‹ Les rêves et les moyens de les diriger; observations pratiquesChapitre 198 sur 254 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

Ces deux exemples seraient déjà suffisants pour spécifier un ordre de faits aussi simple; mais cet ordre de faits étant précisément celui qui doit nous fournir les moyens d'évoquer et de diriger nos songes, il ne me parait pas inutile d'attacher une attention particulière à le développer bien clairement.

Remarquons d'abord quelle influence auront, en général, sur nos rêves les mille incidents qui traverseront nos occupations quotidiennes, les objets sur lesquels nos yeux se reposeront , les scènes auxquelles nous assisterons, les lectures que nous aurons faites, et, en un mot, tout le cortège des réminiscences qui pourront se marier aux préoccupations habituelles de notre esprit, trame ordinaire de nos rêves. Si je pense, étant éveillé, au charmant tableau de Boulanger, le Tept'da- ; "t'um, si j'en considère souvent la photographie dans les intermèdes des occupations quelconques auxquelles une partie notable de mon temps sera consacrée, j'atteindrai infailliblement ce premier résultat que les idées-images inhérentes aux sujets du Tepidarium auront dès lors contracté, avec les idées qui se rapporteront aux sujets de mes occupations ou de mes études, le lien d'association procédant de l'ordre chronologique suivant lequel mes souvenirs auront été emmagasinés dans ma mémoire. Il pourra donc arriver ensuite, si j'ai pris, je

suppose, pour sujet d'étude quelques recherches sur l'origine désarmes à feu, que la seule vue d'une arquebuse évoque tout à coup le souvenir de l'une des ravissantes baigneuses du Tepidarium, ce qui ne serait assurément jamais advenu par la seule loi des analogies. Quant au second résultat, il est prévu : si je pense, étant éveillé, à l'une des baigneuses du Tepidarium., ce ne sera là qu'une simple pensée, plus distante encore de la vue réelle de la peinture que la vue de cette peinture ellemême ne l'est d'une vivante réalité; mais, en songe, où toute pensée est accompagnée d'une illusion de réalité plus ou moins vive, la baigneuse, si je viens à y penser, se placera devant mes yeux non moins réelle, en apparence, que cette vieille arquebuse appuyée contre mon bureau, et désormais sa voisine dans le magasin de mes souve-

nirs i.

On reconnaît en médecine deux modes d'action sur l'économie animale : l'un qui, sans agir directement et instantanément sur aucun organe, intéresse cependant à la longue notre organisme tout entier; on le nomme hygiène ou régime. L'autre, qui peut amener des modifications immédiates, au

\ . J'ai mentionné ce fait que les souvenirs d'une gravure ou d'une peinture deviennent souvent, en rêve, des objets réels.

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