Sous la rubrique des Pays-Bas, t. XV, p
en étaient les rêves de Cusline? Il les gardait toujours, et le 8 mars, lorsque Reubell signalait la nécessité d'occuper plusieurs ponts sur la Birs pour empêcher Tennemi d'entrer dans le Haut-Rhin, il adressait au Ministre son plan de campagne des armées de la République, tant sur le continent qu'au delà des mers. Le représentant Merlin (deThionville) voulait au moins qu'on s'emparât du Palatinat. La neutralité de l'électeur, fort mal observée d'ailleurs, compromettait notre sécurité : le prince Maximilien et le duc des Deux-Ponts allaient livrer Manheim aux Autrichiens. Avec le Palatinat, Merlin voulait que l'on prît la rive droite du Rhin correspondante, et, bien plus, il comptait opérer la réunion du pays à la France : « Nous municipalisons à force, écrivait-il h Beurnonville, et bientôt vous serez ministre d'un département de plus (8 mars) \ »
Vaine espérance ! c'était beaucoup de pouvoir se garder. La défensive était le rôle assigné aux armées des Vosges, du Rhin et de la Moselle dans le plan de Dumouriez adopté par le Conseil : règle prescrite après la bataille de Nerwinde et plus impérieusement imjiosée à Custine après son échec à Bingen, quand il se retira sur Landau, brûlant les magasins de blé et de fourrages formés témérairement, disait-il, et malgré ses ordres à Worms et à Frankenthal (i"'' avril) ».
Telle était la situation de nos armées sur la frontière du Nord; elle avait déterminé la conduite que les représentants en mission avaient eue à y suivre. Le plus grand péril était là où la défaite avait été la plus signalée, où, par suite, le général se trouvait le plus compromis, je veux dire en