CH. XXVI. — FRONTIÈRE DU NORD (AVRIL-SEPTEMBRE
^ '''-^\ d'élire non pas quatre, mais douze membres, et Lacroix (J.-F. de La Croix), député d'Eure-et-Loir *, demanda qu'on y procédât sans retard, afin de les faire partir le jour môme. Séance tenante, Carnot le jeune*, au nom de la Commission extraordinaire et du Comité militaire réunis, présenta le projet de décret, ainsi que Tinstruction rédigée pour les comniissaires : le tout fut adopté et les commissaires élus '. Anlonelle, Peraldi et Kersaint, envoyés à Tarmée de Lafayette (armée du Centre), jugèrent utile de s'arrêter d abord à Soissons pour dissiper les inquiétudes des fédérés nationaux, rassemblés en cette ville, et s'assurer des •rù\> sentiments des chefs préposés à leur organisation. Dès aisin le 12 août, ils font connaître à l'Assemblée le bon esprit ut^ de rétat-major et des soldats, ainsi que l'adhésion de la raD>J municipalité et de la population tant de Soissons que éfrr de Reims, d'où ils écrivent *. Il n'en fut pas de même à fiib Sedan où commandait Lafayette. Le général, instruit de dr leur mission, donna ordre de les faire arrêter*, dr
't IJ 1. J.-F. de La Croix, dépulé d'Eu re-et-Loire, joint quelquefois la parlig j fuleà son nom {Delacroix), D'autres fois il la supprime. On peut la supprimer, car c'est Tusage quand la particule n'est précédée ni d'un préêfs nom, ni d'un titre, et, d'ailleurs, il est plus connu sous le nom de Lacroix, lai ^' Député alors comme son frère aîné.
3. Moniteur du 12 août, t6id., p. 382. Les douze premiers d'une liste pro-
ra>- posée de vingt-quatre membres : Lacombe-Saint-Michel, Carnot l'alné,
ri)r> ^P&rin, Delmas, Dubois-Dubais, Bellcgarde, Ântonelle, Kersaint, Cous-
« tard, Prieur (de la Marne), Peraldi, Rouyer. (Procès-verôal de VAsseinbUe
h\ wtimale législative, t. XU, p. 24.)
^^ 4. Moniteur du 16 août, ibid.y p. 418.
I 5. « Il doit arriver, dit-il, des commissaires de l'Assemblée nationale <^s I pour prêcher à l'armée une doctrine inconstitutionnelle; il est démontré ^^: I Moût homme de bonne foi qu'au 10 août, époque de la suspension du I roi, l'Assemblée nationale a été violentée et que les membres qui ont lii I accepté une telle mission ne peuvent être que des chefs ou des instru- \^x I iDents de la faction qui a ainsi asservi l'Assemblée nationale et le roi. Je I requiers, aux termes de la loi relative à l'état de guerre et sous ma res- ( I ponsabilité unique et personnelle, la municipalité de Sedan, de retenir les individus se disant commissaires de l'Assemblée nationale, et de les mettre en lieu de sûreté sous la garde d'un officier supérieur qui, également sous sa responsabilité unique et personnelle, exécutera cet ordre, auquel il ne peut se refuser sans être immédiatement traduit à un conseil de guerre. Je dois aussi requérir les autorités constituées des départements, en vertu des mêmes lois, d'approuver ces mesures, et je ferai
iâ LES REPRÉSENTAiNTS EN MISSION
A cette nouvelle, TAssemblée fit un décret qui rendait les administrateurs des Ardennes, ceux du district de Sedan et les officiers municipaux, etc., responsables de la sûreté et de la liberté de ses commissaires; ordonnait qu'ils fussent arrêtés k leur tour et chargeait trois autres de ses membres, Quinette, Isnard et Baudin, d'exécuter ces mesures*. Mais ils trouvèrent la chose faite. Lafayrtte n'avait pu entraîner son armée et il avait dû chercher lui-même son salut dans la fuite. La municipalité de Sedan s'était empressée d'ouvrir les portes de la prison h ces puissants détenus, et ces derniers, qui d'ailleurs n'avaient pas trouve là de trop noirs cachots, eurent le bon goût d'intercéder en faveur de leurs hôtes*. L'Assemblée nationale ne donna point en effet d'autres suites h son décret; mais plus tard la Crmvenlion s'en souvint : administrateurs du département, officiers municipaux, notables de la commune, tous payèrent de leur tôte cette profanation nationale'. Les con*' missaircs, arrêtés par ordre de Lafayette, avaient en mênd^ temps une mission auprès de Luckner, et les trois autre^» envoyés à leur place à Sedan, y pouvaient avoir assez ^ faire* : c'est pourquoi, Luckner lui-même exprimant 1^ désir d'avoir des représentants du peuple auprès de lu^* l'Assemblée désigna pour cette mission La Porte, Lamar-^
la même demande au Iribunal du district de Sedan et aux différenl^ départements où sont situées les troupes qui me sont oonliées. « (Moniteur' du 29 août, ibid.y p. 405.)
1. Séance du 17 août, Moniteur du 19, iàid., p. 447. — Une commissioi» de six membres fut nommée en même temps pour correspondre avec lesarmées et instruire chaque jour rAssomblée des nouvelles qu'ils auraient reçues et des lettres qu'ils auraient écrites : c'étaient Ducos, Lagrevolle, t.achaise, Marbot, Bruat et Lequinio. (Ibid.y p. 448.)