‹ Les responsabilités de l'année terribleChapitre 46 sur 66 · DEUXIEME LETTRE · texte numérisé non relu

DEUXIEME LETTRE

Monsieur le maréchal,

Je crois utile de faire connaître à Votre Excellence que, depuis les grades les plus élevés jusqu'aux grades inférieurs, chacun dit : Nous n'avons qu'un bien faible espoir de voir la percée réussir, et dans le cas où elle aura un succès relatif de trouée, une débâcle, je ne trouve pas de mot plus fort, s'ensuivra après. Si ce mouvement échoue, les conditions deviennent plus dures pour tous. Quoi qu'il arrive, Metz sera prise aussitôt notredépart, si elle ne se rend pas, ce qu'elle fera aussitôt, le bruit en court déjà.

Ne pas tenter une folie héroïque. Garder à tout prix ces soldats qui ont donné tant de preuves de dévouement et qui ont mieux à faire que de mourir pour de vaines glorioles.

On n'a pas percé à Sedan, on ne percera pas à Paris, pourquoi le faire aujourd'hui ici, lorsqu'une armée travaille depuis deux mois à nous enfermer de plus en plus, et lorsque la nôtre réduite à soixante-dix mille combattants au maximum, est fatiguée, épuisée, désorganisée?

Que Dieu inspire Votre Excellence. Si l'on perce, dans trois jours il y aura une armée de moins et un peu de gloire de plus. L'un ne compense pas l'autre. L'armée

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peut sauver notre malheureux pays, la gloire ne peut lui être utile avec de tels ennemis.

Un de vos plus dévoués et fidèles subordonnés.

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