‹ Les rêves et les moyens de les diriger; observations pratiquesChapitre 106 sur 254 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

idées, quand aucune cause matérielle anormale ne vient les interrompre ou les modifier.

Si la part des fibres cérébrales doit être faite, je dirai qu'elles sont comme les cordes du violon sous les doigts de l'artiste. Elles peuvent vibrer, elles peuvent donner un son, mais elles n'en sont pas moins elles-mêmes un instrument inerte, et le motif musical, c'est l'inspiration de l'artiste qui le produit.

Et maintenant, pour revenir à l'origine même du rêve qui vient d'être succinctement analysé, si l'on demande comment fut amenée d'abord l'idée du voyage en chemin de fer, premier chaînon de la série d'impressions décrites, je répondrai qu'elle a pu l'être également par une simple filiation d'idées antérieures, spontanément associées, et dont le point de départ a précédé le sommeil, ou bien par l'intervention d'une cause physique interne ou externe, telle qu'un mouvement du sang, ouïe sifflement d'une serrure, ou tout autre bruit capable de réveiller, par analogie de sensations précédemment perçues, l'idée de ce genre de locomotion.

Si j'étais obligé, pour ma part, d'adopter une classification des rêves considérés dans leur cause première, je les diviserais donc simplement en trois catégories :

1° Ceux qui sont dus à la seule association des idées.

2° Ceux qui sont provoqués par des sensations internes.

3° Ceux qui sont provoqués par des causes externes.

Au sujet de l'influence des sensations organiques sur la production des rêves, j'appellerai volontiers l'attention des physiologistes sur ce fait curieux que tantôt la moindre impression externe ou interne introduit immédiatement et évidemment au milieu du rêve un élément nouveau en rapport avec elle, et tantôt quelque bruit trèsfort passe au contraire sans être entendu ; quelque douleur physique intense demeure engourdie, oubliée durant le sommeil, au point qu'on songe parfois à des choses agréables dans le temps même où cette douleur existe très-réellement. Faut-il en conclure que, même durant le sommeil profond, il y a des alternatives de sensibilité physique et d'engourdissement complet, ou bien qu'il est des instants où l'esprit est tellement captivé par l'objet de ses rêves qu'il prêle alors bien moins d'attention encore aux avertissements des organes qu'il ne pourrait le faire, dans l'état de veille, sous l'empire même d'une très-violente préoccupation ?

Tandis qu'un léger malaise interne, encore inappréciable pendant la veille, influe parfois considérablement sur la nature des songes, ainsi qu'Hip-

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