Ibid.j lettre autographe, comme les précédentes
démission, à laisser momenlanément le commandemonl à Duquesnoy et à venir conférer avec le Comité à Paris *. Remplacer Jourdan alors! mais qui mettre à sa place? L'agent Berton écrivait, le môme jour que le général, à Boucliotte (4 novembre) :
L'armée du Nord est dans une position inquiétante. Le général en chef Jourdan, dégoûté du commandement par les entraves continuelles dont il est environné, demande un congé sous prétexte d'aller rétablir sa santé à Avesne. Je crois Jourdan pur et bien intentionné; il n'en seroit peut-être pas ainsi de celui qu'on se propose de mettre à sa place. Vous jugerez si vous ne devez pas lui refuser sa demande.
Il ajoutait que Colliez allait à Paris pour lui donner des explications.
Que faisaient en ces conjectures les représentants pour aider à l'action des généraux? Châles et Isoré créaient dans le département du Nord une armée nouvelle, — une armée révolutionnaire. L'arrêté qui Tinstitue a des considérants retentissants comme des coups de grosse caisse :
Au nom du Salut public.
Les représentants du peuple envoyés près l'armée du Nord, convaincus quïl existe au mépris des volontés de la nature des cœurs vils et noirs de corruption, nageant dans un sang impur et palpitant du désir de démentir la raison et les lois humaines que les préjugés inventés par le charlatanisme d'une légion d'hommes ambitieux cachés dans les ténèbres de l'hypocrisie, qui préchant la chastetù et la sobriété, cultivent en secret des passions pour semer dans l'ignorance la superstition et faire germer dans les cœurs foibles une terreur h la honte du ciel même *;
Voulant que la déclaration des droits de l'homme, fondement de la République françoise, soit le seul livre révolutionnaire de la religion et du gouvernement, et que nul individu résident
1. Autre lettre du Comité, non de la main de Carnol, mais signée par lui en même temps (|uc par Billaud-Varenne, Barère, C.-A. Prieur et R. Lindet. (Armée du Nord, k la date.)
2. Dans celte phrase, les représentants ont néglige plus que les virgules.
en. XXIX. — FIN DE LÀ CAMPAGNE DE 1793 167
en France ne conserve la hardiesse d'insulter aux lois du pays sans être puni à Theure môme où son infidélité sera reconnue :
Arrêtons qu'il y aura dans le département du Nord une armée révolutionnaire commandée par le citoyen Dufresse; que cette armée, habillée à la demi*hussard et coiffée du bonnet de la Liberté, se transportera dans tous les lieux où les ennemis intérieurs attaqueront Tégalité, la liberté, l'humanité, les mœurs et la vertu.
Cette armée sera suivie d'un tribunal pour juger les ennemis des Sociétés populaires, les faux patriotes, les fanatiques, les accapareurs et les banqueroutiers.
Ses règlements organisatoires seront publiés et afflchés dans le plus bref délai (13 brumaire, 3 novembre 1793) *.
(]'cst à peu près sur le môme ton que nos deux représentants on donnaient la nouvelle au Ministre :
Citoyen sans-culotte Ministre,
Une nouvelle colonne vient de s'élever à Lille à l'extrême hauteur des circonstances. Elle est composée de 1000 hommes sans-culottes, dévoués à l'extermination des conspirateurs. Le r^itoven Dufresse commande cette fameuse colonne avec le titre lie général de Tarmée révolutionnaire du Nord. Les cœurs enveloppés des préjugés de Tesclavage vont reconnoitre pour les seules déesses du monde Tégalitc et la liberté. Cette armée est celle qui doit clore la révolution. Tout au peuple, rien aux hommes en particulier; pourvu que nous restions propriétaires de nos bras et de nos bonnets rouges, nul tiran ne sera sûr de sa vie. Seconde-nous, sans-culotte Ministre. La république sera bientôt universelle.
CUALES, ISORÉ '.
Et le Ministre écrit en marge la minute de sa réponse :
Les sans-culottes voient avec un plaisir indicible vos opérations révolutionnaires dans un pays où la richesse avoit établi sa domination, où les préjugés cmpêchoient la masse de saisir la vérité et d'apercevoir les moyens qui pouvoient améliorer son sort malgré qu'elle en eût la volonté. Il falloit l'heureux concours de la sans-culotterie, de l'instruction et du pouvoir