HO LES RESSUSCITÉS
divin de cet esprit de sainteté et de lumière, qui, au jour de la Pentecôte, descendit en gerbes de feu sur la tète des disciples de Jésus-Christ.
Le concile de Trente, tout en reconnaissant le sentiment de ferveur religieuse qui avait dicté ce remarquable travail, et considérant l’influence salutaire exercée sur les esprits des religieux des monastères et des chrétiens d’Orient, qui élevaient au ciel leur cœur parcelle lecture édifiante, en a contesté l’authenticité avec justice, en pensant, avec raison, que cet écrit était très-postérieur à la mort de Joseph d’Arimalhie cl de Ni codème; aussi est-il relégué dans la collection des évangiles apocryphes ne posant aucun point de doctrine contraire à la foi, et par conséquent étant sans danger.
Durant quatorze siècles, cet évangile a joui d’une faveur démesurée, et il a exercé une puissante et féconde influence sur la poésie, la peinture et la sculpture, qui venaient lui emprunter des sujets; aussi, que de bas-reliefs admirablement beaux sculptés dans les cathédrales représentent les inaccessibles régions des domaines infernaux décrits dans l’épisode de Carinus et de
Leucius. C’est à ce poëme évangélique qu’est due (comme le remarque avec une grande sagacité M. Gustave Brunet, érudit qui est doué du grand talent de rendre la science attrayante) l’introduction dans les traditions armoricaines et dans les romans de la Table ronde, du mythe célèbre, du saint Graal, de ce vase sacré, ou boite d’argent, dans lequel Joseph d’Arimathie avait recueilli le sang précieux de son maître, et qu’une autre légende fait par suite d’un naufrage arriver sur les côtes de Normandie, et enfermer dans le tronc d’un figuier (le champ où se trouvait ce figuier est devenu Fécamp, qui signifie champ du figuier). 11 y a une magnifique abbaye où la tradition envoie encore des milliers de pèlerins, le jour de la fête .du précieux sang.
Pour nous, ce qui donne un prix infini au récit que nous allons donner de l’épisode de Ca-, rinus, c'est que toutes les cérémonies de la semaine sainte sont empruntées à celte partie du poëme évangélique que la liturgie a presque littéralement mis en scène, comme au moyen âge l’on mettait en scène les principaux mystères de la religion du Christ.