‹ Les Résections Sous-Périostées Du Calcanéum Pour Ostéite BacillaireChapitre 5 sur 11 · ÉTUDE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

ÉTUDE GÉNÉRALE

Le calcanéum est de tous les os du tarse le plus fré-

quemment atteint par la luberculose. Les statistiques de Audry et Mondan ne laissentaucun doute à ce sujet.

Cet os, at-on dit, est un « nid à phtisie ». Il n'est cependant pas en butte aux lésions traumaliques aussi

fréquemment que sa position et son usage pourraient

le faire supposer, et s'il présente une prédisposition paruüeulière à la tuberculose, il faut en chercher des causes atatomo-physiologiques.

D'une part, daus cette région se trouve une quantité suffisanté, de moelle permettant une stagnation assez marquée dans fa circulation pour laisser S'implanter les colonies tuberculeuses. De plus, le calcanéum a des dimensions suffisantes pour que le bacille puisse se développer à son. aise sans en franchir les limites.

D'autre part, enfin, on comprendra d'autant mieux la fréquence des lésions tuberculeuses de cet os: sion l'envisage au point de vue physiologique. Il à, en effet, deux usages importants :

1° Dans la station debout il constitue le pilier posté-

rieur de Ja voute plantaire qui supporte tout le poids

du corps ; | 2° 11 forme un levier à laide duquel les muscles du mollet permettent la marche, la course el le saut. |

Autant de faits qui peuvent expliquer la fréquence des ostéites calcanéennes. Mauclaire, dans sa thèse, signale que sur 90 cas de tuberculose du pied, 37 fois la lésion siégeait sur le calcanénm. La même proporlion est donnée par Audry. |

Les malades atteints sont surtout des adultes. Il semblerail qu'à mesure que s'achève lossification, les manifestations osseuses diminuent de fréquence. Gangolphe, cependant, dans son traité sur les maladies infeelieuses et parasitaires des os, dit : « Nous avons été frappé, ainsi que mon collègue et ami Potlosson de la fréquence. de la tuberculose osseuse et articulaire chez les vieillards; nombre d’entre eux n'ont jamais eu de manifestations antérieures Jusqu'à ce que se montrent les premiers signes d'une carie du pied ». Cest le cas de la malade de M. le Professeur Forgue : Madame B... est ménopausée depuis 6 ans el a loujours jouit d'une bonne santé, sauf quelques bronchites un peu lrainantes tous les hivers.

Au point de vue anatomo pathologique, on remarque que le calcanéum offre avec une fréquence manifeste des foyers complètement inclus dans sa masse. Grâce à ses dimensions, il peut contenir ainsi de véritables cavernes. D'autres fois, la lésion peut se présenter sous forme d'infiltration caséeuse qui crée dans l'épaisseur'du tissu lrabéculaire des nappes poreuses, blanches, craveuses, les couches sous-périostiques el le périoste luimême pouvant étre respectés. Peu à peu les faces latérales se perforent produisant des fistulisations interminables. Bien que fréquemment la lésion reste exclusivement calcanéenne et siège de préférence au niveau

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- de Pépiphyse postérieure, il arrive souvent que la maladie franchit les limites de l’os pour envahir les articulalions sous astragaliennes et, une fois là, &y cantonner ou se propager aux 0S VOISINS.

L'Evolution clinique n'offre pas de particularité assez accusée pour comporter une description bien originale, bien détaillée. I n'y a qu'à se reporter pour ce chapitre à l'observation ei-Jointe de M. le Professeur Forgue. qui est Caractéristique. La douleur constitue le premier symplôme, elle est extrêmement variable. Très intense dans quelque cas, elle peut en d'autres rares cireonstances faire complètement défaut. Habituellement, il s’agit d'une douleur sourde, modérée, pénible surtout pendant la marche qui peu à peu devient impossible. Cette douleur siège au talon, aux régions sous-malléolaires externes. La tuméfaction est constante, elle est parfois le premier signe révélateur de la lésion. Puis, si l’évolution est abandonnée à eile-même la péau qui est restée longtemps normale, bleuit, S'amineit et finit par s’ulcérer, laissant des fistules qui conduisent le stylet explorateur en pleines, fistules ne présentant aucune tendance à la cicatrisation.

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