TROISIÈME PARTIE
du Vivarais, d'une part, et de l'autre des idées de peinture et de compositions artistiques se rattachant à l'atelier. La seconde expérience fut à peu près nulle. Un de mes anciens camarades d'atelier se trouvait bien mêlé à plusieurs épisodes d'un rêve confus ; mais je ne parvins pas, je l'avoue, à lire assez clairement dans les opérations de mon esprit pour en tirer des inductions précises. Quant à la troisième expérience faite, on jugera par le récit de mon rêve qu'elle ne pouvait me laisser aucun doute sur l'efficacité des moyens de rappel psychiques que j'avais employés. Je me crois dans la salle à manger de l'habitation vivaraise, dînant avec la famille de mon hôte réunie à la mienne. Tout à coup la porte s'ouvre, et l'on annonce M. D..., le peintre qui fut mon maître. Il arrive en compagnie d'une jeune fille absolument nue, que je reconnais pour l'un des plus beaux modèles que nous ayons eus jadis à l'atelier. M. D... raconte que la voiture dans laquelle ils voyageaient de concert a versé, qu'ils viennent demander l'hospitalité, etc.; et le rêve se complique d'incidents divers, inutiles à relater ici où nous n'avons à constater que le rappel simultané de ces deux ordres de souvenirs, ceux du Vivarais et ceux de mon ancien atelier de peinture, devenus solidaires de deux sensations de mon odorat. A propos de ces incidents accessoires dont nos
rêves se compliquent, je m'arrêterai toutefois un moment pour appeler l'attention sur le travail de l'esprit reliant ce que je nommerai les idées premières, au moyen de ce que j'appellerai les idées secondaires, ou accessoires. Dans une étude comme celle que j'ai entreprise sans autre prétention que de projeter çà et là quelque lumière, une parenthèse n'est jamais à craindre pourvu qu'elle vienne opportunément.
Étant donné que le travail spontané de l'imagination et de la mémoire ou quelques circonstances éventuelles ont évoqué simultanément plusieurs idées associées par les divers liens que nous venons de mentionner, ou par ceux qu'il nous reste à exposer plus loin, il faut encore que l'esprit se charge de les souder entre elles au moyen d'un cortège d'idées de second ordre, qui sont d'ailleurs évoquées elles-mêmes par des affinités analogues. Dans le rêve cité plus haut, une réminiscence provoquée tout à coup par une sensation de mon odorat ayant introduit brusquement l'image de M. D. . . et celle d'un jeune modèle (idées solidaires l'une de l'autre) au milieu d'un songe avec lequel ces deux personnages n'avaient aucune relation logique , l'instinctif sentiment du pourquoi des choses m'a fait imaginer aussitôt des incidents capables d'expliquer leur intervention.
J'appelle donc ici idées premières : 1° celle de