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CHAPITRE III

Le colonel d'AndIau. — Causes de son hostilité contre le maréchal Bazaine. — Metz, campagne et négociations. — Une lettre du colonel d'Andlau. — Ses états de service. — Sa généalogie. — Son jugement sur la conduite du maréchal à Forbach. — Même jugement de M. de Rivière. — Pourquoi le maréchal ne pouvait pas quitter Saint-Avold.

Le colonel d'Andlau était, à la fin du siège de Metz, un de ceux qui ne demandaient que vingt mille braves, dix mille même au besoin, pour franchir les lignes prussiennes, et que l'armée appelait les troueurs. Il faisait partie de l'état-major du maréchal. Nous verrons plus tard quel était le véritable objectif de ces hommes héroïques. En attendant, voici le jugement qu'a porté l'officier général qui nous a donné déjà le portrait de M. de Rivière, sur ce personnage et sur son pamphlet. Ce jugement, j'en, ai reproduit une partie dans la Légende de Metz, Je tiens cette fois à le compléter :

Le colonel d'Andlau devait nécessairement haïr le ma-

réchal, non seulement par ambition déçue et par vanité blessée, mais aussi et surtout parce qu'il est, comme caractère, tout l'opposé du marécbal. La part si grande, si capitale qu'a eue le colonel d'Andlau dans la condamnation du maréchal Bazaine, impose une explication particulière des causes de sa conduite.

A celles qui viennent d'être données en général, la position du colonel d'Andlau, d'attaché à l'état-major du maréchal, en a ajouté deux autres toutes spéciales.

M. d'Andlau veut ardemment des grades et des honneurs, à la condition de ne rendre que les services qui lui sont agréables et d'avoir l'apparence des services pénibles, qui méritent grades et honneurs.

Il n'aime que le travail qui donne l'éclat, le renom ; il n'aime pas les fatigues, les privations, les dangers.

Il a reçu à Metz des reproches très vifs du général Jarras, chef d'état-major, pour sa paresse. Ces reproches, faits sans mesure, avaient été provoqués par une observation du maréchal au chef d'état-major qui, sans doute, ne l'a pas laissé ignorer au colonel d'Andlau, et ces reproches arrivaient au lieu et place du grade de général de brigade que le colonel d'Andlau venait de voir donner à deux colonels d'état-major, beaucoup plus capables et beaucoup plus dévoués au devoir que lui.

En outre, le colonel d'Andlau, intelligent, écrivain très exercé, parleur facile, avait été un des conférenciers du maréchal Niel [fen parlerai plus tard), et un des conférenciers les plus félicités. Son orgueil en avait beaucoup grandi et son ambition beaucoup espéré.

Tant d'autres conférenciers avaient dû à des travaux d'une médiocrité incontestable un avancement qu'ils n'auraient pas obtenu à d'autres titres !

Le maréchal, voyant la situation perdue et ne trouvant absolument aucune issue, avec sa modestie et sa simplicité si complètes, se dit que, peut-être, les idées qui

ne lui venaient pas, il les trouverait chez les officiers distingués de son état-major.

Il fit venir successivement les colonels d'Andlau et Fay, autre conférencier dont l'étude superficielle de la campagne de 4866 contribua puissamment à établir dans ^es esprits de notre infanterie l'hérésie qui lui a été si fatale. [V explication de cette hérésie viendra en son temps.)

Le maréchal, tout simplement, demanda à chacun d'eux s'il avait quelques idées. A ces questions, l'amourpropre aidant, les réponses abondèrent; mais le maréchal, avec son bon sens et sa supériorité, démoptra en quelques mots irréfutables la fausseté ou l'impossibilité de ces élucubrations. L'amour-propre des conférenciers fut profondément blessé. C'est cette blessure d'amourpropre qui est la cause du livre du colonel B'ay, dirigé contre le maréchal...

Après la Commune, le colonel d'Andlau, voyant que l'opinion publique, dévoyée par l'accusation lancée contre le maréchal, flottait, pensa judicieusement qu'il lui importait au plus haut point de ne pas la laisser tomber dans la vérité, sinon il était perdu et bien d'autres avec lui. Alors il fit paraître son livre : Metz, campagne et négociations, sous le voile prudent de l'anonyme. Il l'avait écrit à Hambourg, où il en donnait lecture tous les soirs à ses camarades de captivité, au fur et à mesure qu'il le faisait.

Ce livre est un chef-d'œuvre de révolutionnaire : hypocrisie, mensonge, insinuations, hypothèses sur l'intention, le tout habillé très convenablement d'un style facile.

Voilà l'œuvre ; et l'œuvre, à la honte de cette malheureuse époque, a pleinement atteint son but. C'est le livre qui, à lui tout seul, a préparé et assuré la condamnation du maréchal.

A la suite de ces documents concernant M. d'Andlau, le lecteur lira peut-être avec intérêt une lettre adressée par cet officier à un journaliste parisien.

La lettre est passablement longue, mais elle donne le dernier coup de pinceau au portrait du signataire, qui éprouvait le besoin d'une plume élégante et maligne pour le défendre contre les nombreuses attaques auxquelles il s'attendait au cours du procès de sa victime.

. La Vigne, par Cirey-sous-Vezouze, 25 septembre 1873.

Monsieur,

Je regrette de n'avoir pu vous répondre plus tôt ; mais appelé dans les Vosges par des affaires d'intérêt, j'en avais profité pour explorer dans un but stratégique les quelques montagnes que la guerre nous a laissées. Ignorant les directions que je suivrais, comme les gîtes d'étape où je m'arrêterais, il m'a été impossible de me faire suivre de mes lettres, et ce n'est qu'hier en revenant ici, que j'ai trouvé celle que vous m'avez fait l'honneur de m'adresser.

Je ne vois aucun inconvénient à vous donner les renseignements que vous me demandez ; mais permettez-moi de vous prier de faire le moins de bruit possible autour de mon nom, qui ne paraîtra que trop dans ce déplorable procès. Originaire de l'Alsace, à laquelle me rattachent tous mes souvenirs de famille, enfant de la Lorraine, comme vous le verrez tout à l'heure, je n'ai eu d'autre but que de faire connaître la vérité à ces deux provinces qui me sont si chères, en écrivant mon livre

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sur Metz, et fuyant toute idée de popularité ou d'ambition, j'ai eu soin, pour affirmer ma pensée, de me tenir, •depuis cette époque, dans la retraite absolue à laquelle me condamnait d'ailleurs un chagrin qui ne s'éteindra que le jour de la vengeance. Ceci dit, voici mes états de service.

D'Andlau (Joseph-Gardoin-Gaston), né à Nancy, le 1" janvier 1824.

Entré le cinquième à l'École militaire, en 1842, sorti le deuxième en 1844.

Passé à l'École d'état-major le troisième, sorti de cette école le 31 décembre 1846.

Stage de 1847 à 1848 au 40« de ligne, de 1849 à 1830 au 2^ chasseurs à cheval.

Capitaine d'état-major en octobre 1834.

^ Attaché à l'armée d'Orient à cette époque comme aide de camp du général Levaillant, commandant la 5® division, qui apporta le choléra à Gallipoli et y fut décimée en quelques jours. Cette division, où le maréchal Bazaine était alors colonel, n'arriva à Varna qu'à la fin d'août, et en Crimée que le 22 septembre, jour de l'ouverture du feu S pour prendre part à l'assaut sur lequel on comptait; elle fit partie dès ce jour du corps de siège et j'y restai jusqu'en février 1853, où je passai à l'étatmajor de la division Camou, du 2'' corps (Bosquet).

Au mois de mai, nommé aide de camp du général de Saint-Pol, commandant la f^ brigade de la division Dulac, 4° du 2^ corps.

1. II y a ici erreur matérielle. La bataille de l'Aima ayant été livrée le 20 septembre, les armées alliées ne pouvaient pas être en mesure, le 22, d'ouvrir le feu contre Sëbastopol et encore moins de donner l'assaut. L'ouverture du feu eut lieu le 17 octobre. Le maréchal n'était pas alors colonel, mais général de brigade.

Cité à Tordre de l'armée et décoré à la bataille du 7 juin (Mamelon-Vert).

A l'assaut de Sébastopol, cette brigade forma la tête de colonne contre le Petit-Redan ; son général y fut tué, ainsi que les deux colonels, tous les officiers supérieurs tués ou blessés, et j'y restai en tête des tranchées jusqu'au lendemain matin, avec les débris de la brigade.

Nommé alors à l'état-major général du 2^ corps, puis quatre jours après, aide de camp du général de Mac- Mahon, commandant en chef du 3e corps et de toutes les troupes du 2® corps, sur la Tchernaya et dans la vallée de Baïdar.

Blessé grièvement d'un coup de pied de cheval le jour de la revue ordonnée pour la conclusion de la paix, je rentrai en France avant le reste de l'armée, encore estropié.

Attaché en 1856 à la l""^ division de l'armée de Paris (Forey), en 18o9 nommé officier d'ordonnance de l'empereur, fis en cette qualité la campagne de 1859 et fus envoyé de Volta après Solférino pour rapporter à Paris les drapeaux pris à l'ennemi. Nommé alors chef d'escadron, je ne restai que quinze mois dans la maison militaire de l'empereur et fus nommé attaché à l'ambassade de Vienne en 1860.

En 1863, mis à la disposition des affaires étrangères et nommé commissaire pour la France, afin de conclure et signer à Belgrade un traité de délimitation entre les Serbes et les Turcs ; secrétaire de cette commission internationale et rédacteur du traité.

Nommé lieutenant-colonel en 1864 et rappelé en France de ma mission en Autriche (officier de la Légion d'honneur, 30 décembre 1861), nommé chef d'état-major de la division de cavalerie de Lyon, puis en 1866 chef d'état-major de la division d'infanterie de Noue à l'armée de Paris; en septembre 1867, chef d'état-major général

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de la 6« division militaire à Strasbourg, pour remplacer le lieutenant-colonel Stofïel. L'opposition de l'empereur et de M. Benedetti fit modifier cette destination. Le maréchal Niel m'attacha alors au dépôt de Ja guerre comme chef de la statistique des armées étrangères et du service des chemins de fer. (Tous les renseignements et travaux donnés par cette section n'ont absolument servi à rien, et cependant ils étaient aussi complets que possible.)

Détaché du ministère, en 1869, comme chef d'étatmajor de la division de cavalerie du camp de Châlons; nommé colonel le 14 août 1873*, puis envoyé au mois d'août en Allemagne, pour suivre les manœuvres du camp de Schweinfurth en Bavière, puis celles de l'armée wurtembergeoise dans la vallée du Néchar. Rentré ensuite au ministère, et fourni les rapports les plus détaillés sur cette mission. C'est là que la guerre m'a trouvé, et nommé d'abord sous-chef d'état-major général du 1°"^ corps (Mac-Mahon).

Je fus désigné pour être chef du service des opérations militaires au grand état-major général de l'armée. C'est en cette qualité que je suis resté à l'armée jusqu'à la capitulation.

Prisonnier à Hambourg, rentré en France le 20 mars 1871, nommé huit jours après chef d'état-major général des gardes nationales de Seine etSeine-et-Oise, relevé de ces fonctions immédiatement sur ma demande; nommé chef d'état-major de la division Lartigue à Cherbourg, mais ne pus rejoindre pour cause de maladie grave, et fus mis en disponibilité. Rappelé à l'activité au mois de novembre 1872, comme membre de la commission d'organisation de l'armée territoriale.

1. Il y a ici une erreur, mais je copie la lettre sur l'original lui-même. La date exacte est le 3 août 1869.

Voilà, Monsieur, ce qu'a été ma carrière jusqu'à ce jour; vous la connaissez tout entière et vous 'pourrez en extraire ce qui conviendra à votre article.

Maintenant, si vous voulez quelques détails sur ma famille, les voici :

La famille d'Andlau est l'une des plus anciennes d'Alsace; une ville, une rivière, une vallée, une forêt, portent son nom et il reste un vieux château, la ruine la mieux conservée d'Alsace, qui m'appartient encore. Les aînés portent depuis plus de trois siècles le titre de Fremier des quatre Chevaliers héréditaires de l'Empire d'Allemagne, par suite de l'organisation hiérarchique de Charles VI (pragmatique sanction). Mon grand-père portait encore ce titre, et j'y ai toujours droit, en ma qualité d'aîné de cette maison qui compte d'autres branches en Alsace et dans le pays de Bade.

Tous mes ancêtres ont suivi la carrière des armes depuis la réunion de l'Alsace à la France.

Mon arrière-grand-père avait fait toutes les guerres du xviii^ siècle ; il était lieutenant général des armées du Roi, et commandait l'armée de réserve dans la guerre de Sept Ans entre le pays de Liège et la rive gauche du Rhin. Son fils aîné avait été tué dans une bataille de cette même guerre, et lui-même mourut dans son commandement.

Par son mariage avec M^^^ de Polastron, il était allié à la maison de Deux-Ponts, qui monta plus tard sur le trône de Bavière, et aux Pohgnac, par eux aux Gramont de Guiche.

Son second fils, mon grand-père, d'abord cadet de marine, fut blessé à l'attaque de Port-Mahon et passa dans l'armée de terre après la mort de son père, et il devint colonel de Royal-Lorraine (dragons). Nommé ensuite ministre plénipotentiaire près des Pays-Bas, il fut nommé en 1814 lieutenant général honoraire. Il

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avait épousé M^^^ Helvetius, fille de l'auteur de VEsprit^ lequel était marié à M^^® de Ligniville, des grands chevaux de Lorraine, famille alliée à la maison de Lorraine, aujourd'hui d'Autriche. M. et M°^® d'Andlau, proches parents des Polignac, faisaient partie de la société intime de la reine Marie-Antoinette, et leurs noms se retrouvent à chaque instant dans les mémoires du temps. L'autre fille de M. Helvetius avait épousé le marquis de Mun.

Mon père s'engagea à dix-huit ans en \ 799 et débuta par la campagne de Marengo; il commandait comme lieutenant-colonel un escadron de gardes d'honneur en 1813 et 4814. Il passa aux gardes du corps en4814 et formaen 181 8, €omme colonel, le 3^ cuirassiers (d'Angoulême). Nommé maréchal de camp en 4825, il fut élevé à la pairie deux ans plus tard. En 1830, il fut mis en disponibilité et ne voulut plus servir. Il s'était marié à M"^ d'Hennezel, d'une vieille famille lorraine.

Mon oncle était lieutenant aux gardes du corps, avec le grade de maréchal de camp; il avait débuté comme sous-lieutenant en 4844. Son petit-fîls sert en ce moment comme sous-offîcier au 9® hussards.

Une de mes arrière-grand'tantes avait épousé Le maréchal du Bourg, et la sœur de mon grand-père était la maréchale de Goigny.

L'une de mes sœurs a épousé le général de Chanaleilles, qui était comme moi à Metz et qui fut blessé au combat du 6 octobre, dans le château de Ladonchamps.

Par les sœurs de mon père, je suis allié aujourd'hui aux d'Orglandes, aux Chateaubriand, aux Champagne, aux d'Armaillé, aux Beaufort, aux d'Espeuilles, aux Mac-Mahon, aux Bernis, aux Balleroy, aux Chaumont- Quittry, aux Carayon-Latour, etc., etc., etc.

En voilà assez, je peux même dire trop, et vous penserez sans doute comme moi. Monsieur; mais puisez ce

que vous voudrez et faites de tous ces détails tel usage qu'il vous plaira. En échange de ma bonne volonté, je vous demanderai de me défendre de votre plume élégante et maligne contre les nombreuses attaques auxquelles je m'attends dans le cours du procès. Le courage que j'ai eu de dire la vérité m'a fait de nombreux ennemis; mais, heureusement, il m'a valu aussi de nombreux défenseurs, et je serais bien heureux de vous compter parmi eux. J'ai cru faire mon devoir et je ne m'en repens pas; ce serait à recommencer, que j'agirais de même.

Veuillez recevoir. Monsieur, l'assurance de mes sentiments les plus distingués.

Comte d'Andlau,

Colonel d'état-major.

Il faut lire comment il juge la conduite du maréchal pendant la bataille de Forbach :

Au premier moment d'irritation que produisit la nouvelle de ce désastre, la conduite du maréchal Bazaine, son inaction, celle de ses troupes furent très sérieusement critiquées : les uns voulurent y voir une preuve d'hostilité ou de jalousie contre le général Frossard, une suite de sa mauvaise humeur; les autres crurent à une sorte de rancune contre le chef de l'État ; les soupçons allèrent plus loin encore et l'on pourrait citer tel grand personnage du grand quartier impérial, qui s'écria devant plusieurs témoins : « C'est à croire que Bazaine trahit!... » Il est juste d'ajouter qu'il trouva de nombreux défenseurs ; ces accusations furent hautement repoussées et la faute fut rejetée en partie sur quelques-uns de ses généraux dont on accusa l'indécision, en partie sur le quartier général qui n'avait rien prévu, ni pris aucune

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disposition en vue d'événements imminents. Son absence du lieu du combat, qui fut un malheur, n'était que la conséquence de ces commandements mal définis qu'on venait d'inaugurer. Considérant comme illusoires les pouvoirs qu'on lui avait donnés et habitué à n'agir que sur des ordres directs de Metz, le maréchal ne prit pas la direction générale, comme il aurait dû le faire ; son coup d'œil et son expérience auraient facilement embrassé ce théâtre restreint, il aurait pu redresser les fautes, peut-être les réparer. Voilà ce qu'il faut regretter, sinon lui reprocher.

M. de Rivière, qui suit M. d'Andlau comme un bon chien son berger, et pour cause — il se perdrait, — ne lui emprunte pourtant aucune de ses circonlocutions et résume ainsi son historique de la journée :

En résumé, en ne donnant pas en temps utile des ordres aux troupes placées sous ses commandements, en restant éloigné du champ de bataille et par conséquent dans l'impossibilité de diriger le combat, en n'indiquant pas de point de ralliement à ses troupes, le maréchal Bazaine a pleinement assumé la responsabilité de la perte de la bataille de Spickeren, du désordre qui marqua les journées suivantes, du découragement profond qui en résulta pour nos troupes et de l'exaltation extraordinaire que ces événements inspirèrent à l'ennemi.

Le maréchal Bazaine ne pouvait pas, de sa personne, quitter Saint-Avold sans l'autorisation de l'empereur :

1° Parce que ce point, situé à six lieues seule-

ment de Sarrelouis et tout près de la frontière, nécessitait d'autant plus une extrême vigilance, que les approches de cette position, du côté précisément de cette frontière, sont couvertes par une épaisse forêt, propre à dissimuler les mouvements de l'ennemi;

2° Parce qu'il y était au centre de ses trois corps d'armée;

3° Parce que le grand quartier général les commandait toujours;

4° Parce que si Saint-Avold avait été enlevé, c'en eût été fait de la gauche de l'armée et des immenses approvisionnements accumulés, trop tard, par l'Intendance à Sarreguemines ainsi qu'à Forhach; ce qui avait empêché l'offensive que l'empereur voulait prendre au début des hostilités, au moins pour une bonne part.

Le général Frossard devait suffire seul à nous faire perdre nos magasins.

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