‹ Les rêves et les moyens de les diriger; observations pratiquesChapitre 37 sur 254 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

nuer ses recherches dans les songes ; il peut être conduit, par une certaine suite de raisonnements, à des idées qu'il n'avait pas. »

C'est assurément l'un des côtés les plus intéressants du sujet qui nous occupe, que cette perspicacité si puissante, cette sorte de divination intuitive à laquelle l'esprit peut s'élever parfois, dans l'état de rêve, grâce à la concentration absolue de toutes les forces de l'attention, en même temps qu'à l'extrême exaltation de la sensibilité physique ou morale, condensée pour ainsi dire sur un seul point. Mùller, notre contemporain, a évidemment la même pensée que Cabanis, lorsqu'il écrit dans son traité de Physiologie : « Il arrive parfois que nous rêvons des situations bizarres, ayant en quelque sorte le caractère de pressentiment, c'està-dire que des états possibles s'offrent à nous comme des idéalités imagées, et l'événement peut ensuite s'accorder avec notre rêve, sans qu il y ait là rien de merveilleux. Par exemple, une personne nous intéresse vivement, nous la connaissons assez bien sans être toutefois parfaitement édifiés sur son compte, nous la croyons franche et véridique, et cependant nous avons quelque sujet de soupçonner qu'elle ne possède pas réellement ces qualités. En rêvant d'elle, nous la plaçons dans des situations qui font ressortir son défaut de franchise et de véracité ; qu'ensuite nos soupçons à son

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égard viennent à se justifier, le rêve que nous avons eu paraît surprenant, et cependant il ne Test pas l. »

Faisons la part des époques et des écoles, et nous jugerons que Philon le juif avait constaté des faits de ce genre, quand il écrivait lui-même au premier siècle de notre ère : « que certains songes naissent des mouvements de l'âme, s'harmonisant par une secrète sympathie, avec le cours de l'univers, comme provenant de même racine ; d'où suit qu'un grand nombre d'événements futurs étant déjà préparés dans le présent, l'âme devinera d'elle-même le futur quand elle aura la juste intuition du présent. » Certes, je n'entends pas me tenir pour complètement éclairé par cette explication de Philon le juif ; mais il faut convenir que les faits dont il s'agit ne sont pas non plus tout à fait aussi simples que le docteur prussien le veut bien dire, dans son parti pris de ne s'étonner dé rien. S'il est constaté que l'état de rêve a pour résultat de nous faire recueillir parfois en nous-mêmes des perceptions d'une ténuité insaisissable en tout autre moment, ainsi que je le disais tout à l'heure; si l'esprit d'un homme endormi arrive, en suivant les pentes naturelles d'une série de rai-

1. Millier, Handbuch der physiologie der Mentschcn : von; Schlaf ; vi Buch, 4 cap.

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