Chiffre pour les mines françaises en
2, Les techniciens répondront : lampes perfectionnées et ventilateurs, nous le savons, ce que nous voulons exprimer
ici, c’est le sentiment général, pour ne pas dire naturel.
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pitié a été entretenu et attisé par toute une littérature et toute une esthétique dont nous subissons, à notre insu, l’influence ; nous voyons toujours un peu le travailleur des mines à travers les Zola et les Meunier, pour ne citer que les plus grands; ce sont eux qui ont contribué à la formation, — d'aucuns diront à la déformation — de notre idée du mineur, mais, puisque l’art est l’œuvre d’inclure un dogme dans un symbole, il nous plaît que le mineur ait été choisipar de tels esprits pour symboliser la classe ouvrière, avec ses souffrances et ses misères, avec sa puissance aussi et ses espoirs.
Quoi qu’il en soit, fondées ou non, ces raisons sentimentales n’en existent pas moins et leur influence est grande sur notre législation minière ; elles tiennent peut-être en majeure partie à notre tempérament (1), dans ce cas elles n’en sont que plus impératives puisqu'on ne refait pas un tempérament
et qu'il n’est d’ailleurs pas démontré que le nôtre soit à refaire (2).
1, Ce qui semble d’ailleurs contredit par ce fait que des mesures du même ordre ont été prises à peu près dans tous les pays.
2, Le récit, peut-être un peu dramatisé, des souffrances de l’ouvrier mineur a été fait par M. G. Stell dans une série d'articles parus dans le Capitlaliste, d'août à décembre 1882, et réunis ensuite en brochure sous le titre significatif de Cahiers des doléances du mineur français. Paris, Bureaux du Capitaliste 1883. Cette ouvrage est cité par M. Mazeron, dans son rapport à la Chambre des Députés,
Op
M. Charles Benoist, dans une très consciencieuse étude sur les mines et les mineurs, déclare que, s’il n'avait craint d’être taxé de « littérature », il serait allé vers le mineur et lui aurait dit: « Habitant de la cité noire, dans la joie dominicale de qui pèse une tristesse et dans la résignation quotidienne de qui gronde une plainte ; citoyen de cette cité silencieusement dolente dont les excitations du dehors ou les fermentations du dedans peuvent faire soudain une cité tumultueusement violente, tu es notre semblable et notre frère. Non, ce n’est pas un Éden, mais, non, ce n’est pas un enfer. un purgatoire tout simplement, comme le reste de cette terre où il nous faut gagner notre pain à la sueur de notre front et que l'Écriture n’appelle pas pour rien une vallée de larmes. Ce n’est pas la ville de Dité, c’est une ville d'Humanité ; un peu plus malheureux, un peu moins malheureux, homme, ta vie est la vie des Hommes ! » (1).
Ces consolations, dont nous nous plaisons à reconnaître la hauteur littéraire, auraient-elles suffi à l’ouvrier mineur et ne serait-il pas resté sceptique devant leur charme mystique lui qui, depuis silong-
temps, a désappris la « vieille chanson » ?
Les raisons d'ordre politique. — À ces raisons