‹ Les rêves et les moyens de les diriger; observations pratiquesChapitre 38 sur 254 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

sonnements instinctifs basés sur des prémisses justes, à découvrir nettement une conséquence vraie, et cela avec plus de perspicacité que dans l'état de veille, en raison même de cette plus grande finesse de sensations et de déductions, je trouverai toujours là un fait très-remarquable. Peut-être serait-ce même l'occasion de réfléchir à l'opinion du fameux Pierre Bayle, estimant : « que les songes contiennent infiniment moins de mystère que le vulgaire ne l'imagine, mais un peu plus aussi que ne le croient les esprits forts. »

Savons-nous bien en effet jusqu'où cette puissance de regarder en nous-mêmes saurait s'étendre, si la lumière qui éclaire notre entendement pouvait augmenter d'intensité? Connaissons-nous bien toutes les secrètes communications qui peuvent exister dans le monde qui nous entoure, entre nous-mêmes des uns aux autres, comme entre nous et tout ce que nous voyons ou ne voyons pas?

Les exemples abondent chez les écrivains anciens et modernes, psychologues, médecins, historiens même, pour attester des faits, en apparence surnaturels, d'avertissements ou de soudains pressentiments reçus en songe et que viennent justifier les événements. Les énumérer simplement ne serait qu'une œuvre aride. Les nier parce qu'on ne saurait encore les expliquer, me paraît plus orgueil-

leux que raisonnable. Je n'estime point, pour mon compte, que tant de témoignages aient pu s'accumuler sans qu'il y ait à faire une part de vérité dans ces attestations si nombreuses, et sans croire qu'il soit nécessaire, pour y ajouter foi, de rien admettre de contraire aux grandes lois de la nature; j'imagine qu'un jour viendra peut-être où l'on ne s'en émerveillera guère plus que l'on ne s'émerveille aujourd'hui de cette étincelle électrique lancée d'une hémisphère à l'autre, avec la rapidité de la pensée qu'elle est chargée de porter.

Si l'on veut maintenant de curieux exemples des non-sens que peut enfanter la manie, si commune parmi les modernes, de vouloir tout expliquer au moyen de certaines théories matérialistes , qu'on lise Boerhave. Voici ce qu'il écrit à propos du sommeil :

« Le sommeil consiste dans cet état de la moelle du cerveau, durant lequel les esprits n'influent point sur les nerfs du cerveau en aussi grande quantité ni avec autant de force qu'il en est besoin pour que les organes des sens et des mouvements volontaires puissent faire leurs fonctions librement et avec aisance.

« L'histoire des rêves est encore assez peu connue; elle est cependant importante, non-seulement en physique, mais en métaphysique à cause des objections des idéalistes

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