LES KE5SUSCITÉS
qui pensent, croient et aiment sous la voûte bleue du firmament ; car les vérités dont nous nous faisons aujourd'hui l’écho, révélées par les révélateurs, enseignées par toutes les religions, sont aperçues par toute âme qui, s’éveillant à la lumière, à la liberté, à la vie, coûtent pie avec béatitude l’indicible magie des ineffables splendeurs de l’éternité!
initiation aux mystères de la vie
Félix qui poluit reruni cognosccre causas.
« Heureux celui qui a pu connaître les causes des choses. »
Virgile.
La raison est la l'acuité du cerveau qui Tait passer l'esprit du connu à l'inconnu, à l'aide d’un terme de comparaison.
L’homme qui seul son âme animée de l’esprit de son Dieu, son cœur enflammé du grand amour de l’humanité souffrante, son intelligence douée de la vue supérieure, d’une intuition divine, doit correspondre à cette grâce céleste qui agit en
20 LES RESSUSCITAS
lui en jetant aux quatre vents du ciel la semeuee féconde de la vérité éternelle. Celui dont lame, animée du feu sacré de l’esprit, a pénétré dans le monde des causes et en a compris les mystères les plus cachés est eu droit de dire que, semblable aux deux élus de Dieu, Enoch et Élie, il est monté au ciel et qu’il est descendu aux enfers, comme ces trois héros des temps anciens, Orphée, Hercule et Thésée; mais il existe pour lui le devoir de se faire l’apôtre de celle haute et divine philosophie qui ouvre à l’homme les portes du temple de la sagesse, dépose la vérité en son cerveau, l'amour en sa poitrine, la grâce de Ponction sur ses lèvres.
Persuadé de P incomparable béatitude que goûte l’âme dans la connaissance des mystères les plus sacrés de la nature, nous emmenons de nouveau nos frères bieu-aimés sur la cime lumi neuse de ce nouveau Siuaï, où souille le vent des grandes idées et des inspirations sublimes. Là, extasiés, transportés, ravis, surhiunanisés par l’esprit de Dieu venant eu eux les éclairer de sa lumière, ils diront avec le l'salmislc : « Bienheuheureux sont ceux que le Seigneur instruit. »
Dans les temps de loi, l’on pose en principe que c’est par une grâce spéciale de Dieu que l’intelligence peut arracher le voile de mystère répandu sur les créations, comprendre les arcanes les plus cachés de la nature et contempler les ressorts vivants qui composent le mécanisme secret de l’organisme humain. Dans les temps de doute, où l'astre de la foi est obscurci, on proclame hautement la souveraineté de la raison, et l’on traîne d’une main sacrilège les croyances les plus saintes devant son tribunal. Il est vrai que les adeptes les plus fanatiques du rationalisme vénèrent en la raison une divinité qui leur est lolalcment inconnue. Venant au secours de leur débilité intellectuelle, nous allons leur donner la définition la plus logiquement vraie de la raison.
La raison est tout simplement la faculté du cerveau qui fait passer l’esprit du connu à l’inconnu, à I aide d’un terme de comparaison . C’est, il faut l’avouer, une déesse de récente origine.
Christophe Colomb, depuis longtemps l’azur du ciel sur sa tôle, les vagues sous la proue de son navire, voguait vers l’Amérique, qui
n 'existait alors, à l'étal de réalité, que pour son génie. Le découragement. était à son comble.
Toula coup, à la cime des flots, parait une branche d’arbre verte ; à celte vue l'espérance revienl an cœur des matelots, car cette branche qu’ils ont sous les yeux lait croire leur raison à l’existence d’une terre rapprochée. Si les compagnons de Colomb n’avaient pas connu les arbres et su qu’ils poussaient en terre, cette branche, malgré la souveraineté et les lumières de leur raison, n’aurait pas fait passer leur esprit à la connaissance d’une terre encore invisible pour leurs yeux.
Semblable à ce navire, nous avons livré nos voiles au vent pour aller visiter la terre de vérité. Le découragement est descendu en nous ; mais un jour les actes surnaturels de vision, opérés par un somnambule, ont fait croire notre raison à l’existence de l’âme, et nous ont rendu l’apôtre passionné du christianisme, en nous persuadant que les fous, selon la science et selon le monde, sont les sages selon Dieu.
La science, connaissant déjà un grand nombre des lois de la nature, peut arriver par les seules
DigitizecU
lumières de la raison et de l’observation à la découverte des lois du inonde naturel qui lui sont encore inconnues; mais là s’arrête l’empire du rationalisme scientifique ; car, ne connaissant pas les réalités du mondesnrnalurel, dont il n’admet pas même l’existence, il cherche vainement dans le domaine des sciences naturelles un rapport avec le surnaturel, qui est l’essence et la vie de toutes les religions, et il ne l’v trouve pas. Alors, découragé de cette inutile recherche, il repousse les dogmes comme des chimères étranges, inventées par une imagination en délire, semblable au débauché crapuleux qui, ne connaissant que les caresses vénales des filles dégradées, ne croit pas à l’idéale pureté de l’amour de sa jeune épouse, dont il sentceperidanl le cœur battre tendrement sur le sien.
Nous venons donc faire connaître les lois du monde surnaturel : la raison y trouvera des analogies avec les enseignements du dogme religieux, et. elle en reconnaîtra l'incontestable vé-, rite. Alors elle prosternera son front dans la poussière et adorera Dieu avec foi et amour.
L’enseignement ihéologique des séminaires
flétrit en principe la raison et les passions comme la source de l’incroyance moderne. Aussi les supérieurs ecclésiastiques s’efforcent d’éteindre la lumière de la raison et le feu des passions chez les élèves qui leur sont confiés, et qui se destinent à la sublime carrière du sacerdoce.
Pour nous, pénétré de ce mol de saint Paul, « que votre foi soit raisonnable, » nous allons nous servir de la raison et des passions comme d’ailes puissantes pour faire monter l’âme jusqu'au trône de la vérité éternelle. Nous ne venons pas contester la réalité d’un seul des enseignements du catholicisme, car, si celui qui nie une seule des croyances du christianisme est un misérable dangereux, celui qui les enseigne sera grand dans le royaume des cicux durant l’éternité des siècles.
Moïse, qui non-seulement avait puisé dans l’initiation aux mystères de l’antique Égypte les sciences sacerdotales, mais de plus qui y avait .reçu ce souffle de lumière qui dégage l’âme de l’enveloppe périssable des sens, et lui permet, en cet étal, de parcourir l’espace et le temps, et de contempler llien dans l’extase et le ravisse-
ment, nous fait ainsi assister à la création de l’homme par le Tout-Puissant.
Dieu, selon lui, ayant pris un peu de limon, le pétrit et en façonna le corps de l’homme; puis il créa en ce corps une âme immortelle de la nature des anges. Alors la lumière, cette première création du Verbe de Dieu, qui, dans le plan du divin architecte de l’univers, a pour mission d’être la vie des astres, des plantes et des animaux, se répandit en lui; alors le regard brilla en son œil, le sourire anima gracieusement ses lèvres, son cœur battit, et il parcourut le paradis terrestre, dont Dieu l’avait créé souverain seigneur et maître. Mais bientôt le péché originel, en dégradant l’homme, altéra sa vie, et son corps devint mortel en se matérialisant. Les rationalistes n’admettent pas cette déchéance, et n’ont jamais pu donner l’explication du mystère de la vie et de la mort.
Il y a donc trois parties en l'homme : l’âme, que Dieu crée en chaque enfant à l’instant de sq naissance, d’une substance simple, c’est-à-dire incorruptible et immatérielle; le corps, substance qui a été animalisée par le péché originel
(cette vérité d’une dégradation originelle de l’humanité se trouve contenue étymologiquement dans ce mol péché, dont la racine est pecus, qui signifie troupeau de hèles), et qui est sujette à tous les maux inhérents à la matière, qui sont la décomposition, la corruption, la maladie et la mort; enfin, l’esprit de vie, dont la tradition nous enseignera les nombreuses propriétés.
Parmi les écrivains qui se sont occupés philosophiquement des fins dernières de l’homme, les uns, les mystiques, ne voient en l’homme que Pâme, croient à sa préexistence cl pensent qu’au sortir du corps elle va habiter d’autres planètes ou animer d’autres hommes; les autres, les panthéistes, ne voient en l’homme que la vie, et pensent qu’elle va se perdre après la mort dans l’océan de la vie universel le qu'il s nommentDieu ; d'autres enfin, les matérialistes, croient que tout en l'homme est matière, êl que l’homme mort se transforme en fumier, pour engraisser la terre. Cette dernière doctrine, plus abjecte que les deux autres, tend à faire de l’homme un tube digestif percé aux deux bouts ; pour nous, qui proclamons la résurrection de l’Homme, corps, âme et es-
Al ÇIF.I. ET MNS L'ENFER, prit de vie, nous verserions tout le sang qui coule en pourpre passionnée dans nos veines pour laver la fange dont l’incroyance a souillé l’homme, celle image de- Dieu.
De souffle lumineux de la vie a pour mission jfci-bas d’animer les globes qui peuplent l’éther, " de lès enchaîner les uns aux autres par les liens attractifs d’une solidarité respective, et de répandre sur chacun d’eux la splendeur inépuisable de la lumière, du mouvement, de la beauté, (l’est l’esprit de vie qui, s’incarnant dans le sein de la terre, la rend féconde, développe les germes qui y sont déposés, leur donne la force de percer le sol, de s’élever, de se couvrir de feuilles, de fleurs, de fruits; après avoir, sous le nom de sève, animé les plantes, sous le nom de sang il devient la vie des animaux, développe leurs membres, fait croître leur taille et les unit par la solidarité d’un instinct immuable. Écartant d’une main croyante ce voile qui cache’ aux yeux de tous les opérations mystérieuses de la vie en l’homme, nous allons déterminer le rôle de l’électricité vitale dans le mécanisme de la pensée, dans les vibrations passionnelles du sentiment.
en le considérant comme force créatrice et génératrice. Quand à .la fin du siècle dernier les croyances religieuses se retirèrent du cœur des peuples, elles y laissèrent un vide infini ; le front"^ de l’homme devint sombre, son regard sans inspiration, son sourire sans amour. (”esl que la foi en la vérité est la vie divine, qui fait rayonner sur ses traits les éblouissantes splendeurs de la beauté éternelle qui est Dieu, en éclairant son intelligence et en embrasant son cœur du grand amour de l’humanité souffrante, qui enfante les héros et les saints.
L’esprit de vie est l’essence qui individualise les hommes entre eux : l’homme physique, l’homme moral, l’homme intellectuel, est contenu réellement et en vérité sous la moindre parcelle de celte quintessence vitale, en sorte qu’un vêlement porté ou un objet touché par un individu est imprégné de la vertu qui lui est spécialement propre. Aussi l’amour, cette piété du cœur, porte, nattés en bracelet ou encadrés dans un médaillon, les cheveux d’un être chéri, car, dans son intuition, il sent la présence réelle de la personne sur la tête de laquelle ils ont été
' Al CIEL ET DANS L’ENFEU. 29
coupés. La religion catholique conserve pieusement enchâssés dans l’or et les pierreries les ossements des saints, sachant parfaitement qu’ils résident en esprit et eu vérité dans ces reliques qui ont conservé la vertu curative qui leur était propre durant leur vie. Enfin, pour le somuaiu- • bule, la présenee'du consultant peut être remplacée par un objet qu’il aura louché : une mèche de ses cheveux, un fragment de ses vêtements.
•* L’esprit de vie, qui est devenu essence vitale, est modifié par tous les milieux où il réside, et lait subir à l’organisme toutes les modifications qu’il a subies. En conséquence, le germe contient une fraction de toutes les parties de la plante ou de l’arbre auquel il a été arraché, et il le reproduira dans sa parfaite intégrité, à moins qu’il n’ait été modifié par la terre qui l’a reçu. Celle loi s’applique au règne animal et à la race humaine : les parents transmettent à leur descendance leur individualité avec les altérations subies ou les perfeclionnemcnts acquis; car les enfants sont la chair de la chair de leurs parents, le sang de leur sang, les os de leurs os; ils ont la forme de leurs membres, la structure
de leurs traits, la lumière de leurs yeux, la grâce de leurs lèvres: en un mot, ou se survit en sa postérité.
Une des plus incontestables propriétés de l'esprit de vie, c’est la puissance génératrice; il développe, fortilie, vivifie toutes les parties de l’organisme où il porte la vi<? et où il est conduit par le mouvement, car, source de la fora* et de l’activité physiques, sa présence est nécessaire à la production de chaque action, en sorte qu’en exerçant ses membres on y porte le fluide qui les fortifiera. Les alchimistes, au moyen âge, lui donnèrent le nom de mercurius vivus, mercure vivant; il mérite surtout ce litre chez l’enfant, où il surabonde, et où, dans sa turbulente vivacité, il circule, par un mouvement vraiment perpétuel, dans toutes les parties de de l'organisme de l’enfant que sa présence nourrit, fait croître et développe. L’éducation consiste dans la direction que l’on imprime à celle force plastique afin de lui faire développer le corps dans les harmonieuses proportions voulues pour réaliser la beauté. Toutes les fois que l’esprit de la vie est porté sur une des
Digitia
protubérances du crâne, il y éveille une faculté,
un penchant, une inclination; ce feu généra-
leur, lorsqu’il est livré à lui-même, choisit de préférence les plus saillantes parties du crâne pour y résider. La science phrénologique, en vertu de celle dernière loi, après avoir divisé l’enveloppe extérieure du crâne en autant de fractions qu’il existe de facultés, connaît, d'après le degré de taille qu’offrent les protubérances, le dégradés facultés et des inclinations qui y correspondent. L'instruction est la structure intérieure du cerveau; l’intelligence est la force qui distribue la vie aux facultés; la pensée est la force qui recueille la vie et la rassemble sur une partie du cerveau. Tout membre sur lequel on porte, par l’exercice, la vie, commence par éprouver une fatigue qui, en le courbaturant douloureusement, le fortifie; il en est de même des facultés du cerveau : la mémoire, comme un membre, se développe en l’exerçant.
l)ans un de nos précédents ouvrages, nous avons donné le moyen de diriger intelligemment, par une éducation habile, cette lumière génératrice afin de donner, au cerveau la structure, aux
traits le relief, aux membres la forme qui foui les hommes intelligents, nobles et beaux.
Quand l'instruction a forme les facultés intellectuelles du jeune homme, quand sa taille a atteint son dernier terme de croissance, lorsque l’éducation et les exercices corporels ont développé harmonieusement les membres, il sent en lui une surabondance de vie, une activité inquiète, un besoin d’expansion extérieure qui provient de ce que l'esprit générateur ennemi du repos a à peine achevé l'organisme d’un être humain qu’il aspire à en procréer d’autres. Nous avons assisté à la formation de l’homme physique et intellectuel par la vie, il nous reste, après avoir déterminé le rôle de ce feu générateur dans le mécanisme de la pensée, à indiquer son rôle dans les vibrations personnelles du sentiment.
L’on nomme impression la pression intérieure subie par le souffle de lumière que nous avons nommé l’esprit de vie. Le principe du son étant la pression opérée par les vibrations sur l’air qu’elle chasse, le principe des couleurs étant la pression opérée parles différentes nuan-
ces sur les lumières qu’elles chassent d’autant plus complètement qu’elles se rapprochent davantage du noir, les nerfs, qui sont nourris par l’esprit de vie, qui est air et lumière, doivent en conséquence percevoir et ressentir les impressions subies par le souffle et la lumière de la vie, et les communiquer sympathiquement à tout l’organisme.
L’Eglise catholique, persuadée de cette vérité, s’est emparée des yeux par le merveilleux spectacle des cérémonies de son culte, et des oreilles par des chants et le son d’instruments propres à dégager les sens de la terre pour les porter vers Dieu. Il est vrai que, dans ce siècle, les théâtres impressionnent les chrétiens de manière à les faire redescendre sur cette terre, et dans les hais, la sensation faite femme y découvre voluptueusement la chair douce, blanche, satinée de sa poitrine et de ses épaules nues, d'où s’échappe le souffle phosphorescent de la passion qui embrase le sang et, par une pression invisible, le fait refluer violemment vers le cœur dont il accélère le mouvement. En sorte que le désir obsède tous les sens, serre la
LES UESSl'SCITÉS
gorge, distend les nerfs et les libres du cœur, qui crient au lieu de résonner; car la passion, comme
sion produisant un sentiment, c’est une vmiuuiu souffrance, c’est la vie qui surabonde et s'agite tempétueusement comme les vagues de la mer par un temps d’orage, c’est un vent violent attisant un brasier en feu, c’est la foudre circulant dans les veines et embrasant d’une fervente ardeur le sang qui bouillonne avec impatience et un impérieux désir d’expansion intérieure. N’accusons cependant pas le ciel de cruauté en sentant dans notre poitrine d’homme cet infini besoin d’épanchement, en nos membres celle avidité d’éticindrc amoureusement la flexible souplesse d’une (aille de femme, sur nos lèvres frémissantes ce désir de s’unira d’autres lèvres dans un baiser sans fin ; car, sans passion, l’homme manquerait de celle puissante énergie, du dévouement qui crée les apôtres, les martyrs et les saints ; la passion réprimée par la vertu de continence, produit les actes les plus héroïques; la raison peut faire un honnête homme, la passion peut seule faire un homme d'honneur.
l’indique le mol, n’est pas une simple
Celte surabondance de vie contenue eu nous produit la générosité, celte vertu des races nobles qui fait donner son or et son sang pour la grande cause du christianisme et de l'humanité souffrante; elle anime de plus et fait vibrer en nous le nerf, nommé grand sympathique, qui donne la vie aux organes du sentiment; c’est par les impressions perçues par ces organes que nous nous sentons souffrir dans les malheureux qui manquent de pain et grelottent de froid, eux, leurs femmes et leurs enfants. Non contente de nous rendre compatissants de cœur pour les souffrants, la vie de la grâce met dans les entrailles des trésors infinis de tendresse pour les petits, les faibles, les méprisés, les enfants sans mère, les vieillards infirmes, les malades, en un mol pour tous les membres attristés de la grande famille humaine, dont la charité chrétienne panse les blessures saignantes et essuie les yeux mouillés au voile précieux des espérances éternelles.
ANALOGIE ENTRE LE SOMMEIL ET LA MORT LA LUCIDITÉ SOMNAMBULIQUE ET LA RÉSURRECTION
Les esprits bornés traitent de lolic toutc> les vérités que leur intelligence sans capacité ne peut comprendre.
Dans le sommeil lucide, l'âme, dégagée de l’enveloppe périssable des organes charnels, acquiert les facultés merveilleuses des ressuscités.
Nous croyons utile de faire connaître les bases inébranlables de l’édifice de la foi et de faire assister le lecteur à l’opération intérieure d’une àme qui passe des ténèbres du doute à la clarté de la croyance religieuse. Nous démontrerons
38 LES HESSUSCITÉS
comment, en étudiant le sommeil naturel cl artificiel, que la sagesse des nations a toujours considéré comme une image de la mort, nous y avons trouvé des phénomènes étonnants, d’un ordre évidemment surnaturel, et nous avons, par suite de nos observations, acquis la certitude que si la mort était un acte par lequel l’âme se délivrait de son corps, le sommeil lucide était un état dans lequel l’âme se dégageait aussi de son corps et acquérait les facultés et les merveilleuses propriétés que les croyances religieuses de tous les peuples attribuent aux ressuscités ; celte importante question louche au mystère profond des sacrifices, et, semblable à Marc-Antoincqui , comprenant l’éloquence passionnante du sang sur les masses, étalait aux regards du peuple romain la tunique sanglante de César, nous agiterons devant les yeux de tous la croix où est cloué, pâle et sanglant, le fils de Dieu, pour révéler à tous les coeurs que, mourir dans les souffrances du martyre, c’est revivre dans les béatitudes de la gloire !
Nous avons, d'après la science de l'organisme humain que nous avons puisée dans l’initiation
aux mystères de l’antique Orient, proclamé qu’à l’aurore de la création le péclié avait animalisé l'homme en enveloppant l’âme d’organes finis, pouvant le mettre en rapport avec les créations finies du monde terrestre, mais trop bornes pour lui permettre, commeavant sa chute, de franchir les limites du temps et de l’espace, et d’être en rapport avec les laineux habitants du monde de l'éternité* Nous ne pouvons, en conséquence, comprendre les manifestations merveilleuses de l ame dépouillée de l’enveloppe périssable des sens, que par l’état de régénération extatique où la chair, usée par le jeûne, laisse l'âme rayonner dans le domaine de l’infini et s’unir à son Dieu, et dans le sommeil lucide où le corps, engourdi dans un sommeil de mort, laisse l’Ame se dégager des organes de la chair, entrer en communion directement, et sans agent intermédiaire, avec la nature et les objets extérieurs, transpercer les corps opaques, franchir les distances, en un mol acquérir les facultés que la tradition accorde aux ressuscités. C’est en étudiant les esquisses de résurrection, les dégagements imparfaits de l’âme dans les nombreux états qui éteignent la vie de la
chair, que nous arriverons à concevoir parfaitement l’état dans lequel se trouve l'homme qui par la résurrection se relève de la terre où l’a étendu l ange de la mort, et à connaître les facultés surnaturelles qu’il doit acquérir dans celle grande transformation du trépas, où l’homme se métamorphose en ange.
Au fond de toutes les croyances religieuses, on retrouve la guerre contre la chair. Dans les initiations, ces grandes écoles de prophétie d’où sont sortis les législateurs sacrés, les instituteurs du genre humain et les civilisateurs, le récipiendaire descendait volontairement dans un tombeau souterrain, où, par un régime d’une austérité effrayante, il travaillait dès celle vie à se dépouiller de l’enveloppe matérielle des organes de la chair; dans le culte païen, où tout (comme l’indique le nom de mythologie ({n ' on lui donne) était mythe et symbole, celte immolation du corps charnel de l’honunc était symbolisée par celui des taureaux que, dans les sacrifices, on immolait à Jupiter.
Il était d’usage de couronner les victimes de fleurs et de bandelettes, comme des triompha-
Al' CIEL ET DANS L'ENFEII.
leurs, pour révéler aux nations celle vérité éternelle, que dans la mort de la chair Dieu a mis le triomphe de l’âme! Dans les actes de la vie de Jésus-Christ, nous trouverons un symbole vivant des devoirs de l’homme sur la terre; il faut suivre la trace de sang de ses pieds, pieds bénis, pour arriver comme lui à une glorieuse immortalité; il faut être crucifié avec lui pour ressusciter avec lui, car mourir selon la chair c’est renaître selon l’âme.
La monnaie qui rachète l’homme de l’esclavage du péché est du sang, et les voiles du mystère de la rédemption ont été déchirés à jamais par celle parole du Christ : « Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, car le royaume de Dieu est à eux. » Il ne suffit pas d’ètrc unis de cœur et d’esprit au sacrifice do la croix, il faut l’être de corps. Jésus-Christ nous a enseigné à être tout à la fois sacrificateur et victime, en livrant volontairement sa chair à la souffrance et en buvant avec amour le calice de toutes les amertumes; car dans la mort des sens est caché la renaissance de l’âme! Il y a donc deux pages dans la vie de Jésus-Christ, l’une écrite avec du sang
l,ES RESSrsCITES
cl de la boue, l’autre resplendissante de lumière et de gloire.
La première nous montre un citoyen d’une petite bourgade juive, ayant nom Jésus, naissant dans une étable à bestiaux, (ils d’un charpentier, maniant la hache et le rabot, puisse faisant orateur de grand chemin, sans gîte, sans argent, fréquentant les publicains,sc posant, au grand scandale de l'hypocrisie des pharisiens qui voulaient lapider la femme adultère, entre elle et leur colère, entouré d’une foule d’affamés; enfin un séditieux battu de verges devant une populace qui rit, une tôle couronnée d’épines, une figure rougie de soufflets, souillée de crachats, un condamnéqui, renié, désavoué par ses disciples, est cloué à une croix où il expire aux applaudissements de tout un peuple qui lui a hautement préféré un malfaiteur, et qui insulte par scs outrages, ses ricanements, scs plaisanteries, aux tortures de son agonie. Tournons ce sanglant feuillet, où Jésus nous apprend à souffrir selon la chair, à endurer bravement les tortures, les persécutions, les outrages du monde, et à mourir dans l’infamie pour ressusciter dans la gloire, et lisons la
Al CIEL ET DANS L’ENFER. *5
seconde page : Jésus-Christ est le Messie promis depuis quatre mille ans, le descendant de David et de Salomon. Enfant-Dieu, adoré par des rois, la haute sagesse de ses discours confond les docteurs; ses pieds marchent sur les flots de la mer, sou regard louche les cœurs et les convertit à la ' vérité, sa voix commande aux esprits des ténèbres et les chasse; les anges lui obéissent, l'Esprit- Saiut le proclame son Fils bien-aimé; sa main force les sépulcres à s’ouvrir et à rendre à la vie cl à la lumière leurs pâles habitants; sa salive donne la parole aux muets, la vue aux aveugles; la frange de sa robe guérit les maladies; sa mort volontaire et toute-puissante est suivie d’une résu! reelion victorieuse, puis d’une ascension glorieuse au ciel, où il est assis à la droite du Père pour l’éternité.
Nous aimons à rappeler aux chrétiens ces vérilésau moment où nous allons, au grand scandale du monde et des savants, glorifier la science de 1 ignorance, la clairvoyance du sommeil, l'inspiration de la souffrance et la vie éternelle que donne la mort; nous venons proclamer l’évangile de l’espérance, de la consolation cl de l’amour, et prou-
ver que la douleur, la pauvreté, la maladie, soûl les routes qui conduisent l’homme au triomphe immortel du martyre, qui est la porte du royaume de Dieu.
Lorsque le courage des martyrs eut lassé le for des persécuteurs du christianisme, cl que le catholicisme fut devenu la religion de l’empire romain par la conversion de Constantin, les disciples du Christ, persuadés de cette parole de saint Paul, « qu’il faut être crucifié avec Jésus si l’on veut ressusciter avec lui, » et voyant le glaive de la persécution rentré dans le fourreau, et les bûchers éteints par le sang des martyrs, regardèrent autour d’eux, et ne trouvant plus d’ennemis, ils comprirent qu'ils se trouvaient dans la nécessité de travailler à se racheter eux-mêmes par une immolation constante de leur chair, sachant que Dieu crée les hommes sans eux, mais ne les sauve pas sans eux; et sentant que le moment était venu où, les bourreaux leur manquant, il fallait qu’ils fussent tout à la fois le bourreau et la victime, ils se firent les sacrificateurs de leur propre corps ; et le chrétien, de sa propre main, flagella sa chair, la revêtit d’une chemise de crin ; puis sa volonté
de souffrir le roula sur un lit d’épines, et de macération en macération, finit par l’ensevelir dans le linceul sanglant du crucifié.
Les déserts se peuplèrent de solitaires, qui, à l’exemple de Jésus-Christ,ysevraicnlleurchairde nourriture afin de l’user. Commc’leFils de Dieu (aprèsquaranle joursde jeûne), ils furent assaillis par l’armée invisible des esprits de ténèbres, qui tentaient un effort suprême pour ressaisir leur âme qui avait échappé à la honteuse servitude de la chair. L’écho des couvents, en ces siècles de pénitence, retentissait jour et nuit des prières des religieux, et leurs pâles habitants, amaigris par le jeûne, exténués par les mortifications, décharnés par les macérations, glissaient à travers la vie, dont ils avaient bu volontairement toutes les amertumes.
Ces saints et pauvres religieux qui s’avancent . dans le monde vêtus d’une bure grossière, sans argent, sans pierre pour reposer leur tête, le bâton du pèlerin à la main, et qui n’ont d’autre bonheurque de souffrir, d’autre espérance que de mourir, cette glorification de la pauvreté, du renoncement à soi-même et aux joies du monde,
LES llESSl'SCITÊS n’est pas, il est vrai, uniquement récompensé au ciel ; car dès ici-bas ils sont les temples vivants de l’Espril-Sainl, qui parle par leurs lèvres et opère des miracles par leurs mains.
Tant que l’humanité chrétienne jeûna, souffrit et saigna a\ec Jésus-Christ, comme lui elle chassa les dénions et guérit les malades; mais au jour où elle crut pouvoir renaître à la chair et servir Dieu cl le inonde à la fois, elle redevint esclave du péché; son âme, réenveloppéc par les organes périssables des sens, n'arriva plus à la vision des réalités invisibles du monde surnaturel. Le bandeau de l’incroyance voila de nouveau à tous les yeux l’esprit des Écritures, qui éclaire, échauffe, inspire et illumine les hommes. Bientôt les chrétiens perdirent le sentiment du surnaturel et la compréhension des symboles, et s’en tinrent exclusivement à la lettre qui crétinise et affaiblit l’intelligence. La formule dogmatique des plus hautes vérités fut écoutée d’une oreille indifférente, et répétée d’une voix inintelligente ; enfin la philosophie, spectatrice de ce déclin et de celte espèce d’agonie des croyances, s’écria pleine de joie : Le christianisme se meurt. Mais Jésus, qui
promil à son Eglise l'éternité des siècles, suscita le somnambulisme, cpii, rendant visible aux yeux de l'intelligence les mystérieux ressorts de l'organisme humain, terrifia l’orgueil des matérialistes en leur montrant une âme.
Le sommeil lucide auquel le magnétisme donne naissance est un état analogue à celui de la résurrection. Les membres sont engourdis, les sens éteints, la voix profonde, le corps plongé dans l'anéantissement d’un sommeil puissant, factice, irrésistible; les traits si pâlis, que la vie semble suspendue; en un mol, la chair se trouve frappée d’une mort momentanée. L’ètre humain, en cet état, n’est pas, comme le croient les esprits superficiels, un être endormi, mais au contraire un être réveillé; car, si la somnambule, en ee moment, semble morte selon le corps, elle semble ressuscitée selon l’âme. Elle jouit d’une manière réelle, quoique incomplète elirrégulière, des merveilleuses facultés attribuées aux ressuscités; elle est douée d’une si grande subtilité de vue, qu’elle voit dans les ténèbres et au travers des corps les plus opaques, car pour elle les corps les pUis opaques atteignent la transparente lucidité
i8 LES RESSUSCITÉS
du plus pur cristal; son agilité lui permet de parcourir l'univers avec la rapidité de l'éclair, el de se transporter avec la vitesse de la pensée dans tous les lieux du monde qu’elle voudra visiter; elle peut voir avec la même facilité le présent, le passé el l’avenir. Nous savons que la raison cl la science fulminent des arrêts contre le magnétisme et refusent de croire qu’un être endormi, dont les yeux sont fermés, puisse franchir les limites de l’espace et du temps; mais, comme les apôtres, nous leur dirons : Quod vidimus el audivimus, testamur. Nous rendons témoignage de ce que nous avons vu el entendu, el depuis de longues années nous avons été assez constamment le témoin de ces merveilleux phénomènes, pour en confesser l’incontestable réalité à la face du ciel et de la terre.
Toutes les philosophies religieuses de l’Orient ont dirigé les regards de leurs adeptes sur les phénomènes propres à leur révéler l’existence d’une âme immortelle. Xénophon proclame que l ien ne ressemble plus à la mort que le sommeil, et dit qu’en cet étal l’âme se manifeste divinement, et souvent prévoit les choses futures
comme si elle élail entièrement libre. Dans l’étal cataleptique, dans les crises de l'hystérie, où le corps est anéanti dans un sommeil de mort, ou roulé à terre par d’horribles convulsions, l’âme se Soustrait momentanément aux liens terrestres de la chair, et, acquérant les facultés propres à la résurrection, franchit les distances de temps et d’espace. Hippocrate, le père de la médecine, dit aussi que, dans l’état de sommeil léthargique, l’âme voit très-clairement la maladie du corps, et peut en suivre le cours par avance. Saint Thomas d’Aquin et saint Grégoire le Grand remarquent que souvent l’âme, â l’approche de la mort, étant à moitié délivrée de son corps, jouit déjà des facultés de la résurrection en apercevant l’avenir.
Pour nous qui marchons à la suite de ces illustres génies, et qui n’avons que l’autorité d’une étude persévérante des merveilles du somnambulisme, nous avons constaté que dans tous les étals qui, en annihilant l’empire de la chair et eu renversant la domination des sens, laissent l ame se dégager des organes endormis, convulsés ou en dissolution, l’on voit presque toujours appa-
raitre les merveilleuses facultés dont l’homme ressuscité sera investi pour son bonheur ou son malheur éternel. 4,
Il est hors de doute que, dans la mort des sens, Dieu a mis la résurrection de l'âme. Aussi la mortification de la chair prend un caractère d’immolation chez les Indiens et les sauvages, où les hommes qui aspirent à la renaissance de l'âme et à la vision divinatrice se livrent à des jeûnes d’une rigueur inouïe et à des macérations qui égalent eu douloureuse austérité celles des anciens solitaires de la Thébaïde. Le monde, à la vue de ces corps délabrés, cadavres animés de la vie funéraire des ombres et des spectres ; eu présence de ces squelettes ambulants, dont la pâleur glacée tient plutôt du trépas que de la vie, hausse les épaules et s’écrie : Les fous! Mais nous, nous nous découvrons pieusement devant eux comme devant des ressuscités, car ils glissent sur la terre, plus semblables, par leurs merveilleuses facultés, aux habitants de l’éternité qu’à ceux de la terre.
Il y a des races qui, depuis une longue suite de siècles, mènent une vie mortifiée, parcourant le
a\ï CIEL ET DANS L’ENFEU. 51
inonde sans gîte, sans argent : ce sont les égyptiennes et les bohémiennes. C’est parmi elles que nous avons trouvé les devineresses et les plus remarquables prophétesses. Nous avons connu aussi de pauvres bergers doués de facultés surnaturelles, et qui les devaient à leur vie pauvre, mortifiée et contemplative, à laquelle la bassesse misérable de leur existence les condamne pour leur bonheur éternel, car, étant les derniers, ils sont les premiers, et si près du royaume des cieux, que, dès cette vie, ils en reçoivent une merveilleuse influence. Toutes nos remarques nous ont amené à cette conclusion, que le monde qui a le culte idolâtrique cl antichréticn de sa chair, au point de ne jeûner que si la santé n’en souffre pas, ne voudra jamais comprendre. Mais ce que nous proclamons hautement, c’est que l’âme se réveille dans le sommeil des sens, qu’elle renaît par leur mortification, et ressuscite par leur mort. Tous les états, en conséquence, qui offrent des images de la mort donnent naissance, comme contre-partie, à des esquisses de résurrection, et présentcnldesébauchesde notre perfection future.
La plus grande partie des martyrs qui ver*
sèrenlleur sang pour le christianisme, usés parla mortification de l'initiation chrétienne, croyaient à la résurrection, parce que, dès cette vie, ils en avaient joui dans l’extase, qui est un étal dans lequel l’âme s’arrache à l’enveloppe terrestre des organes charnels qui la masqueut, et se transporte dans le monde de l’éternité.
Nous confions ces vérités à la méditation des esprits sérieux, et nous en confions la propagation aux lèvres et aux cœurs des femmes, en qui ville sentiment de l’infini, l’amour du merveilleux, la curiosité de l’inconnu unie à une tendresse éperdue de cœur pour l’humanité souffrante; à celte classe d’êtres enthousiastes et généreusement inspirés, qui aimaient tant Jésus- Christ, et desquels il disait avec tendresse, en la personne de Marie : « Marie a choisi la meilleure [wrt, elle ne lui sera point ôtée. »
Celte passion de la vérité, cet amour fervent de Dieu, se rencontrent chez les êtres en qui les croyances religieuses, semblables aux vestales, ces blanches vierges du paganisme, ont conservé pure, chaste et immaculée, la flamme sacrée de la vie, en la préservant du souffle jmpie du
monde; ou chez ces femmes dont les sens restant inassouvis, comme ceux de Marie-Madeleine, dans la débauche des amours terrestres, ne trouvent qu’en Dieu un amour capable de combler le vide infini de leur cœur.
Pour être apôtre, il faut, comme Jésus au jardin des Olives, avoir senti en sa poitrine toutes les douleurs de l’humanité, au moment où une sueur de sang coulait de ses membres défaillants et rougissait la terre.
Tout jeune homme qui est resté pur sentira en lui, à l’âge des passions, une infinie puissance d’aimer. Son cœur se réveillera comme d’un sommeil ; une angoisse infinie le remuera jusqu’au fond des entrailles; il saignera avec les blessés, pleurera avec les affligés, et frémira d'une épouvante douloureuse en sentant l’infernal tourment d’un cœur qui ne croit plus. Alors, au lieu de baiser éperdument la jolie tête, les lèvres souriantes, les doux yeux d’une délicate et charmante femme, et de déverser en elle les flots d’amour qui bouillonnent en lui, il se fera apôtre de ceux qui sont assis à l’ombre mortelle du doute; et, amant de l'humanité souffrante,
mort au monde et vivant en Dieu, il aura cel avant-goût de la résurrection que Dieu accorde dès ici-bas à ceux qui, comme l’apôtre saint Jean, ont choisi sa divine poitrine pour reposer amoureusement leur tête.
LA’ RKEXISTENCE,
no