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LES CONSTRUCTIONS OC LOUIS XII

Tel était l'ancien château fort; tels sont ses restes.

Le bâtiment à portique et à pignons en escalier, élevé par Charles d'Orléans, la salle des États, la tour du Foix et celle des Oublietles, voilà aujourd'hui tout ce qui atteste l'ancienne puissance des comtes de Blois, tout ce qui reste des constructions féodales antérieures au règne de Louis XII.

Cette part ainsi faite aux souvenirs purement archéologiques, et le terrain ainsi déblayé de tout ce qui, dans le châ-

mur. Au centre de celte fosse est creusé un puits. « C'était probablement, dit M. Viollct-lc-Duc, une tombe toujours ouverte pour les malheureux que l'on voulait faire disparaître à tout jamais. »

LE CHATEAU DE BLOiS.

teau, n'appartient pas à l'art moderne, nous décrirons avec plus de liberté ses deux belles parties, les seules qui, pour la masse des visiteurs, fient un véritable intérêt historique, celle de Louis XII et celle de François I er .

Nous agirons même à la manière des gourmets qui réservent les meilleurs morceaux pour la fin, et avant de passer â l'aile de François I*' r , nous visiterons de suite celle de Louis XII. Ce n'est pas, tant s'en faut, que ce curieux morceau d'architecture soit sans valeur. Il a, au contraire, aux yeux des amateurs, un mérite hors ligne; car il est, depuis la destruction du château de Gaillon et de l'ancienne cour des comptes, le plus grand spécimen encore debout de l'architecture de transition qui a retenu le nom de Louis XII. Le château de Meillant et l'hôtel de ville d'Orléans, qui appartiennent à la même époque, n'ont pas, à beaucoup près, l'importance et le mérite de cette belle construction, dont l'auteur n'est pas connu d'une manière certaine, mais qu'il est permis d'attribuer à Jean Joconde, l'architecte habituel de Louis XII.

C'est à l'orient de la cour principale, à la place môme du bâtiment où il était né, que ce prince éleva son palais. Une intelligente restauration vient de rendre à cette belle construction son éclat primitif : on peut aujourd'hui apprécier l'effet charmant que produisent, sur les deux faces de cette partie du châttau, la* combinaison de la brique et de la pierre, et surtout cette suite de losanges dessinées par les briques noires, sur le fond rouge du bâtiment. La pierre, dont la teinte blanche et mate fait ressortir ce fond éclatant, a été réservée pour le soubassement et les encadrements : la sobriété avec laquelle elle est employée ajoute au charme sévère de l'ensemble. La façade qui regarde la place peut paraître écrasée et trop longue par rapport à sa hauteur : ce caractère lui est commun avec présque toutes les constructions civiles

de la même époque 1 . Mais ce défaut, qui sautait aux yeux avant la restauration de cette façade, est devenu beaucoup moins sensible depuis qu'on a rendu à l'entablement le balcon de pierre ouvragée, détruit par le temps, qui le surmontait autrefois, et qui donne de la légèreté à l'édifice.

L'arcbitecte chargé de la restauration a restitué avec bonbeur tous les détails de cette curieuse façade : les balcons travaillés à jour, les cheminées de briques à couronnement de pierre, les petites lucarnes ouvertes à moitié de la hauteur du toit et ornées de plombs fleurdelisés, les écussons soutenus par des anges qui décorent les grandes lucarnes, et sur lesquels brillent les chiffres de Louis XII et d'Anne de Bretagne, les figurines délicates et naïvement indécentes qui soutiennent les retombées de l'encadrement des fenêtres. Deux de ces fenêtres sont précédées de balcons et forment, par leur enfoncement, des espèces de tribunes dont les parois latérales sont semées d'hermines et de fleurs de lis peintes *. Elbs ont sans doute fourni l'idée de cette suite d'arcades peintes qui font un si grand effet sur la façade extérieure de l'aile de François I er . La porte principale, avec ses colonnes engagées dont les fuis sont couverts de losanges renfermant des rosaces, avec la belle niche de style flamboyant qui la surmonte, toute resplendissante de son semis de fleurs de lis d'or sur champ d'azur, cette porte, en harmonie avec le caractère court et trapu du reste de l'édifice, est un morceau capital que les grands maîtres de la Renaissance ne désavoueraient pas.

Eh particulier avec l'hôtel de ville d'Orléans, dont on ne peut plus Apprécier le caradèiv, depuis qu'on l'a exhaussé par îles déblais et par un soubassement de plusieurs pieds qui n'était pas dans le plan primitif.

* C'est du premier balcon à gauebe, qui était celui de sa chambre â toucher, que Louis XII, selon la tradition, causait avec le cardinal d'Amboise, place à la fenêtre d'un hôtel voisin.

Cette niche, longtemps vide, digne enseigne de ce pa- j lais désert, contenait, avant la Révolution, nue statue de ( Louis XII. Le bon roi était représenté en costume de guerre, sur un cheval richement caparaçonné. Quatre vers de Fausto Andrclini, son poëte favori, étaient gravés en lettres d'or sur une plaque de marbre noir, inscrite dans la table qui forme le soubassement de la niche La date de 1498, placée au bas de ces vers, à la suite du nom de leur auteur, élait celle de l'avènement de Louis XII, et probablement aussi de la construction de cette aile du château : on a rétabli la statue, mais non les vers qu'on a remplacés par un porc-épic, accosté d'une L et d'un A surmontés d'une couronne royale*. Chacun sait que le porc-épic était l'emblème de la famille d'Orléans i on le retrouve sur le fronton de la petite porte, percée, selon l'usage, à côté de la grande.

On arrive à la cour par un passage voûté qui débouche sur une galerie à jour. Deux pavillons, formant avant-corps et renfermant chacun un escalier, encadrent cette galerie, dont

1 Voici ces vers :

Hic ubi nalus cral tlextro Lodoicus Olympo

Sumpsit honora là regia sceptra manu ; Félix quae tanti fulsit lux nuntia régis,

Gallia non alio principe digna fuit.

Favstvs. 1498.

Nous avons fait de ces vers médiocres la très-médiocre traduction que voici :

Ici, dans le lieu même où Dieu l'avait fait naître, Le bien-aime Louis prit le sceptre des rois : Heureux le jour qui vint annoncer un tel maître; La France méritait de vivre sous ses lois.

8 On suppose que la première statue, qui fut détruite en 05, était l'œuvre d'un sculpteur modénais, Guido Mazzoni, amené en France par Charles VIII. La statue actuelle est due à M. Sciure, qui l'a reproduite d'après un dessin conservé r.u Cabinet des estampes de la Bibliothèque impériale

les colonnes, alternativement rondeset quadrangulaires, sont revêtues, les unes delégantes arabesques, les autres d'un semis de fleurs de lis et d'hermines. C'était pour les courtisans un lieu de promenade à couvert, analogue pour la forme, et toute proportion gardée, aux galeries du Palais-Royal. Une vaste fresque, représentant la danse macabre, magnificence importée de l'Italie, garnissait le mur du fond. Des rois, des mendiants, des prêtres, des gens d'armes, des enfants, des vieillards, tous pêle-mêle, tournaient, entraînés dans une ronde immense, autour d'une impassible souveraine, la Mort, qui, froide et ricanante, étendait sur eux, au hasard, sa faux indifférente. Les solives, rehaussées d'or et de fleurs de lis, sur fond d'azur, se mariaient aux enluminures gothiques de cette grande page. Le tout formait un encadrement harmonieux aux toques de drap d'or, aux longues plumes, aux surcots de velours des courtisans, aux étroits corsages et aux robes traînantes des dames de la cour, aux hommes d'armes, aux bouffons, aux astrologues, aux pages tenant en laisse de grands lévriers, à tout ce cortège turbulent et affairé qui, sous tous les régimes et à toutes les époques, s'est appelé une cour, et qui, causant, médisant, querellant, attendait l'arrivée d'un ambassadeur, le réveil d'Anne de Bretagne, ou l'heure de la messe du roi Louis XII.

Le pavillon qu'on a à sa droite, en entrant, et qui renferme le grand escalier, mérite un examen particulier. Beaucoup plus élevé que l'aile qu'il termine, il est couronné, comme les tours féodales, par une riche galerie à jour, en forme de mâchicoulis. Un escalier de forme ronde tourne dans ce pavillon carré et se termine par une coupole dont les nervures viennent se fondre dans une couronne royale sculptée autour du noyau. On arrive, par cet escalier, à la galerie du premier étage, sur laquelle ouvraient les appartements du roi et

de la reine, tous éclairés sur l avant-cour 1 . La distribution quasi-etau^trale de ces appartements révèle une grande simplicité de mœurs. Cette naïve simplicité s'alliait à l'intérieur avec un luxe sérieux et solide dont il ne subsiste plus aucun vestige, et dont les restaurations qu'on médite ne donneront jamais qu'une idée imparfaite. Pour le moment, les tapisseries à personnages, les solives brillantes de peintures, les cheminées à écussons armoriés, les bahuts de chêne sculpté, chargés d'émaux etde riche vaisselle, ont fait place à la nudité, fille de l'abandon : aussi le visiteur quitterait-il vite cette aile de Louis XII, dont la restauration est à peine commencée à l'intérieur, s'il n'était retenu par un intérêt historique. II veut monter le petit escalier tournant qui mène à cette chambre des combles où, par les soins du grand prévôt de France, furent brûlés les corps du duc de Guise et de son frère. La déposition de Michel Marteau indique, en eflfet, d'une manière positive, que ce fut dans une chambre des combles, au-dessus du grand escalier de Louis XII, qu'eut lieu cette sinistre opération. C'est un fait qui, à Blois, est article de foi et qu'ont accueilli tous les écrivains modernes qui ont traité du château ou du meurtre des deux célèbres Lorrains.

Toutefois, pour ceux qui, comme l'auteur de ce livre, aiment à examiner les grands événements dans leurs petits détails et à se rendre compte exactement de ce qu'on peut appeler la mise en scène de l'histoire, ce point peut soulever plus d'un doute. On a bientôt fait d'écrire que les deux

' Ce sont ces appartements qu'habita le duc de Guise pendant les seconds Etats de Blois; c'est là qu'il passa, dans les bras de la belle Charlotte de Sauve, la nuit qui précéda sa mort. On lit dans la salle principale, sur la paroi de l'embrasure d'une croisée : Le me&credy xxiij décembre, le duc de Guisse morut de témérité.

corps furent brûlés et les cendres jetées ensuite dans la Ix)ire; mais il n'en va pas si aisément dans l'exécution. Deux cadavres ne se brûlent pas sans grand renfort de bois et de matières inflammables, sans beaucoup de fumée et d'odeur infecte. Comment imaginer qu'on ait choisi pour une telle o|)ération les combles du château, endroit plein de bois et de charpentes, et où la plus petite étincelle peut allumer un incendie? Même, en admettant que le faible Henri III fût inaccessible à ce sentiment qui \m\sse les criminels, une fois leur œuvre sinistre accomplie, à éloigner d eux tout ce qui peut rappeler leur victime, ce danger très-réel eut fait réfléchir les exécuteurs de ses ordres. (]es doutes que l'examen des lieux avait fait naître dans l'esprit de l'auteur, lors de sa première visite au château deBlois, ont été corroborés quand il a lu dans YEstoile le passage suivant (page 378 de l'édition IVtitot) : « Le soir de ce jour, les deux corps du duc et du cardinal de Guise furent mis en pièces, par le commandement du roi, en une mile basse du château, puis brûlés et mis en cendre, ji On peut objecter, il est vrai, que, d'après ce texte, les corps furent d'abord mis en pièces dans une salle basse, ce qui n'empêcherait pas, ainsi que l'affirment Marteau et plusieurs autres, qu'ils aient été ensuite brûlés dans les combles. Mais tout doute cessera devant le passage suivant, que nous extrayons textuellement de la relation de Miron, médecin de Henri III (page 345 de l'édition précitée) : n II (le duc de Guise) fut livré entre les mains de Richelieu, grand prévôt de France, lequel, par le commandement du roi, fit brûler le corps par son exécuteur, en cette premiwe salle, qui est en bas, à la main droite, entrant dans le château. »

Cette déposition si précise tranche, selon nous, toute difficulté. Ce serait donc dans la salle basse, qui passe pour avoir

servi de cuisine au temps de Louis XII, et qui est voûtée eu ogive et soutenue par de gros piliers de pierre, qu'auraient été brûlés les deux cadavres. 11 est inutile de faire remarquer combien ce lieu alors à demi-souterrain, et qui tire tout son jour de la place, était mieux approprié que les combles à ce funèbre office.

LE PALAIS DE FRANÇOIS I er . —COTÉ OE L'EXTÉRIEUR

Le château bâti par François I er écrase par l'abondance et la variété de ses ornements la naïve habitation de Louis XII. 11 produit, près de cette forte et sévère construction, l'effet d'une jeune mariée, couverte de guipures et de dentelles, près de la robe opulente, mais sérieuse et durable, de son aïeule.

C'est Louis XII cependant qui a jeté les fondations de l'aile de François I er . Mais ces fondations sortaient à peine de terre quand il mourut. Le plan adopté ne comportait alors qu'une seule façade, celle de la cour. François I er imagina d'accoler au bâtiment primitif un autre bâtiment moins profond qui double le premier et tire son jour de la place. Quand cette adjonction eut lieu, le puissant mur de. refend qui terminait la construction première et qui sépare aujourd'hui les deux cotés du bâtiment était déjà fort avancé, de sorte qu'il fallut y percer des portes qui permettent aujourd'hui d'en apprécier l'épaisseur. Trois ans suffirent, ce qu'on assure, au jeune vainqueur de Marignan, pour mener cette entreprise au point où nous la voyons aujourd'hui. Le projet du roi était d'ajouter deux autres ailes au château, qui eût ainsi formé un carré

parfait. Mais, pour l'exécution de ce plan colossal, l'argent manqua à François I er comme plus tard à Louis XIV pur Versailles. Le camp du Drap d'or et la guerre d'Italie avaient épuisé les finances. Dans les années qui suivirent, les catastrophes multipliées qui accablèrent la France : la perte du Milanais, la mort de Bayard, la bataille de Pavie, et finalement la captivité de Madrid, arrachèrent François à cette passion de la bâtisse, à cet amour de la truelle et de 1 equerre qui lui a été commune avec presque tous les grands souverains de notre pays. Quand il revint en 1526 de sa captivité, la tête pleine des féeriques constructions arabes et moresques, il rêvait déjà Chambord et négligea Blois, dans lequel pourtant avait été réuni l'argent de sa rançon. Le projet grandiose conçu en 1516, fut donc abandonné, et le château de Blois inachevé resta ce qu'on le voit aujourd'hui, un assemblage curieux mais incohérent de monuments d'âges et de styles divers.

Entre les deux façades de l'aile de François I er , celle de la place et celle de la cour, enlre le recio et le verso de cette grande page, le connaisseur hésite à prononcer ; celle qu'il voit la dernière lui semble toujours la plus belle. Bien que l'ordonnance de ces deux façades soit toute différente, bien que chacune ait un caractère et un mérite qui lui sont propres, il est impossible de ne pas trouver entre elles une coïncidence intime et comme un air de famille. Ce sont de ces sœurs jumelleschez lesquelles presque tous les traits diffèrent, mais qu'on n'en reconnaît pas moins sœurs à la première vue *. Il y a, répandus sur ces deux belles façades, une vie, un éclat, une exubérance juvénile qui décèlent leur commune

1 La façade extérieure parait toutefois postérieure de quelques années à celle de la cour.

origine. Tout au moins peut-on dire que ces grands inconnus, les modestes artistes indigènes qui ont doté leur pays de ces deux merveilles, ont tellement confondu leurs inspirations, qu'elles semblent aujourd'hui les jets simultanés d'un seul esprit. La Fontaine, qui visita Blois en 1663, se rendant à Limoges en compagnie de M. Jannart, substitut du procureur général, semble avoir donné la préférence au côté du château qui regarde la place : « Ce qu'a fait faire François I er , écrivaitil dans sa langue pleine de bonhomie, à le regarder du dehors, me contenta plus que tout le reste. 11 y a force petites galeries, petites fenêtres, petits balcons, petits ornements, sans régularité et sans ordre. Cela fait quelque chose de grand qui me plaît assez. » Mais, quand on lit avec attention cette lettre de la Fontaine à sa femme, on s'aperçoit que, selon toute probabilité, il n'est pas entré dans la cour du château. C'est donc seulement entre le pavillon de Gaston et la façade extérieure du palais de François I er qu'il entendait établir une comparaison. Ce n'est pas, remarquons-le en passant à l'honneur du bonhomme, ce n'est pas une médiocre preuve de goût et d'indépendance d'esprit que d'avoir, en 1663, à l'époque où Louis XIV commençait Versailles, préféré les petites galeries sans régularité de François I er aux belles lignes droites de Mansart.

Le château vu, comme le vit la Fontaine, du côté de la place, présente une élévation presque double de celle qu'il a du côté de la cour. Il se compose de trois étnges, dans la partie voisine de la salle des États, et de deux seulement dans celle qui touche à la tour des Oubliettes. Les appartements du roi, qui sont au second étage dans la cour, forment ici le troisième. Ces appartements et ceux de Catherine de Médicis, placés au-dessous, sont éclairés par de larges arcades, peintes et dorées à la manière italienne, sortes de loges ouvertes sur

la place. Ces loges, véritables boutloirs en plein air, produisent, vues ilen bas, un effet des plus pittoresques. Quatre d'entre elles sont précédées de balcons eu encorbellement qui se projettent d;ins le vide et rompent ainsi la monotonie de la ligne droite. Deux de ces balcons, ceux qui avoisinent la salle des Etals, forment le couronnement de deux tourelles à pans qu'éclairent de longues fenêtres cintrées. Ces fenêtres posent sur un cul -de-lampe en encorbelle- v ment, dans les plintbes duquel sont sculptés les travaux d'Hercule.

Le balcon le plus rapproché de la tour des Oubliettes porte un oratoire, dont l'effet n'est pas des plus heureux. II est douteux qu'il fût dans le plan premier de l'architecte, bien qu'il figure dans le dessin de du Cerceau publié en 1579.

L'attiquc de ce vaste bâtiment forme une galerie ou loggia peinte, soutenue par de petits pilastres. L'œil embrasse de là un horizon immense : au premier plan, l'église des Jésuites, où reposent le cœur de Gaston et celui de la Grande Mademoiselle, sa fille; au second, le joli bâtiment connu sous le nom de Bains de Catherine de Mêdicis, autrefois enclavé dans les jardins bas du château; dans le fond, les grandes allées et la vieille forêt de Blois. C'est derrière cette galerie que se trouve le corridor obscur sur lequel ouvraient les cellules de moines où Henri III avait enfermé les gardes chargés d'assassiner le duc de Guise.

Cette galerie peinte, avec ses gigantesques gargouilles de pierre et son pinacle central où brille une salamandre colossale, ces tribunes dorées où resplendissent l'emblème de François I er et les fleurs de lis sur fond d'azur, ces tourelles en encorbellement derrière lesquelles l'œil devine le lu\e sombre et royal de l'intérieur; tout cela forme un ensemble d'un goût et d'une richesse merveilleux et d'un caractère

plus italien que français, tout cela, comme dit la Fontaine, a l'ait quelque chose de grand qui plaît assez. »

Voilà sous quel aspect le château se présente au voyageur qui arrive à Blois par le chemin de fer. Cette haute façade, qui domine tout un coté de la ville, est la digne préface du livre splendide qu'il va parcourir.

Mais avant de pénétrer dans les appartements, il lui reste à examiner la façade opposée, celle de la cour.

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