‹ Les représentants du peuple en mission et la justice révolutionnaire dans les départements en lChapitre 38 sur 225 · Arcli. nal., AF* II, 44, aux dates · texte numérisé non relu

Arcli. nal., AF* II, 44, aux dates

Cfl. XXVII. — 22 SEPTEMBRE 92-1" AVRIL 93 69

Tennemi était entré à Liège; Camus et Treilliard, que notre armée avait pris position derrière Louvain.

Louvain! nous voilà bien loin de la Meuse, et ces nouvelles avaient du arriver au camp de Dumouriez en même temps qu'à Paris. Le général pouvait-il encore s'attacher à la Hollande quand la Belgique allait lui être enlevée? Il en prit rapidement son parti. Le 8, il lance une proclamation à Tarmée : « Il vengera sur les bords du Rhin Téchec d'Aixla-Chapelle » ; et il revient en Belgique le 9 mars.

11 ne trouve à Bruxelles aucun représentant. Treilhard et Camus étaient au camp sous Louvain; Merlin (de Douai) et Gossuin dans les départements pour y chercher des renforts. « Il s'empare de la dictature, disent nos deux commissaires, Robert et Gouget-Deslandres , dans leur lettre du 14 mars; il a fait arrêter à Bruxelles le commissaire Chepy. » No8 deux agents n'osent pourtant blâmer le général; ils se bornent à dire qu'ils espèrent que, plus tard, on rendra justice à Chepy *.

Le 11, les représentants ont rejoint Dumouriez *. 11 fallait pourvoir à tout : à la marche de Tennemi, aux soulèvements populaires. Le 10, une émeute avait éclaté dans Tournai, excitée, disaient Gossuin et Merlin, par les prêtres et les moines. Le tocsin avait sonné dans quelques églises; le commissaire Gonchon s'était vu arrêté, maltraité. Mais le général O'moran avait rétabli Tordre par des mesures sages et vigoureuses. Tout cela ne pouvait se résoudre que par une bataille : elle fut livrée à Nerwinde le 18 mars, et Dumouriez la perdit ^.

1. Dépôt lie la Guerre, armée du Nord, et Arch. nat., AF U, 232, aux dates.

2. A celte date, Treilhard et Gossuin parlent d*une conférence qu'ils ont eue aveclui et avec les autres généraux. Il fallait bien qu'on s'en prît à (|uelques généraux de ces échecs: Lanoue et Stengel furent décrétés d'arrestation. Camus, Treilhard, Gossuin et Merlin (de Douai) écrivent lelomarscjuc Dumouriez a fait exécuter le décret, dès son retour. Les deux généraux, renvoyés devant le tribunal révolutionnaire, dès qu'il fut en exercice, furent néanmoins acquittés. {Hisi. du tribunal révolutionnai t^e de Paris, t. I, p. 95-98.)

3. Voy. la lettre de Dumouriez au Ministre, 19 mars, AF H, 232 : Il va

Araèrc dérision ! A mesure que l'on apprenait les progrès de rennemi, on recevait des nouvelles du vote de réunion des villes : 1*' mars, Bruxelles; 2 mars, Mons et le Hainaut, (îand, etc. ; 6 mars, Tournai : on y annonçait en même temps la levée du siège de Macslricht : Cette nouvelle, disent assez malencontreusement les représentants, n'a pas empêché la fête à l'occasion du vote de la réunion ; 8 mars, Louvain; 9 mars, Ostende; 11 mars, Namur. Le 18 mars, le jour de cette bataille funeste qui allait nous faire perdre la Belgique, ïreilhard, Camus, Gossuin, Merlin (do Douai) écrivaient à la Convention qu'ils venaient d'organiser le département de Jemmapes !

La correspondance des représentants en mission se ressent du trouble que la défaite de notre armée excitait partout dans la Belgique et sur la frontière. Ils réclament des renforts, et la grosse artillerie est expédiée sur Lille (23, 24 mars); on veut envoyer des hommes alarmée; et les villes frontières sont laissées sans garnison. On va jusqu'à se défier des villes frontières. Gossuin, Carnot, Lesage- Senault écrivent de Lille (28 mars) :

L'état politique et militaire de cette partie de la frontière devient de plus en plus inquiétant; partout de la tiédeur. Les citoyens Dubuisson, Proly et Percyra, tous trois commissaires envoyés par Le Brun, ont laissé sentir que les dispositions de Valenciennes étoient telles que peut-être elle ne feroit pas de résistance. A Lille, il n'y a pas trois cents volontaires nationaux soldés pour toute garnison *.

reprendre son camp de Louvain pour couvrir Bruxelles; mais la désorganisation est h son comble; le pays, soulevé. — Les documents abondent sur cet événement et sur ses suites. Lettre du ministre Bcurnonville à Lacroix et à Danton pour la défense de Tournai, Mons et Namur (23 mars); de Lacroix aux commissaires près l'armée pour qu'ils envoient des renforts; de Heurnonville h Lamarlière pour le féliciter de sa belle retraite de Ruremonde (2i mars); de Treilhard et de Robert à la Convention, annonçant la retraite de l'armée sur Tournai (môme date); des commissaires du Pouvoir exécutif de Belgique, faisant savoir au Conseil que l'invasion des Prussiens les force de rentrer à Lille (20 mars).

1. Arcli. nat., AF II, 232, à la date. Voici queUjues autres pièces de la correspondance des représentants en mission avec le Comité de défense générale (Arch. nat., AF+ II, 44) : 21 mars, Valenciennes. Cochon, Dcllegarde

cil. XXVII. — 22 SEPTEMBRE 92-1" AVRIL 93 71

On avait bien plus raison de se défier du général. Dès son retour en Belgique, Dumouriez avait écrit à la Convention une lettre qui la rendait responsable de Tévanouissement de toutes ses espérances (12 mars). Cette lettre, justement fameuse dans Thisloire, n'avait pas été lue à l'Assemblée. On avait besoin de Dumouriez pour soutenir une situation qui n'était encore que compromise. Le il mars, Danton est renvoyé de Paris auprès du général, Danton son plus chaud partisan et le plus intéressé à le retenir au service la République. Il avait pour mission principale de lui faire retirer sa lettre. Il n'y put rien, et le secret en devait être difficilement gardé après Nerwinde. La lettre avait été publiée en Belgique : elle fut insérée au Moniteur *.

(^e n'était pas seulement en Flandre que nos armées étaient mises en échec : la situation n'était guère meilleure à Test de notre grande frontière, sur la Moselle et sur le Rhin.

De ce côté, comme on occupait toujours Mayence, l'illusion pouvait se prolonger. Il y avait deux représentants qui ne s'étaient jamais laissé séduire. Le 4 mars. Couturier et Dentzel annonçaient à la Convention que l'armée de Custine était rentrée dans l'intérieur de l'Alsace, afin d'y prendre position et d'en disputer l'entrée aux Prussiens. Où

et Lequinio : les ouvriers des arsenaux sont maintenus à leur poste; —

23, Douai. Les mêmes : la ville est en état de défense. — 23, Gand. Lacroix demande des renforts. — 23 et 24, Maubeuge. (Rochon, Bellegarde et Lequinio : envoyer des munitions; ils mettent de la réserve dans leurs lettres à la Convention; mais au Comité de défense générale il faut tout dire. —

24, Saint-Omer. Carnot et Lesage-Senault : progrès du recrutement; mesures pour la tranquillité publique. — 24, Tournai. Treilhard et Hobert: l'ennemi est plus fort qu'on ne pensait; urgence d'approvisionner les places. — 23, Sainl-Omer. Carnot et Lesage-Senault : deux bataillons de la garnison, envoyés à Bruxelles. — 25, Maubeuge. Bellegarde : on ne lui répond pas; envoyer des balles, des pierres à fusil, etc. — 28, Lille : la lettre sur l'état de la frontière citée plus haut. — 30, Lille. Lacroix, Gossuin, Robert, Camus, Lesage-Senault : envoi de pièces relatives à l'évacuation de la Belgique. — 31, les mômes : demande de munitions.

Page 1