‹ Les restes de la guerre d'EstampesChapitre 96 sur 101 · RESPONCE A CES MOTS, DAPHNIS OV ESTES-VOVS · texte numérisé non relu

RESPONCE A CES MOTS, DAPHNIS OV ESTES-VOVS

Est-il possible ma Cloris,

Que parmy ces ieus et ces ris,

Vous cherchiés encor' à me nuire ?

Beaux yeux créray-ie enfin ce que l'on voit assés,

Et que ceux qui sont nés pour luire.

Se plaisent auiourd'huy, de se voir éclipsés ?

logés comme ma passion,

Est digne de compassion.

Ses conseils ne vont qu'à ma prise; C'est pour vous soulager, aimables ennemis,

Et vous donner quelque remise D'vn emploi malheureux, où le sort vous a mis.

Hé bien approchés vous de moy,

le suis prest de subir la loy,

Qui veut se vanger de ma veùe, Aueugles vn captif, qui n'aime que vos fers,

Et par une rigueur preueûe, Joignes de nouueaux maux, à ceux qu'il a soufferts.

de la Guerre d'Estampes. 139

Cet estât me sera bien deu,

Et sans reproche ie n'ay peu,

Vous voir plus long temps en ma place : Mais respects, vous mettes vn amant au tombeau,

Et ie suis desia tout de glace.

Quand ie songe qu'il faut perdre un obiet si beau.

Cependans sans autre secours,

le suis trahy par mon discours,

Vous me tenés inexorable.

Au moins si ce mouchoir, cet heureux voile osté

Est le suiet d'vn misérable, Il est tesmoin aussi de votre liberté.

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