorisé les prêtres insermentés en leur permettant de dire la messe : — déportation et confiscation.
André Heitz, même délit : a corrompu Tesprit de sa commune : — même {)eine.
J.-J. Kraut : a recelé les effets d'un prêtre étranger : — même peine.
Nicolas Krugel, jardinier du ci-devant baron de Beaumanoir : a donné asile aux prêtres, etc. : — même peine. Trois autres coupables des mêmes délits : — détention jusqu'à la paix avec amende.
l*^"* frimaire (21 novembre). André Bing, gendarme, concussionnaire : — 6 ans de fers.
Jacques- Frédéric OEsinger, administrateur des biens de la princesse de Linange : pour avoir correspondu avec elle : — 33 000 livres d'amende.
2 frimaire (28 novembre). Michel Schall et six autres; Anne Meyer et quatre autres, aristocrates et fanatiques : — les hommes attachés ù un poteau pendant deux heures, à Wasselonne, avec un écriteau portant leur qualification ; les femmes, promenées avec un écriteau sur la poitrine : fanatiques enrayées; — sans préjudice des amendes.
Tonons-nous-en à ces exemples, en renvoyant pour le reste à la Copit'
ex(tctc du sùi-dmnt protocole du tribunal révolutionnaire établi à Strasboury. ( Livre bleu, t. I.)
Le tribunal révolutionaaire de Schneider ayant été supprimé (8 ventôse M Avec renvoi de ses justiciables au tribunal révolutionnaire de Paris, le tribunal criminel du Bas-Rhin fit néanmoins encore quelques victimes : mais c'était un prêtre réfractaire et deux pauvres femmes qui lui avaient donné asile : 14 prairial (2 juin 1794), Henri-Pie- Joseph WoLBERT, prêtre insermenté, ancien vicaire de la paroisse de Saint-Laurent à Strasbourg, arrêté dans cette ville sous un déguisement de femme, et deux blanchisseuses, Marie Nicaise et Catherine Martz, coupables de l'avoir recelé *. La condamnation du prêtre était immanquable : car il n'y avait guère d'exemple qu^on épargnât un prêtre sujet à la déportation, arrêté en rupture de ban; le receleur était regardé comme complice, et la loi lui appliquait la même peine, mais les tribunaux, dans ce cas, avaient plus d*une fois usé d'indulgence. Telle ne fut pas la décision du tribunal criminel du Bas-Rhin.
Euloge Schneider.
(Page 353.)
Les ^otes sur Euloye Schneider de M. Heitz fournissent encore plus d'un trait curieux sur le Fouquier-Tinville de l'Alsace.
Citons d'abord cet échange de lettres entre un détenu et lui.
« Citoyen,
<( Que le maire provisoire Monet ne croie pas en Dieu, ce sont ses adaires; qu'enfermé au séminaire, je sois en hutte au méjwis de cet KspRiT-FORT, ce sont les miennes, — je me fais gloire de son mâprispoBLic ; — mais qu'un athée savoyard ait osé, au nom des Français, exécrer dans sa rage les ministres de tous les cultes, ce sont là les vôtres, citoyen. C'est à vous qu'il appartient, par droit de charge, de provoquer la punition du téméraire exécrateur.
t( Je vous dénonce son blasphème...
« Strasbourg, le 30 juin 1793, an il de la République.