Lille, 15 octobre. Arch. nat., CH, 5! à la date
indiquait les moyens qu'il employait pour retenir les volontaires *. Le meilleur moven, c'était de les mener au combat : car ces désertions n'avaient pas pour cause la peur. Pour plusieurs, c'était l'effet du désœuvrement. Un des commissaires du Conseil exécutif, Rolland, chargé par le général, avant la bataille de Jemmapes, de lui envoyer les bataillons réunis dans l'Aisne, disait au Ministre :
Je vous préviens qu'il est d'autant plus important d'employer ces bataillons, soit dans les armées ou dans les villes de guerre frontières, que quantité de volontaires quittent leur bataillon pour se rendre chez eux, sans permission ni congé, par Tennui qu'ils ont de ne point être employés *.
Ce fut bien pis après l'occupation de la Belgique. La chose en vint au point qu'on en dut faire l'aveu dans un ordre du jour :
On prévient les volontaires que la guerre n'est pas finie, qu'ils n'ont en conséquence aucun droit de partir et que les ordres sont donnés pour arrêter aux frontières ceux qui s'en retourneraient sans un congé en forme '.
Il parait que, pour revenir, ils se passaient toujours de permission, car, à la date du 10 décembre, on lit dans une lettre de Cambrai :
Les volontaires qui reviennent de l'armée emportent habillement, capotes et armement qu'ils vendent en route *.
Et quand ces hommes partaient ainsi avec armes et bagages, l'armée se trouvait dans un dénuement qui était le sujet des plaintes de Dumouriez, Au sein de cette plantureuse Belgique, le général pouvait dire de ses troupes : elles meurent de faim. Il s'en prenait aux opérations mal conduites du Comité des achats et il insistait sur l'avantage d'acheter ce dont on avait besoin, dans le pays même.
1. Dépôt de le Guerre, armée du Nord, à la date, tî. Armée du Nord, 9 novembre.