Arch. nat., AF+ 11, 47, aux dates
3. Uisl, du tribunal révolutionnaire de Paris, l. H, p. 462. — Nous reparlerons plus loin de Davaine, p. 162 et suiv.
près l'armée du Nord le criaient sur tous les tons et ils ne voulaient pas en avoir le démenti. Une chose pouvait entraver son procès. La loi du 5 avril portait que les généraux de la République ne pourraient être livrés au tribunal révolutionnaire que sur un décret de la Convention ' : « Que ce décret soit rapporté, dit à la Convention Billaud- Varennc, organe du Comité de salut public, et Houchard payera bientôt de sa tète le sang qu'il a fait verser par ses trahisons » ; et la Convention rendit, sur l'heure, le décret, renvoyant en même temps le général au tribunal révolutionnaire. Comme on ne pouvait lui reprocher d'avoir été battu, le juge lui posa cette question :
Pourquoi n'avez-vous pas fait prisonnière toute l'armée anglaise et hollandaise?
Et Levasseur, le poursuivant de sa haine jusque devant le tribunal, osa dire qu'il s'était caché derrière une haie pendant la bataille, qu'il l'y avait vu!
J'ai fait dix campagnes, s'écria Houchard; j'ai reçu un coup de fusil à la figure qui m'a traversé de part en part; j'en ai reçu un autre à la cuisse et un à la jambe. Certainement quand on se cache derrière les haies, on n'est pas exposé ainsi.
Faire périr un général vainqueur, c'était une forte gageure. Mais la victoire, on en faisait honneur aux soldats; et on imputait à Houchard tous les échecs subis par les garnisons de sa circonscription. Le président Dumas osa, dit-on, résumer les débats en le traitant de lâche. Cette injure fit oublier au vieux soldat la sentence de mort qui suivit. « Le misérable! il m'a traité de lâche! » s'écria-t-il; et lorsque, ramené dans la prison, on lui demandait l'issue (le son procès : « Il m'a traité de lâche! » Cet outrage était pour lui pire que la mort '.