X PREFACE
n'ait pas produit l'effet que j'étais en droit d'en attendre.
Je n'en suis pas moins le premier écrivain qui n'a pas accepté comme définitif le jugement rendu contre le maréchal, et l'article d'un écrivain aussi consciencieux et d'une aussi grande autorité que M. Magnard m'a déterminé à en faire l'objet d'un examen plus minutieux encore.
J'ai pris le rapport dii général de Rivière, le réquisitoire du général Pourcet, j'ai suivi pas à pas leurs principales accusations et, m'appuyant de documents inédits ou négligés par la défense, que le maréchal m'a remis peu de temps avant sa mort, je crois n'en avoir laissé debout rien qui vaille la peine d'être discuté.
Je n'ai pas tout approfondi. Je ne le pouvais guère. L'historien contemporain ne jouit pas des immunités de celui qui écrit sur des tombes bien closes. On ne s'improvise pas postérité; on doit se borner à fournir à celle-ci les matériaux des jugements qu'elle sera appelée à rendre sans appel, et à poser les jalons du chemin qu'elle aura à suivre pour qu'ils soient fondés en droit comme en raison. La tâche était suffisante et je me suis efforcé de la remplir de mon mieux.
En intitulant ce livre : les Responsabilités de r Année terrible, je n'ai pas eu l'intention de les