I.ES HESSrsCITÊS
dans le paradis il y ait des plaisirs sans fin, ils comptent pour rien tout 1»; reste, en comparaison du bonheur d'être unis à leur Dieu. »
l'n autre écrivain mahométan s’écrie dans un moment d’exlase : « Sans vous el sans le doux éclat de voire infinie beauté, ù mon Dieu ! le paradis n’aurait rien de désirable pour mon cœur, qui a soif de s’unir à vous. »
Bien que dans le paradis de Mahomet on boive, on mange, et l’on s’unisse à des femmes plus blanches et plus agréables que sur la terre, on ne peut cependant s’empêcher d’admirer les soupirs d’amour que les contemplatifs, si nombreux en Orient, poussent vers le bien-aimé de leur âme, qui est Dion. Mahomet, ayant à révéler le paradis à des hommes grossiers, s’est particulièrement efforcé de les fanatiser, en leur montrant derrière la mort des jardins de délices, avec des vierges aux doux yeux pour compagnes, et en leur disant : « Faites la guerre à ceux qui ne croient pas en Dieu el qui ne professent pas les croyances de scs vérités. Dieu réserve au prophète et à ceux qui ont cru avec lui cl ont combattu avec leur bien el leur personne, dans le sen-
AU Cl K L ET DANS L'ENFER.
lier de Dieu, Unis les biens, et ils seront les bienheureux durant l'éternité. »
Il y a un très-beau passage dans le Coran, dont nous présenterons le sens moral en terminant ce ch^ilre; le morceau est tiré de l’épisode de Joseph et de Putiphar :
« Les femmes de la ville racontaient l’aventure en disant : « La femme de Unis a eu des vues « sur un jeune hominequi l'a rendue follede lui; « nous trouvons qu’elle est dans une fausse voie « manifeste. » Lorsque la femme de Lazis (en hébreu Putiphar) eut entendu ces propos, elle envoya des invitations à ces femmes, prépara un banquet, et donna à chacune d’elles un couteau ; pijis elle ordonna à Joseph de paraître. Dès qu’elles l’aperçurent, elles se mirent à s’extasier' sur lui, et se coupaient les doigts, par distraction , à la place des oranges qu’elle leur avait fait servir, s'écriant : « Dieu nous garde! ce n’est pas « une créature humaine, c’est un ange ravis- « sant! »
Cet admirable passage nous rappelle ce proverbe indien qui dit : « Il ne faut pas frapper une femme, même avec une fleur; » et ce mot de
Jésus : « One celui qui est saus péché lui jette la première pierre; » car il y a dans l'ardente ferveur d'une femme qui aime un parfum qui s’échappe de son cœur agité par le vent de la passion, semblable à celui qui sort de l’urne d'argent des encensoirs balancés, et moule vers l’Éternel; un jour, comme ces femmes dont parle le Coran, elles s’éprendront de l’idéal divin qui est en Dieu, et les dents des bêtes du cirque, les ongles de fer de la torture, déchireront à l’envi leur chair saignante; elles souriront avec amour au martyre, abîmées dans la contemplation de l’idéale splendeur de la tète divine de Jésus, le fiancé bienaimé de leur cœur.