‹ Les représentants du peuple en mission et la justice révolutionnaire dans les départements en lChapitre 78 sur 225 · Armée de la Mosclte, 4, 5 el 13 aoûl · texte numérisé non relu

Armée de la Mosclte, 4, 5 el 13 aoûl

2. Arch. nat., AFII, 246 (4 août). — H paraît du reste i\uc le ^v.né d'Aboville, qui avait commandé par intérim celle armée, avant Houclia pendant un mois (29 mars-28 avril), y gardait encore un commandeme car le ministre l'ayant suspendu, les mêmes représentants lui écrive qu'ils l'ont conservé provisoirement, parce que son successeur n'est ) nommé et qu'il n'a contre lui que d'être sorti d'une caste justement si pecte. Ils demandent que le ministre, lorsqu'il prononce de pareilles s pensions, soit tenu d'envoyer en même temps celui qui doit succéd afin de ne pas laisser languir le service. (/6û/., 26 août.)

L*anéantissement absolu de mes forces morales et physiques ajoute chaque jour à ma détermination à ne plus occuper un poste que je ne puis remplir d'une manière utile à la République. Il ne suffit pas qu'un bon officier commande à ma place à l'armée active; il faut que la sanction des représentants du peuple consolide son existence, étende son autorité sur toutes les parties de la ci-devant province d'Alsace, lui donne de la force pour la discipline, enfin l'investisse de cette confiance plus nécessaire que jamais, et qui, on ne peut l'ignorer, fait vraiment la force des armées françoiscs. L'Alsace est menacée, et certes ce n'est pas le moment où l'on peut laisser les armées sans chefs, quand il est bien avéré que je ne peux ni ne veux plus commander, quand il est constant que, malade en ce moment, je ne saurois diriger cette grande machine qui exige, de la part (le celui qui la gouverne, santé, activité, confiance, et cet état de Tàrae qui permet à l'esprit l'exercice de toutes ses facultés.

Il les prie d'exposer ces raisons aux représentants*. Les représentants durent bien céder :

Considérant que le général en chef de l'armée, Beauharnais, réitère à chaque instant l'offre de sa démission de vive voix et par écrit;

Considérant que, d'après ses aveux multipliés, il n'a ni la force ni l'énergie morale nécessaires à un général en chef d'une armée républicaine...

Ils acceptent donc sa démission et nomment provisoirement à sa place le général Landrcmont % ce qui fut approuvé par le Comité de salut public. Comme général suspendu, on l'exilait à 20 lieues de Paris et des frontières.

Excluro les nobles de tous les grades de l'armée, c'est ce que Henlz, commissaire de la Convention dans la même région, recommandait vers le même temps au Comité de salut public '. Le Ministre, on Ta vu, abondait dans ce sens; mais certains généraux qui, n'étant pas nobles, avaient

1. Pièces jointes au rapport des citoyens liorie, Ruamps, Niou, Gut/ardin, lacosie et Mallarmé, représentants du peuple près Vannée du Rhin, du i9 juillet au 27 brumaire, (Bibliothèque nationale. Le '^ 4i.)

2. Wissembourg, 23 août. (Arch. nat., AF II, 247, à la date.)

3. Lettre sans date, reçue le 8 septembre 1793. (Arch. naU, AF II, 233, à la date.)

leur franc parler, ne laissaient pas de lui faire des remontrances sur les qualités de ceux qu'il mettait à leur place. Le général de brigade Krieg, commandant à Metz, dit le 9 août à Bouchotle :

Me voilà enfin parvenu à mon poste. La jalousie, la vile envie ont fait tout ce qu'elles pouvoient pour mettre des entraves à mon arrivée ici...

Tant que je verrai à la tête des troupes des hommes qui, tout le long de leur vie, ne se sont appliqués qu'à quelque art mécanique, au commerce ou à la chicane, alors je plaindrai le sort des administrateurs et des armées de la République.

Votre mode d'avancement, citoyen Ministre, ne peut rester tel qu'il est, si la République doit exister... Quelle confiance voulez-vous que le soldat ait dans des chefs de cette espèce?

Bouchotle griffonne quelques excuses en marge :

Quand tous ceux qui ont le talent se montrent contre le sislème populaire, il est forcé de prendre d'autres hommes pour le faire aller, etc. — Enfin il faut décidément appeler les sans-culottes à toutes les places, sans aucune exception, si Ton veut que la révolution des sans-culottes réussisse *.

Le malheureux Bouchotle aurait bien pu dire qu'il ne savait auquel entendre :

C'est avec douleur, écrivait Bô (Sedan, 9 novembre), que nous voyons opérer dans l'armée, par le ministre de la Guerre, des destitutions portant presque toutes sur des officiers dont le civisme, le courage et les talents sont solennellement avoués et par les soldats et par les Sociétés populaires; mais il n'en est pas moins vrai qu'il est trompé, et qu'au lieu de purger Tarmêe des muscadins qui y sont encore en grand nombre, il enlève à l'armée ses vrais défenseurs... Il devroit consulter la voix des Sociétés populaires et des représentants.

i. Armée de la MoscUc, à la date. — Le 14 aoiH, un certain Martin, volontaire à Belfort, se plaignait lui aussi, au Ministre, des dénonciateurs : u Ce sont des gens méprisables, qui veulent avoir des places. « (Armée du Rhin, à la date.)

Le 31 août, le même général Krieg signalait au général on chef « trois généraux d'un nouveau genre, le procureur syndic de Thionville, le commissaire des guerres, Paris, et le représentant Cusset, à Thionville, comme ayant provoqué, par des pillages, une attaque de rcnnemi, où nous avons perdu 40 hommes >>.

Les représentants en mission croyaient aussi qu'il fallait agir révolutionnaircment; et cependant ils faisaient quelques réserves sur un système de destitution dont ils pouvaient voir les effets désastreux. Lacoste écrit de Colmar (19 août) à Barère, président alors du Comité de salut public :

Quand vous m'avez proposé pour m'envoyer en commission avec le brave Guyardin, vous m'avez témoigné combien vous étiez pénétré de la nécessité d'abandonner l'absurde système de moralité que nous avions adopté,... pour exciter un mouvement révolutionnaire comme moyen infaillible de porter la terreur chez tous nos ennemis.

Une conférence avait eu lieu à Bitche, le 8 août, entre représentants et généraux, et Lacoste ne se montre pas content des généraux. Les représentants avaient mis en avant un projet d'envahir le Palalinat, et il avait été rejeté par cinq généraux, ci-devant nobles, qui seuls formaient ce conseil, fort occupés d'eux-mêmes, peu de la chose publique. Mais tout en dénonçant ainsi les nobles, Lacoste et ses collègues sentaient bien qu'on ne pouvait pas toujours se passer d'eux. Il pouvait y avoir dans leur exclusion une cause de désorganisation des armées et un cas de responsabilité pour les représentants eux-mêmes :

Nous avons vu les généraux Dandremont cl Darlande * dont les talents militaires sont soutenus par beaucoup de courage, de bravoure et la confiance des armées. Il est malheureux qu'ils soient des ci-devant, mais il serait peut-être plus malheureux encore qu'une loi générale, dictée parles circonstances où nous nous trouvons, les forçât à la retraite.

Ils disent aussi de Beauharnais, dont la démission était acceptée ce jour-là même :

Quant au général en chef Beauharnais, s'il faut s'en rapporter à la manifestation de ses principes, ils sont purs, ses talents politiques sont connus et ses talents militaires très étendus, et, en lui rendant la justice qui lui est due, c'est le premier géné-

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