‹ Les rêves et les moyens de les diriger; observations pratiquesChapitre 114 sur 254 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

mémoire, ou mémoire Imaginative si l'on veut, cette faculté qui consiste uniquement à se rappeler le souvenir des objets tels qu'ils furent perçus, réservant le nom d'imagination à cette autre faculté distincte de combiner mentalement, d'une façon nouvelle, les matériaux fournis par la mémoire, de manière à en former aux yeux de l'esprit comme à ses oreilles (si l'on peut user de cette figure), des images qu'il n'a jamais réellement vues, des airs qu'il n'a jamais réellement entendus, des créations en un mot, en tant que l'homme puisse créer.

D'autre part, on aura ici l'occasion de constater encore 1'écueil de ces raisonnements purement théoriques, dont le moindre inconvénient est de ne conduire à rien de certain. Qui m'indiquera jamais si l'hallucination est organique ou intellectuelle? Comment saurai-je jamais, d'une manière positive, qu'une image (fantôme ou autre objet) aura surgi sans qu'il y ait aucune raison, tirée même de l'association de mes idées, qui puisse en avoir suscité V apparition? Et si l'image de ce fantôme qui m'apparaît est telle que jamais semblable figure n'avait affecté mes sens, comment peut-il préexister dans mon cerveau un certain mouvement qui en soit le signe particulier ? Comment l'ébranlement de quelque fibre peut-il rappeler une idée qui n'existait pas encore ?

Je ne saurais trop le redire, vouloir ainsi tou-

cher du doigt ces mystères insolubles de 1 union psycho corporelle, ces relations in limes de l'âme et de la matière, me paraît la plus aride de toutes les méthodes : elle ne peut enfanter que de vaines suppositions; elle n'a que le doute en perspective.

Si nous revenons , du reste , à l'opinion de M. Lemoine, en la dégageant de sa partie spéculative, en substituant, par exemple, à la théorie arbitraire des fibres agents ou instruments de la pensée, le simple aveu de ce fait incontesté que tantôt l'initiative des rêves est due à l'association spontanée des idées (qu'elle soit active ou passive1), et tantôt à diverses causes physiques, externes ou internes, qui viennent impressionner le dormeur, nous arriverons sur ce point à une parfaite conformité de vues; nous conviendrons ensemble que tous nos rêves émanent nécessairement de ces deux principes.

A vrai dire, il n'est peut-être aucun rêve dont la trame appartienne à l'un ou à l'autre exclusivement. Un rêve qui procéderait de la seule association des idées, sans aucune interruption d'aucune sorte , serait la conséquence d'une telle perfection dans l'équilibre du corps humain, en même temps que d'un calme si absolu dans le monde ambiant, que s'il est aisé d'imaginer cet

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