MADEMOISELLE
DE LAYERGNY.
MADEMOISELLE DE LAVERGNY.
Vers la fin de l'automne 1830 Georges Houdart arrivait à Paris dans la fleur de sa jeunesse, dans la poésie de l'insouciance. C'était alors un innocent bachelier, ne voyant que les couleurs du ciel , ne respirant que l'arôme des fleurs, confessant aux étoiles ses joies et ses amours. Mais le soleil de Paris, qui est le soleil du plaisir, fana tous ces songes de bonheur et de ravissement : ses étoiles se transformèrent peu à peu en grrsettes de la rue Saint-Jacques ;
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bientôt il n'aima plus le ciel et les fleurs que dans les yeux et sur les joues de ces demoiselles. Sa poésie se perdit en mille métamorphoses : il Tayait vue dans les extravagances des rêveurs, au bord des fleuves, au fond des bois, dans les cimetières, sur les nuages; il la vit , moins splendide mais plus animée , dans «on vieil hôtel garni d'étudiants ; son temps , qu'il avait' coutume de perdre en flottantes rêveries , il le passa à pourchasser les folles filles de la Chaumière. Or, les folles filles de la Chaumière ne se contentent pas de si peu que les flottantes rêveries : elles prirent si bien et si vite les forces de son cœur et de son âme que, vers la fin de la seconde année, il vit tout d'un coup tomber sa verte jeunesse. Ses amis les étudiants en médecine lui conseillèrent d'aller rafraîchir et reposer sa vie dans l'atmosphère pure et calme de son pays, au sein d'un beau vallon de la Champagne. 11 était entré à Paris espérant de tout et souriant à tout : il en sortit pâle, abattu, désenchanté, ayant une grimace au cœur et aux lèvres; Paris l'avait ravagé.
Il fit le voyage avec le vicomte de Marigny, le plus extravagant, le plus adorable, le plus spirituel des dandys de ce temps- là. Quoique