‹ Les représentants du peuple en mission et la justice révolutionnaire dans les départements en lChapitre 95 sur 225 · Il écrit Kcvsserlaulcrn · texte numérisé non relu

Il écrit Kcvsserlaulcrn

2. Un arrêté du Comité de salut public ordonna que 10 000 hommes de rarmée des Aniennos passeraient immédiatement à Tarmée de la Moselle sous les ordres du général Hoche.

avaient fait preuve de tant de dévouement dans le péril, et

ils se suspectaient eux-mêmes. La dissidence s'accusait de

plus en plus entre la première mission, celle de Baudot

et Lacoste, et la seconde, celle de Saint-Just et Le Bas,

qu'on y avait superposée. Lacoste écrivait de Strasbourg

le 28 frimaire (18 décembre) au Comité de salut public :

Le Comité de salut public n'ignore pas que depuis longtemps l'Alsace étoit vendue aux Autrichiens comme Toulon aux Anglois, et que, si la ville de Strasbourg n'a pas subi le même sort, il doit considérer sa conservation comme un grand bonheur pour la république.

Le Comité n'ignore pas que dans la ville de Strasbourg il n'y a pas quatre patriotes; que les trois quarts des habitants du département du Bas-Rhin ne sont pas François, mais plutôt Autrichiens et détestant la révolution françoise.

On peut juger de la vérité de cette odieuse imputation par ce qu'il va dire de notre propre armée :

Le Comité de salut public n'ignore pas que jusqu'à la funeste journée du 13 octobre (v. st.) que les lignes de Wissembourg ont été livrées par une trahison insigne, les généraux des armées du Rhin et de la Moselle et les états-majors n'étoient composés que de ci-devant et de traîtres ; et que, quelques elForts qu'aient faits les représentants montagnards, ils n'ont pu parer à toute l'étendue des abominables complots d'une si grande niasse de contre-révolutionnaires.

Depuis celte époque, disait-il encore, les choses sem- Waient avoir pris une face nouvelle; mais on avait fait pour la délivrance de Landau les plus mauvaises dispositions; on attaquait par « petits paquets ». On en fit Tobservation au général en chef (Pichegru), et il donna des ordres, oiîiis ils furent mal exécutés; et le représentant ajoutait lue, malgré les mesures les plus terribles prises par luiuiome pour rétablir la discipline, il n'y avait pas réussi : de •nauvais citoyens étaient entrés dans les armées k Tépoque 'lu recrutement des 300 000 hommes et ils se sont livrés * d affreux brigandages.

Notre représentant était revenu de Tannée à Strasbourg :

Quelle a été ma surprise, continue-t-il, de trouver que dans une si courte absence, il s'étoit formé un levain de contre-révolution, que le supplice infâme qu*avoit subi Schneider, accusateur public, avoit consterné les patriotes et rendu les aristocrates plus dangereux, plus insolents que jamais; que notre collègue liCmane, pris de vin, avoit été à la^Société populaire y jeter une pomme de discorde ; que nos collègues Saint-Just et Le Bas étoient de retour de Paris et qu'ils persistoient à se qualifier d'envoyés extraordinaires et à ne point communiquer avec nous.

Saint-Just et Le Bas sont arrivés à Strasbourg dans un moment où les créatures des généraux traîtres, notamment de Landremont, avoient égaré quelques régiments sur le compte des représentants... et bien loin de venir se réunir avec leurs collègues, de leur donner un degré de force de plus et de les protéger contre de si infernales persécutions, qu'ont-ils fait? Us se sont refusés à toutes les communications fraternelles, ils ont affiché des avis insultants pour leurs collègues, ils se sont qualifiés de députés extraordinaires et se sont érigés en véritables censeurs.

A Saarbruck, ils ont fait de même vis-à-vis do leurs collègues Richaud et Soubrany. A Nancy, ils ont été à la porte de Faure, sans le voir. Il insiste sur TefTet pernicieux d'une pareille manière d'agir, et se plaint notamment <le leur conduite à Tégard d'une invention jacobine sur laquelle nous aurons à revenir, la Propagande :

Je ne saurois trop vous le répéter... cette forteresse et le département se trouvent totalement stériles en républicains. Il avoit été considéré qu'une grande mesure consistoit à y appeler des patriotes courageux et instruits des dilTérentes sociétés de la République; un grand nombre s'y étoient déjà réunis; ils professoient la doctrine de la'liberté avec le plus grand succès, quand un décret de la Convention nationale a frappé ces propagandistes.

Il étoit entré dans nos vues que nous employerions le plus grand nombre de ces bons sans culottes au renouvellement des autorités constituées de ce département... Saint-Just et Le Bas n'ont pas partagé cette opinion; ils ont au contraire assuré à ces républicains qu'ils ne pouvoient rester ici...

Ces braves frères vont donc se séparer.

Pour Lacoste, c'est Tabandon du pays :

Si, sans retard, il n*est point jeté dans la ville de Strasbourg une garnison de quatre mille sans-culottes, pris en dehors du déparlement; si toutes les autorités constituées, les fonctionnaires publics ne sont point renouvelés par de bons Jacobins, aussi pris au delà des limites de ce département; si Ton ne chasse point de cette forteresse au moins six mille aristocrates, feuillants ou intrigants, qu'elle recèle dans Tenceintc de ses remparts; si la langue allemande n^est proscrite et des institutions établies pour apprendre celle de la Révolution, on ne peut répondre de lui conserver ce principal boulevard.

Le remède, comme on le voit, est radical. Mais voici aulrc chose :

J'apprends à Tinstant que Saint-Just et Le Bas viennent de renouveler le département, que le plus grand nombre des membres sont des tailleurs, perruquiers, etc. Si ces sans-culottes étoient patriotes et en état de remplir des fonctions si importantes... j'approuverois infiniment un pareil choix, mais il est fort à craindre qu^il n'amène une désorganisation*.

J.-B. Lacoste.

Baudot, le collègue de Lacoste, écrit à son tour le Icn- Jemain :

1" Le soldat souffre et combat, mais ceux qui commandent ne l'encouragent point assez par leurs discours. Le silence et le défaut de communication entre les chefs et les subordonnés rappellent Tancienne morgue nobiliaire.

2" Il ny a pas d'accord entre les chefs... J'avois cru gagner quelque chose sur leur insouciance commune; mais j'ai bientôt ^lé instruit qu'ils sçavoient que Saint-Just et Le Bas ne communiquoient pas avec nous et que c'étoit à leur organe qu'ils feconnoissoient plus particulièrement la voix de la nation.

Et il dit combien cette disposition des esprits est funeste :

Enfin un grand nombre de citoyens des Sociétés populaires Voisines du Rhin, venus à Strasbourg pour vivifier l'esprit publie, se trouvent obligés de se retirer par un décret infiniïnent sage de la Convention; mais je pensois qu'ils pouvoient

i- Arch. nal., AF U, 2(7, à la date.

Page 1