‹ Les résultats du traitement chirurgical de la tuberculose iléo-cœcaleChapitre 39 sur 45 · AGE · texte numérisé non relu

AGE

Obs. 15.690 et 16.760. F. 48 ans. Entrée le 10 mai 1918 pour une tuméfaction de la fosse iliaque droite. Il y a 6 ans, elle fut prise brusquement de douleurs abdominales et de vomissements. Depuis cette crise qui l’a obligée à garder le lt pendant 2 mais, elle est souvent incommodée par des douleurs, la nuit,qui la réveillent, s'accompagnent de’ vomissements, mais ne durent que quelques heures. Dans l'intervalle des douleurs, la malade se sent très bien. Depuis septembre 1917, les crises sont devenues plus fortes ; elles l’obligent à cesser son travail et la malade commence à ce moment à maigrir. Enfin en février 1918, les douleurs deviennent constantes et il survient une constipation opi-

mâtre et une perte presque complète de l'appétit. Antécédents : Mari mort de pleurésie.

Examen : Le 26 mai 1918. On trouve dans la fosse’ iliaque droite et dans l’hypogastre une tumeur à convexité supero-interne, s'étendant en bas jusqu'à l’arcade, douloureuse à la pression, fixée, ferme, sans dureté, Toucher vaginal : en avant et à droite -de lu‘térus on sent la partie inférieure de la masse perçue dans l'abdomen.

Le 22 juin 1918, la tuméfaction présente au niveau de son

point Je plus sensible, une certaine dépressibilité.

Opération le Z6 jun 1918 (Hartmann). Incision parallèle à l'arcade et immédiatement sus-jacente. Ouverture d’une collection purulente sans odeur qui se prolonge dans la fosse iliaque en arrière du cœcum. Un drain.

À la suite de cette incision, le drain a été laissé en place 15 jours, puis rapetissé progressivement, et enfin remplacé par une mèche. Le 10 décembre 1918, on voit en examinant la malade un orifice ovalaire par lequel s’écoulent des matières intesti-

nales. Cet orifice est situé à la partie moyenne de la cicatrice.

Dans la fosse iliaque droite, on sent toujours la tuméfaction. =

Le 28 décembre, crise douloureuse avec vomissements. suivi d'un écoulement plus abondant par la fistule. =.

Opération 31 janvier 1919 (Hartmann). Fermeture de la fistule par un surjet. Incision médiane. La région cœcale est prise dans une masse adhérente à la fosse iliaque et à la paroi abdominale. Contre elle, on voit une anse grêle qui se recourbe en bas et devient libre en tombant dans l’excavation. On amène la païtie libre de cette anse et l'on voit qu’en un point elle présente un épaississement occupant la plus grande partie de la circonfé-… rence de l'intestin. Ce point est réséqué et enfoui, mais quand on veut faire une iléo-sigmoïdostomie, on voit que 25 cm. plus haut sur le grêle existe un autre rétrécissement. Anastomose au-dessus de ce dernier. Le cul-de-sac n'est pas réséqué pour ne pas prolonger l'opération. Fermeture en un plan aux bronzes.

Suites : Le soir 36°2, pouls 110. Les 3 premiers jours, rien d’anormal. Le 4° jour, température 37°6-38°4, vomissements. Lavage d'estomac qui ramène un liquide vert, pouls filant. Décès le 5° jour. Pas d’autopsie. Ê

Examen histologique. Tuberculose. Cellules géantes. Lésions

discrètes localisées dans la sous-muqueuse. (Peyron).

Obs. 16.030. F. 32 ans. Entrée le 24 août 1918, pour douleurs dans le côté droit du ventre. Il y a 6 ou 7 ans qu’elle a commencé à souffrir de ce côté. A ce moment il s'agissait de douleurs sourdes survenant de temps en temps et ne la gênant pas beaucoup. Elles furent attribuées à un rein mobile. Une sangle de Glénard la soulagea pendant auelque temps, mais elles revinrent bentôt. L'appétit était bon et la malade ne maigrissait pas. En

novembre 1917, elle ressentit des coliques dans tout le ventre

avec une douleur fixe dans la fosse iliaque droite. Nausées, vomissements :Cela dura 3 ou 4 jours et ensuite, la douleur du côté droit subsista seule. C'est après ceite crise qu’elle commença à avoir de la diarrhée (3 à 4 selles hiquides dans la journée). Le 2 jum 1918 nouvelle crise avec coliques et vomissements, un peu de fièvre. Cete crise dure 3 jours.

Examen : Malade pâle. Ventre à peu près normal, présentant cependant une ceïtaine surélévation au-dessous et à droite de l’ombilic. Dans la fosse iliaque droite, on sent une masse qui remonte jusque dans Île flanc droit, laissant libre la partie la plus inférieure de la fosse iliaque submate, douloureuse à la pression, à la surface inégale. Submatité au sommet gauche. Diminution du murmure vésiculaire au même sommet | avec quelques craquements apparaissant après la toux.

Opération le 31 août 1918 (Hartmann). Incision en dehors du droit. Fusionnée avec l’épiploon existe une tumeur iléo-colique qui se continre avec une indurafion du colon occupent le colon transverse, l'angle sphénique et s’arrêtant sur le descendant au niveau du flanc gauche. On branche uné section transversale au voisinage de l’ombilic. Incision du péritoine, en dehors du colon ascendant. Labératioh postérieure, ligature et section par paquets de l’épiploon gastro-colique et du méso-colon transverse. Libération de l'angle gauche, section et enfouissement du colon descendant: Même manœuvre sur l’léon. Ablation de la tumeur. Iléo-sigmoïdostomie latérale marsupialisation et drainage

de la zoïe décollée. Réunion de la paroi en un plan aux bronzes.

Examen de la pièce : Elle comprend 12 cm. d'iléon, le cœcum, le colon ascendant, le ‘transverse et une partie du descendant. L'iléon est un peu dilaté, surtout dans les 4 cm. qui

précédent immédiatement la valvule. La muqueuse ne présente pas

AO d’altération mais l’ensemble des tun:ques est épaissie. La valvlue iléo-cœcale est remplacée par une sorte “de bride d'apparence cicatricielle. La cavité cœcale à disparu. L'iléon semble se. continüér directement avec le colon. La partie iniiale du gros intestin est tapissée par une surface en partie ulcérée, en partie lisse, en partie recouverte de granulations. Immédiatement au-dessus, l'intestin est rétréci, recouverte par une série de petits polypes mous, du volume d’un gros grain de blé. A partir de là, la

muqueuse est très épaissie, présente des ulcérations et des granula-

tions. Dans quelques points, au voisinage de l’ulcération se voient

des végétations polypoïdes. Vers la fin du transverse, sur une étendue de 3 travers de doigt, existe un nouveau rétrécissement, un troisèmé existe sur l’origine du descendant. Au dessous la muqueuse reprend son aspect normal. À la jonction du cœcum et du colon ascendant l'épaisseur de la paroi est de 1 cm 1/2 à 2 cm. Dans le méso iléo-colique une série de ganglions dont quelques-uns présentent à leur centre des points cré-

tacés.

Décès le lendemain.

Obs. 18.185. F. 32'ans. Entrée de 12 novembre 1919 pour douleurs dans la fosse iliaque droite. Depuis 6 ans, elle souffre assez fréquemment mais par intermittences à droite. Ces douleurs ne l’ont jamais empêchée de continuer son travail. Elles ne s’accompagnaient pas de vomissements mais éta'ent suivies de diarrhée pendant 3 à 5 jours. En février 1919, les douleurs ont augmenté et sont devenues presque constantes. Elles se sont acom-

pagnées de vomissements et d'amaigrissement.

Examen : On trouve à la jonction de la fosse iliaque et du

flanc droit une tumeur douloureuse, du volume d’une petit: man-

2 va

Décollement postérieur en passant en arrière des vaisseaux de

HO

darine, de surface inégale, de forme générale arrondie, un peu mobile dans le sens latéral, très peu dans le sens vertical, ne bougeant pas avec les mouvements respiratoires. Pendant l'examen on a, à plusieurs reprises, la sensation de gergouillemen!. Diminution de la sonorité abdominale au niveau de la tumeur.

Le 25 novembre 1919, on donne un lavement baryté.

Le rectum, e colon descendant et le transverse se remplissent régulièrement. Arrêt brusque de la baryte au-dessous de l'angle hépatique du colon. La partie susjacen‘te du gros intestin est largement dilatée et se termine en pointe. Au-dessous, un filet étroit long de 6 à 8 cm... apparaît au bout de quelques minutes dans la zone qui correspond à la tumeur. Reflux de baryte dans les dernières anses iléales par lésion probable de la valvule iléo-

cœcale. Ù

Opération le 27 novembre 1919. Incision dans le flanc droit, descendant dans la fosse iliaque et située un peu en dehors du grand droit. Tout le cœcum, le colon ascendant, l'angle droit du colon et les derniers centimètres d’iléon sont épaissis, un peu

œdéma‘eux. Ganglions dans le méso. Incision en dehors du colon.

l'intestin. u moment du décoilement de l’angle du colon, petite déchirure du duodénum qu’on referme par un double point de suture. Ligature du méso-colon et du méso-iléon, écrasement et fermeture de l’iléon du colon. Iléo-colostomie latérale sur le transverse, suture de la fin du méso-iléon et du Se a La loge de décollement est marsupialisée et l'abdomen fermé

avec un drain.

Examen de la pièce : L'intestin grêle se continue directement avec le gros intestin, la séparation n'étant marquée que par une

sorte de bourrelet remplaçant la valvule iléo-cœcale et rétréc's:

sant le calibre au point de le rendre mférieur. à celui d'un.

crayon. La muqueuse de l'intestin grêle est épaissie,œdémateuse sur une longueur de 5 à 6 cm. On y voit une ulcération à grand axe transversal, occupant la plus grande partie de la largeur de l'intestin. La dépression du cœcum a disparu. La muqueuse

celique es: ulcérée sur toute la hauteur du colon ascendant. Enfin,

tout Je colon est entouré par une masse scléro-adipeuse qui se

continue en s’atténuant dans le méso de l'angle iléo-colique. En ce font nombreux ganglions.

Histolegie : La paroi intestinale est partout infilirée de tubercules fibro-caséeux avec cellules géantes particulièrement nombreuses. Les lésions sont maximum dans la sous-muqueuse et la muqueuse.

Suiles normales.

La malade a été perdue de vue.

Obs. 18.202. H. 30 ans. Entré le 13 novembre 1919 pour douleurs abdominales. En avril 1915 il a commencé à ressentir des coliques avec une douleur fixe mais légère, dans la partie droite de l'abdomen

le 7 juillet 1915 (plaie contuse du cuir chevelu), 1l est évacué

; 15 jours après, vomissements. Il est blessé

sut une ambulance, mais malgré l’insignifiance de sa blessure, il est gardé 2 jours à l’infirmerie de la gare de Ste-Ménehould, à cause de son état général qui est très mauvais, le médecin estimant qu'il ne pouvait continuer le voyage. Il a en effet des vomissements ei de la diarrhée. À l'hôpital il est amélioré par l'opium et la glace, mais une ancienne otite recommence à suppurer. Elle est soignée à Tulle. À la sute de tout cela, il est versé dans l’auxiliaire, En mai 1916, il est rappelé à Parvis comme mécanicien;

il se plain: toujours de crises de coliques et a des alternatives

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