ACTE II, SCÈNE V
MATHÉus, à part.
r C'est moi qu'elle accommode ainsi!... {Faisant la petite voix.) Oh !.. . cependant vous l'aimez ? . . .
OCTAVIE, à mi-voix.
Moi? un étourdi, un enfant sans conséquence? Il m'est insupportable. {Bas.) Tombe donc à mes genoux. [Ici le véritable Jctconvêlu en dansew Pompadour parait, avec une tète de cerf dix cors; il entre grotesqnement.) MATHÉUS, à part sans le voir.
Tête bleu !
OCTAVIE, toujours avec des gestes de danseuse, dit tendrement. Tu sais bien que je n'adore que toi ! ACTÉON, criant.
Comment! Tu n'adores que lui!..
TOUS
Qu'est-ce que c'est que çà?..
MAZOURKA, furieux, à la première coulisse. Que vois-je ?. . Deux cerfs ! . . . Que veut cet autre animal ?
MATHÉUS, criant.
C'est l'infâme Ulric !
ACTÉONj criant.
C'est mon rival ! . . .
MAZOURKA, qtii est accouru.
Arrêtez ! . . . (// veut saisir Mathéus).
MATHÉUS
Ne me retenez pas ! (Hveut s' élancer sur l'autre, sa tète de cerf tombe, j
OCTAVIE, riant aux éclats.
Tiens ! . . . Ce cher Mathéus ! . . .
MATHÉts, bousculant tout le monde ; saississant Octavie. Toi, perfide saltimbanque!,.. A tous les diables!... (Il la précipite dans une trappe qui Vengloutit. Les femmes poussent un cri, tout le monde accourt en désordre sar le théâtre, les Heures dr la nuit ont leurs flambeaux allumés à la main). MAZOURKA^ criant.
Séparez-les ! . . . A la garde! . . . (Une patrouille d'enfants vêtu^ en écrevisses sort du lac et s'avance sur lui). MATHÉUS criant et courant.
Arrière la patrouille d'écrevisscs ! . . , arrière!... {À Jctéon.) , Tiens!... liens !... voilà le prix que je le réservais!... (Vu officier apparaît, Mathéus lui arrache son sabre et le plonge dans la poitrine d'Jctéon).
.*CTÉo^, tombant.
Ah !.. .
MATHÉUS. [Il lui arrache sa tête de cerf, et reconnaît Léonidas) Léonidas ! . , . son frère ! ... je n'y suis plus î . . ,
90 ie$ RÊVES DE MATHÉUS,
tov$,'voulant l'arrêter.
Arréter-leî...
NAZOURKA, criant.
L'ofticicr de police!...
MATOÉus, arrachant xin flambeau de Lycopodion des mains
d'tme nymphe et l'aqitant avec fureur.
Allez vous faire lanlaire!... {H se précipite dans la coulisse aussitôt les flammes rouges s'allument).
MAZOURKA
O ciel ! . . . Au feu !.. . au feu ! Le ihéâlre brûle ! . . .
MATHÉus, sur un rocher et se croisant les bras. Tant mieux!... Qu'ils rôtissent tous!... Et moi aussi!...
{Tout le monde accourt en désordre., les femmes i^ousscnt un long cri d'effroi. Au feu !. . . au feu \. . . et se groupent en attitudes diverses, les flammes rouges éclairent toute la scène. — Mathéus n'enlève avec la torche à la main à quatre ou cinq pieds de terre.)
Le rideau d'avant-sccne tombe sur ce tableau.
fis DU SUCO-ND ACTE.
ACTt m, st;È>E j. st