‹ Les représentants du peuple en mission et la justice révolutionnaire dans les départements en lChapitre 63 sur 225 · IV · texte numérisé non relu

IV

en si grand nombre, vu tour à tour favorisé et trahi par la fortune, mais qui, assurément, à leur connaissance, n'avait jamais trahi *. Le jugement de Custine eut des conséquences dont les représentants près les armées furent les premiers à souffrir. Il découragea les meilleurs généraux dans une carrière où ils risquaient non pas seulement la vie, mais Thonneur : la vie qu*un soldat sacrifie volontiers, l'honneur qu'il entend garder intact au milieu môme des revers de la fortune. Il pouvait donc enlever aux représentants en mission les auxiliaires dont ils avaient besoin pour que leur mission réussît. Mais quoi! ce furent souvent ces représentants eux-mêmes qui poursuivirent de ces soupçons odieux et sacrifièrent quelquefois à leur amour-propre ces braves soldats dont le dévouement méritait une autre récompense; nous en avons vu maint exemple dans les autres armées. Custine ici n'allait avoir que de trop nombreux successeurs!

Déjà le décret qui destituait Custine avait jeté un grand trouble dans Torganisation de nos armées sur la frontière du Nord. Diettmann, qui en avait reçu le commandement par intérim, refusait, et demandait à rester divisionnaire; des dénonciations avaient prévenu son refus*. Ce fut Houchard qui fut nommé, sur la recommandation des représentants près Farmée du Rhin '. Exclure les nobles

1. On regrcite de trouver à la date du 2 aoAt, au moment où Custine était renvoyé devant le tribunal révolutionnaire (29 juillet), cette lettre de Carnot au directeur de Tarsenal de Douai, lettre qui, heureusement, n*a pas été produite dans son procès :

« La plupart de nos bataillons sont sans canons...

• Le général Custine m'avoit promis de lever la ridicule défense qu*il vous avoit faite de nous armer, mais il parott qu'il nous avoit oubliés ou qu'il entroit dans son plan que nous n'en eussions pas. • (Cassel, 2 août. Arch. nat., AF U, 233, pièce 161.) — On accumulait alors de toutes parts les accusations contre ce général, naguère si vanté. On peut voir combien de haines étaient conjurées contre lui dans son procès, (llist. du tribunal révolutionnaire de /'an>, t. I, p. 226 et suiv.)

2. Colliez et Varin, dans une lettre au Ministre (28 juillet), l'accusaient d'être complice de Dumouriez. L'armée, disaient-ils, préfère Houchard ou Ferrand (Jacques Ferrand, et non Jean-Henry Bécays-Ferrand, le défen* seur de Valenciennes).

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