PARADIS ET ENFER DES CHRÉTIENS
Nous éclairons, mais nous n’inccndions pa«.
Dkschkveadx-Duméxu .
La plus haute béatitude des élus est de voir, d'aimer et de posséder leur Dieu.
Saisi d’un sentiment de haute vénération, nous allons écarter les voiles mystérieux qui masquent aux yeux de l’humanité déchue les splendides réalités du paradis et les sombres horreurs de l’enfer. Dans un semblable sujet, toute hardiesse
de l’imagination doit être considérée comme un sacrilège, et l’on ne doit tirer ses renseignements que des livres saints ou des immortels écrits laissés par les pères de l’Eglise et les docteurs; il faut être érudit et avoir passé de longues nuits à compulser les innombrables ouvrages qui peuplaient les bibliothèques des monastères, et qui ravissaient par avance l’esprit de leurs saints habitants aux vanités du monde, pour les transporter exlatiquement dans les tabernacles éternels.
Nous adressant à nos bien-aimés lecteurs, nous leur dirons, dans un transport d’enthousiasme : Sursum corda ! Elevons nos cœurs vers le ciel ! car, pour goûter les vérités du catholicisme, la raison est inutile, la science est impuissante; il faut le cœur, celte lyre intérieure qu’un souffle d’amour fait mélodieusement vibrer dans la blanche et délicate poitrine d’une femme.
Nous croyons sincèrement à l’existence des esprits, car nous pensons, avec saint Thomasf/'tÿue l’homme étant composé de corps et d’esprit, il faut qu’il y ait des esprits sans corps, puisque nous voyons dans la nature des corps sans esprit. Le grand Platon, que l’antiquité regardait comme
un dieu à cause des sublimes conceptions de sa haute intelligence, parle souvent des esprits et des démons. Aristote reconnaît que les cercles célestes reçoivent leur mouvement des esprits qui les habitent.
Mais nous sommes peut-être semblables à ce savant devenu fou, qui pâlissait sur ses instruments de physique dans le but de donner une plus éclatante lumière au soleil, et nos lecteurs, tous avancés dans la voie spirituelle qui monte au ciel, n’ont pas plus besoin d’arguments empruntés à la raison pour croire aux anges, que le soleil n’a besoin de la clarté empruntée à la chimie pour répandre sur le monde les flots éblouissants de sa lumière.
Chrétien de nom, de sang, de baptême et de science, il est inutile de prévenir nos lecteurs que nous nous rattachons, par toutes les libres de notre cœur, à la tradition catholique, en sorte que la description que nous allons donner du ciel et de l’enfer chrétien est le résumé des ^Çpyances chéries de notre âme.
Dans l 'Eternité dévoilée, nous nous sommes très-étendu sur la nature des anges et des esprits
diaboliques. Nous ne pouvons mieux faire que de résumer en peu de mots ce que nous avons écrit sur ce sujet, et passer rapidement à la question qui est l’objet principal de ce livre, l’état des ressuscités. 11 y a pour toutes les intelligences supérieures, un charme extrême à rejeter de sa pensée et de son cœur les préoccupations vaines et les soucis de ce monde, et à soulever son esprit jusqu’à la contemplation des réalités de la vie future, par le commerce intime et la lecture des ouvrages inspirés par l’esprit de Dieu aux saints génies auxquels la foi a dédié des églises, et au front desquels Rome a inis la glorieuse auréole de la sainteté.
Recherchons, s’écrie saint Bernard, les choses recherchables, et premièrement proclamons que les esprits éthérés sont heureux, puissants, glorieux, distincts en personnes, disposés en dignité, stables en leur ordre, créés dès le commencement, parfaits en leur genre, perpétuels en immortalité, purs de pensée, pleins d’amour et de concorde, inviolables, enfin dévoués au service et à la louange de Dieu.
il est extrêmement aisé de se faire l’idée des
AU CIEL Et 1>ANS L’ENFER. 137
facultés (les anges, quârid on a eu le bonheur de magnétiser une. somnambule lucide; car, dans le sommeil magnétique, l’âme, cet ange intérieur, se dégage du corps et manifeste les admirables facultés que la théologie reconnaît aux anges, qui, semblables à des armées de soleils vivants, entourent le trône de l’éternel.
Les anges, comme les magnétiseurs avec leurs somnambules, conversent entre eux sans le secours grossier d’une parole matérielle et articulée, car la pensée fluidifiée se transmet sans gestes ni sons.
La science des anges est en raison de la lumière qu’ils possèdent; comme les somnambules et les extatiques, ils savent par l’inspiration de l’esprit divin qui les éclaire; en sorte que, pour être d’accord avec l’étymologie (lux, lumière), nous sommes forcé de proclamer que leursaewce n’est que de la lucidité.
Les anges sont doués de cette puissance redoutable qui soumet la matière et tout ce qui est corporel aux substances spirituelles; tous les corps obéissent aux anges comme nos membres obéissent à notre volonté. Plus rapides que la pensée.
ils peuvent se transporter d'un bout de l’univers à l’autre; ils devancent l’éclair parcourant l’espace de son vol électrique. Étant immatériels, ils peuvent se loger dans un bloc de marbre aussi bien que dans l’air le plus subtil.
Ces vertus que nous venons de proclamer paraîtront singulièrement étranges à celte foule de jeunes fats et de rationalistes caducs, qui se préoccupent beaucoup du soin de leur toilette et de réussir dans le monde, mais qui sont très-peu amateurs des choses éternelles. Mais tout esprit qui, averti, parles chars funèbres qui montent le chemin des cimetières de Paris, qu’il faut mourir, a lâché, à l’aide du magnétisme, d’étudier les mystérieux ressorts de la nature humaine, et de constater les facultés surnaturelles de l'âme, nonseulement croira à tout ce que nous proclamous, mais, comme un célèbre magnétiseur, pensera qu’un mois d’étude magnétique avec yn sujet lucide démontre l’incontestable réalité de ce que nous relatons dans nos ouvrages, où nous ne sommes que l’écba des saints et immorlels génies qui nous ont devancé dans l’étude des destinées éternelles.
ifeaint Denis l'aréopagiste, l’apôtre inspiré de la France, le disciple aimé de saint Paul, qui l’avait converti au christianisme, a publié, sous le litre de Hiérarchie céleste , un ouvrage éminemment curieux, et que, dans les temps de foi, il n’étail pas permis d’ignorer. Ce livre contient le récit, fait par les lèvres aimées de son maître saint Paul, de tout ce qu’il a vu lorsque, ravi en extase au Ciel, il a eu le bonheur de contempler Dieu, et de jouir des béatitudes réservées par Dieu à ses élus.
Nous ferons une analyse très-brève de cet ouvrage, car nous avons déjà traité amplement ce sujet dans un autre ouvrage, et bien qu’un homme de génie ait dit que, de tontes les figures de rhétorique, la plus persuasive était la répétition, nous ne nous répétons que lorsque nous y sommes forcé pour remémorer nos doctrines dans l’esprit de nos anciens lecteurs, et en donner un aperçu trèsrapide à ceux qui, nouveaux venus, ont besoin de connaître les bases fondamentales sur lesquelles repose l’immortelle édifice des croyances catholiques.
La hiérarchie céleste se compose de neuf or-