‹ Les représentants du peuple en mission et la justice révolutionnaire dans les départements en lChapitre 79 sur 225 · Landremonl (?) cl d'Arlandc · texte numérisé non relu

Landremonl (?) cl d'Arlandc

rai de la République ; mais il est dans un tel abattement que toutes ses facultés, morales et physique, sont absorbées. Son sort qui est réellement fâcheux nous a affectés *.

A qui la faute?

Au cours de cette conférence tenue à Bitclio où les généraux s'étaient montrés si peu disjmsés à faire campagne dans 1(3 Palatinat, les représentants, instruits des périls que faisait courir à la France la chute de Valenciennes, avaient souscrit à Tenvoi des 30 000 hommes demandés ])ar le Comité de salut public pour servir d'arrière-garde î\ Tarmée du Nord et protéger Paris. Mais le danger était sérieux aussi ])our TAlsace. Borie d'une part, Lacoste et Guyardiu de Taulre, avaient devancé la promulgation du décret de la levée en masse (23 août) par des arrêtés presque du même jour (22, 24 août). Schauenbourg, le général en chef malgré lui, en faisant connaître au Ministre l'état des forces de l'armée, lui déclarait qu'il lui était impossible de rien fournir au Nord, et les représentants, Richaud, Soubrany et Ehrmann, à l'armée de la Moselle, prirent sur eux de suspendre le départ des carabiniers qu'on leur demandait (27 août) '; les représentants envoyés le 27 juillet à Tarmée du Rhin, Borie, Milhaud et Ruamps, ne pouvaient pas non plus accepter qu'on réduisît cette armée. Chose curieuse :

1. Armée de la MoseUe, 19 aoiH. — Ils sont allés de Wissemboiirg à Haguenau, à Strasbourg, k Sc.helestadt et sont à Colmar. Les autorités constituées et les Sociétés populaires sont pleines de zèle. Mais, disent-ils : « En exceptant Wisseinbourg, nous avons trouvé les habitants indifTércnts & la Constitution, bien peu attachés ù la République et totalement fanatisés. » — Nouvelle trame de nos ennemis : le discrédit des assignats. Us perdent 3/4 de leur valeur, le soldat ne peul plus vivre. La République doit dépenser iOO à 150 millions par mois, au lieu de oOO 000 livres. U faut prohiber le numéraire. Ils ne renoncent pas à l'invasion du Palatinat (même lettre).

2. Armées du Rhin et de la Moselle, aux dates. La correspondance de Schauenbourg avec le ministre de la Guerre est fort active : il lui parle de ses opérations, et même le consulte plus que ne le faisaient assurément Cuslinc et llouchard (lU, 20, 21, 22, 23, 24 août 1793). Le Ministre finit par lui répondre qu'il ne peut lui donner de nouveaux ordres : le général, sur les lieux, peut en juger mieux cpie personne, et, s'il a besoin de consulter, il a également sur les lieux les représentants du peuple qui.

en. XXIX. — FIN DE LA CAMPAGNE DE 1793 159

ils auraient pu y avoir Bonaparte. Napoléon Bonaparte, sans doute après la prise de Marseille (25 août), sollicita une place de lieutenant-colonel d'artillerie à Tarmée du Rhin. Une note autographe de Bouchotte sur le résumé de cette demantlc porte :

Voyez le citoyen Buonaparte, sa proposition est celle d'un patriote. S'il a des moyens, profitez-en pour Tavancer *.

Au commencement de septembre, à TEst comme à TOuest, on est sur la défensive. On aura moins de sièges à faire qu'à soutenir, et le Ministre adresse celte circulaire aux commandants de places (2 septembre) :

Nos villes ne doivent être prises que quand elles sont détruites par Tennemi, et la porte ne doit leur en être ouverte que lorsqu'il y est entré par la brèche *.

Milhaud, Borie et Ruamps prenaient à la même date cet arrêté :

Les officiers et soldats qui parleront avec les vedettes ou tous autres individus venant de l'ennemi seront fusillés dans les vingt-quatre heures.

Les généraux en chef, deux nobles, portés à ce rang fort à contre-cœur, étaient rendus responsables des progrès que Ton ne faisait pas. Qu'est-ce donc si leurs armées éprouvaient quelque défaite, s'ils venaient à être battus? Or, le 14 septembre, l'armée de la Moselle était battue à Pirmasens 3.

revêtus de pouvoirs assez vastes, sont à HKÎme, plus que tous les autres, de l'aider et d'augmenter ses moyens et ses ressources. (Armée de la Moselle, 28 aoiH 1793.)

1. Dépôt de la Guerre, armée du Rhin, août 1793 (sans autre date, ni désignation de lieu). — Celte demande, un peu plus tard, aurait pu èlre d'autant mieux accueillie, que l'on manquait d'officiers d'arlillerie à l'armée du Rhin. Le général Dclaunay. intercédant auprès du ministre en faveur de Tholosan, suspendu, lui dit : « qu'il n'est pas né noble, ^u'il a toujours servi avec distinction, enfin que c'est le seul officier d'arlillerie qui lui reste. » (Armée du Rhin, 7 octobre 1793.)

2. Lettre au commandant de Schelestadl, imprimée. Dépôt de la Guerre, armée du Rhin, à la date.

3. Sur le combat de Pirmasens, voyez une relation de Berlin (c'est la

Schauenboiirg- fut destitué. Il était depuis le i'^*' septembre provisoirement suspendu. Cette suspension aurait dû l'excuser de Féchec. L'échec au contraire détermina sa perte '. A Tarmée du Rhin, Landremont, successeur de Beauharnais, avait été plus heureux. Dans une lettre au Comité (20 septembre), il se félicitait, il est vrai, d'avoir, avec lo peu de troupes qu'il commandait, jrardé les lignes de Wissembourg, quand Maurice de Saxe avait dit que pour les défendre il fallait 40 000 hommes; mais il ne répondait pas de tenir toujours contre un ennemi fort supérieur en nombre *. De plus, Milhaud, Guyardin et Lacoste avaient

version allemande) et les relations du général Guillaume, du général Moreaux et des représentants Khrmann, Richaud et Soubrany. (Armée de la Moselle, 14 et 15 septembre.) Les trois représentants, la veille de la bataille, avaient conçu de meilleures espérances. Ils écrivaient le 13 au Comité de salut public :

• Notre armée a attaqué hier l'armée ennemie sur plusieurs points et l'a fait rétrograder. Le marquis de Mouy a été pris et va ôlre fusillé.

• Que 14 000 hommes détachés de l'armée du Rhin, lui soient rendus et le territoire sera bientôt évacué. • Ils se plaignent de Bernard et de Bassal, leurs collègues, délégués dans le Mont-Terrible, qui ont retenu à Besançon des chevaux et des approvisionnements destinés à l'armée du Rhin: et ilî> y voient une conséquence de ces missions multipliées au hasard : • C'est ainsi qu'en nommant une multitude de commissaires chargés de missions particulières, des mesures incohérentes sont prises et que la chose publique est souvent exposée au plus grand péril. • (/6td., à la date.)

1. Le 10 octobre, le ministre adresse au Comité une lettre de Moreaux qui attribue au général Guillaume l'échec de la journée du li. Ainsi c'est le Comité qui, sans information, avait fait arrêter le général en chef. Disons toutefois que les représentants Richaud, Khrmann et Soubrany prirent à leur tour la défense de Guillaume : • Ayant appris par le citoyen Guillaume, général de brigade, qu'il a été mis en état d'arrestation par ordre du Comité de salut public, par rapport à sa conduite dans l'alTaire de Pirmazens, le 14 septembre dernier -, ils lui soumettent les détails de cette alTaire qui ne sont qu'à la justification de ce citoyen. (Arch. nat., AF H, 246, 28 du 1" mois, 19 octobre 1793.) — Le 10 octobre, Moreaux refusant la place, et Delaunay demandant A en être déchargé. Richaud et Ehrmann prient le Comité de désigner un général de mérite. (Procès-verbal de la séance tenue à Saarbruck par la((uelle il est décidé que l'armée du Haut-Rhin livrera bataille à l'armée ennemie, pour faire lever le siège de Landau, 14 octobre, signé Ehinnanii, Lacoste, Mallarmé, Richaud.) — Le 24, Delaunay écrit au Ministre qu'il n'était pas à la conférence du 14. Ainsi, c'étaient les représentants qui, en l'absence dos principaux généraux, décidaient des opérations.

2. " Une armée supposée, qui n'existe que dans l'idée ou dans les projets, ne bat pas l'ennemi. Je ne cesserai de vous parler, citoyens représentants, de l'armée réelle, elTective, combattante, qui est sous mes

voulu qu'il passât le Rhin, et le projet avait manqué faute de pontons (18 septembre). Landremont aussi avait donc cessé de plaire, et il en fut de Tarmée de la Moselle comme de Tarmée du Rhin. Landremont fut arrêté (1" octobre) et le commandement donné pour un jour à Meunier, puis provisoirement à Carlenc (2-26 octobre). Mais, durant ce provisoire, un échec, tout autrement grave que la bataille de Pirmasens, vint nous punir de ce bouleversement dans la direction des armées. Les lignes de Wissembourg, que Landremont s'était fîiit gloire d'avoir su défendre, furent forcées (13 octobre) *, et ce fut l'ancien général qu'on en rendit encore responsable *.

Ce double échec des deux armées allait faire paraître d'autres représentants et d'autres généraux.

ordres. Je sais aussi enfler mes forces pour donner le change à l'ennemi; mais quand il s'agil de l'atlaquer ou de lui faire face lorsqu'il attaque, les chimères el les ombres disparoissenl, le plus fort Tcmporle. Je ne vous dissimule pas que tout homme, qui connoil les lignes de Wissembourg et les gorges, regarde comme un prodige, et comme autant de TÎctoires gagnées, toutes les attaques où l'ennemi aura été repoussé. 31aurice de Saxe, qui nous valoit bien tous pour les connoissances militaires, a soutenu qu'il falloit iO 000 hommes dans les lignes et autant dans les gorges, pour en défendre l'accès. U n'auroit pas pris sur lui de les garder avec moins de forces. Je n'en ai pas la moitié depuis que je commande l'armée et je ne me suis point laissé entamer. » — U en fait honneur à ses soldats, h. ses lieutenants; mais il ne peut répondre qu'il réussira toujours : « Il est impossible que je chasse l'ennemi, tant qu'il m'opposera 45 000 hommes à 31 000 dont je ne peux employer que la moitié », etc. (Bibl. nat., Le3« 44, pièce 238, et armée du Rhin, à la date.)

1. Voy. la lettre de Meynier à Ciarke, directeur du cabinet lopographique (13 octobre), et les rapports officiels du général ennemi Wurmser (13 octobre), du général français Carlenc (14 octobre). (Armée du Rhin, aux dates.)

2. Voy. le rapport de Borie, Milhaud, Guyardin, etc. (Bibliothèque nat., Le39 43 et 44.) Les généraux Schauenbourg et Landremont, dans leur disgrâce, occupèrent encore le Comité de salut public et les représentants en mission. Schauenbourg, né en 1743, demanda une pension de retraite, en envoyant ses états de service depuis 1739 (i octobre). Le Ministre lui répondit en lui adressant Tarrété du Comité de salut public qui le mettait en arrestation et chargeait Dclaunay (général en chef du jour) de le faire conduire à Paris. On a un mémoire justificatif de Schauenbourg, daté de l'Abbaye. (Armée de la Moselle, aux dates.) Le général Landremont se défendit aussi lui-même, et les représentants Borie et Ruamps, qui ravalent fait arrêter, eurent à répondre à ses récriminations. C'est à son inaction qu'ils rapportaient la perte des lignes de Wissembourg. (Armée du Rhin.)

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