Armée des Vosges, à la date
2. Pache au citoyen Carnot le jeune, 30 octobre 1792. — Il le charge de prendre des renseignements sur le patriotisme et la capacité militaire des généraux de l'armée du Rhin et de veiller à ce que chacun soit mis à la place qui lui convient; d'engager le général Biron à ne point conserver dans son corps d'armée des officiers dont le patriotisme serait douteux. (Armée de la Moselle, à la date.)
3. Armée du Rhin, 2 novembre 1792. — Le 16 novembre, Biron écrit à Custine que la division des gendarmes, annoncée par Kellermann, qui devait être de 1000 chevaux, est réduite h 500 parla désertion. Les chevaux sont presque tous blessés. Celte division est totalement insubordonnée. l\ propose à Custine de la lui envoyer pour la discipliner (armée du Rhin,
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Ni Pache ni son délégué n'avaient une autorité suffisante pour décider sur de tels plans entre des généraux comme Dumouriez et Custine. La Convention (le Comité de défense générale n'étant pas encore formé) aurait seule pu le faire, éclairée par des représentants qui fussent à la hauteur (l'une pareille mission. A défaut de ces représentants qui ne se montrent pas, on trouve pourtant un homme, engagé dans la question par sa position de général, mais élevé par son caractère au-dessus de toute considération d'amourpropre ou d'intérêt particulier : c'est Biron. Seul il avait gardé son calme en présence de ces plans chimériques. On a vu avec quelle désinvolture le ministre Pache l'avait, sans le prévenir, mis sous les ordres de son subordonné. Il ne se plaignait que du procédé et de la confusion que cela pouvait mettre dans son armée *. Des troupes recevaient
à la date). Le 18, il écril au ministre de la Guerre qu'il va faire une tournée pour engager les volontaires à rester, disant toutefois que ceux qui veulent s*en aller sont plus à charge qu'utiles. (Ibid.) — Le mal persista. Couturier, Ruhl et Dentzel envoyés dans la Meurthc, la Moselle et le Bas-Rhin, parlent aussi des volontaires de l'armée de Beurnonville qu'ils ont rencontrés revenant (2 et 9 janvier 1793). Un peu plus tard, Reubell écrit de Mayence (4 février 1793) : « Les gendarmes nationaux désertent à force dans l'armée de Custine; vous reconnoîlrez dans les pièces jointes qu'ils ont l'intention de faire de même dans le Haut-Rhin et que, pour colorer leur lâcheté, ils tiennent des propos séditieux et font tous leurs efforts pour séduire les volontaires nationaux et les entraîner dans leur projet de désertion... Ce corps ruine la République et donne dans les armées le plus mauvais exemple par son indiscipline. » Il est d'avis, avec ses collègues, de leur donner des congés et de garder leurs chevaux en les payant. Le 7 février, Custine parle plus rudement encore au ministre, du régiment des hussards de la liberté : la plupart des chevaux sont de mauvaise espèce, sans seUaa^ sans brides et beaucoup mémt sans licol. Il faut rincorfwrer dana im régiment de hussards : « Si vous ne prenez, sans balancer et de suite ua p%rU» citoyen Ministre, pour fain* prononcer la Convention aaiionale sur fermée, celle de la République ressemblera bientôt, pour sa constitution, à une armée turque; elle en aura tous les inconvénients. (Armée des Vosges, aux dates; cf. Armée d>i Rhin, 19 et 29 janvier.)
i. « Je ne me plains pas que l'on ait voulu faire passer le commandement de l'armée du Rhin à un général qui m'était subordonné (Custine)... Mais il étoit indispensable, citoyen Ministre, de me communiquer la disposition qui, commençant par rendre le général Custine indépendant de moi, fînissoit par me mettre sous ses ordres. » (Biron au ministre des Affaires étrangères. Armée du Rhin, 23 novembre 1792.) Vers le même temps, Custine demandait la place de chef d'état^major de son armée pour
des ordres de rejoindre, sans qu'il le sût autrement que par leur départ *. Il n'en voulait pas à Custine, il était loin d) souhaiter que sa témérité fut punie; il combattait au contraire la sécurité que Ton pouvait avoir à Paris à son égard, et montrait combien il était nécessaire de le soutenir '. Mais il ne se laissait pas éblouir par le succès. Tandis que Dumouriez et Custine, au lieu de se rapprocher, de se sentir les coudes, ne songeaient qu'à de nouvelles entreprises, l'un vers les Pays-Bas, l'autre vers la haute Allemagne, il reprenait un projet que Kellermann avait entamé dans une entrevue avec le duc de Brunswick et il exposait au ministre de la Guerre les avantages prodigieux que pourrait avoir une utile négociation. Il s'en explique plus au long avec le ministre des Affaires étrangères qu'il avait pris pour confident de ses légitimes griefs contre Pache. Il lui expose (25 novembre) les raisons de ses inquiétudes. Il ne faut pas se méprendre sur nos succès. Ils sont dus, sans doute, avant tout à la valeur de nos soldats, mais aussi à l'illusion de nos ennemis qui croyaient être reçus à bras ouverts. Ils savent maintenant à quoi s'en tenir. Il faut avoir des troupes refaites et bien équipées pour le printemps et assurer le service des subsistances. Biron ne s'en tient pas aux choses militaires, il touche à des actes politiques dont il loue la générosité, mais signale l'imprudence :
...le décret (dans mon opinion un peu prématuré), qui annonce et promet secours à tous les peuples qui voudront secouer le joug des tyrans. Cette belle démarche, digne d'une
le maréchal de camp Alexanére Bèrlhier. La note du ministre est : a Imposf^ible. Répondre de manière que cette demande ne reparoisse plus. » Dans une lettre du lendemain, sans connaître encore celte réponse, Biron se plaint qu'on lui refuse ce général qui n'a été que soupçonné à cause de son attachement au ci-devant roi. Et il en fait un éloge motivé. (Armée des Vosges, 13 et 14 novembre 1792.) l.Carnot le Jeune au ministre Pache. (Armée du Rhin, 21 novembre 1792.) 2. Armée du Rhin, 7 et 15 novembre 1792. — 11 écrit le 22 novembre que la désunion de Beurnonvillc et de Custine Tinquiétait, ajoutant : « 11 ne faut pas se dissimuler qu'il en sera toujours ainsi avec Custine m; et le 23, qu'il fallait prendre en grande considération les observations de Beurnonvillc sur le plan de l'autre général. (//ytcf.,aux dates.)
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nation libre, a cependant un peu trop l'inconvénient de ne plus permettre aucune neutralité avec nous.
Nous aurions eu plus longtemps besoin de la neutralité de plusieurs princes d'Allemagne, surtout de celle de l'électeur Palatin qui peut joindre aux armées autrichienne et prussienne 30 000 hommes et d'immenses ressources en tout genre et rendre en un instant la position du général Custine au moins très hasardée.
L'Électeur tenait Manheim, un des ponts du Rhin.
Quoique je sois déchargé de toute responsabilité personnelle et que je n'aie plus qu'à suivre, sous les ordres du général Cusline, les instructions positives du ministre de la Guerre, je crois cependant qu'il est du devoir d'un bon citoyen de confier particulièrement et sans aucune forme officielle à un autre bon citoyen influent et éclairé les désavantages incalculables d'une expédition inutile et dangereuse, entreprise et soutenue avec des moyens insuffisants...
La copie ci-jointe de la lettre du ministre de la Guerre, et mes observations à mi-marge ne vous laisseront, j*espère, aucun doute sur la déraison d'une telle entreprise, car il m'est impossible de m'exprimer autrement *.
Il annonce qu'il va le surlendemain à Mayence pour se concerter avec le général Custine. Il invite le Ministre à entendre le citoyen Carnet (le jeune) à son retour. Carnot a été témoin d'une entrevue de Biron avec un adjudant général du duc de Wurtemberg. Il joint à sa lettre le précis de sa conduite et il dit en finissant : « Si je ne servois pas une république, je quitterois à Tinstant un service où Ton va parvenir promptement à mettre une confusion inextricable... »
Les commissaires de la Convention en Belgique.
(Novembre et décembre 1792.)
Dumouriez, insuffisamment secondé par Tadministration et pressé par les besoins de l'armée, ne trouvait auprès de