Le bassin de Montceau fut complètement indemne, celui
du Gard, à peine effleuré.
mineurs avaient espéré que l’arrêt complet de la production houillère appuyée sur la solidarité de classe empêchant soit l'importation soit le déchargement des charbons étrangers, paralyserait toute la vie industrielle du pays, forçant ainsi le Gouvernement à s’entremettre et le patronat à pactiser.
Les événements n’ont pas répondu à cette attente ; la continuation du travail dans quelques bassins, les stocks considérables que les exploitants avaient en réserve, la facilité d'importation que la solidarité internationale nesuffit pas à empêcher — les mineurs étrangers s'étant contentés d'envoyer à leurs camarades français, avec quelques subsides, l'expression de leur sympathie — telles sont les causes les plus importantes de cet échec partiel. Il faut ÿy ajouter la divergence de vues résultant des différences dans les conditions économiques des divers bassins et du manque de direction unique. La Fédération nationale des mineurs avait adopté un programme de revendications très large ; sous la très habile direction de M. Basly, les mineurs du Nord et du Pas-de-Calais abandonnèrent ce terrain dangereux et limitèrent leurs revendications à la question des salaires : ce qui leur assurait sinon la bienveillanee du Gouvernement, à tout le moins sa neutralité.
Quoi qu'il en soit, le bilan de la grève ne se soldait pas moins par d'incontestables bénéfices pour les
ouvriers, tout d’abord les primes aux salaires furent
consolidées, du moins pour un temps ; d'autre part, par un véritable coup de théâtre, les Compagnies du Nord et du Pas-de-Calais, prenant à leur charge les avantages que les ouvriers comptaient obtenir du Gouvernement, décidaient d'accorder une majoration des retraites, dans les conditions que nous avons vues.
Il ne restait plus au Gouvernement qu’à achever l’œuvre ainsi entreprise et à faire à la catégorie d’ouvriers non atteints par la générosité patronale une situation à peu près équivalente.
C'est là la cause et la fin de la loi du 31 mars 1903.