‹ Les rêves et les moyens de les diriger; observations pratiquesChapitre 50 sur 254 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Le sommeil, loi fondamentale qui régit tous les animaux, est un état essentiellement actif.

Motus in somno intrb vergunt, avait dit jadis Hippocrate, en remarquant que pendant le sommeil les parties extérieures du corps sont plus froides et les internes plus chaudes que pendant la veille. Somnus nil aliud est quam receptio ' spiritus vivi in sese, écrivait Bacon de nos jours. 4 l'appui de cette manière d'envisager le sommeil, Montfalcon cite l'opinion conforme de nombreux auteurs. « 11 est bien constaté par tous les médecins, » répète-t-il, « que le travail des organes de la vie intérieure est considérablement augmenté durant le sommeil, puisque toutes les fractures, luxations, etc., se guérissent plus vite sous l'influence de son action.

« Le corps s'épuise peu tandis que l'homme dort; il vit pour lui-même, étranger à tout ce qui l'environne. Sans le sommeil l'homme ne pourrait vivre longtemps, car son cerveau, ses sens, ses muscles, n'ont pas comme ses viscères et tous les organes de la vie intérieure le privilège inexplicable de ne jamais se fatiguer.

« Tandis que les organes de la vie de relation sont frappés dune sorte de paralysie, ceux de la vie intérieure non-seulement continuent d'agir, mais encore jouissent en général d'une grande énergie.

« Une cause générale qui peut provoquer le besoin du sommeil est l'exercice prolongé des fonctions qui nous mettent en relation avec les objets dont nous sommes environnés, d'où suit la lassitude des organes qui appartiennent à ces fonctions. Mais pourquoi sont-ils fatigués ? d'où vient que ceux des fonctions assimilatrices qui sont continuellement en exercice n'éprouvent jamais la même lassitude et la même intermittence d'action ? Quel physiologiste dévoilera ce mystère ? tous les médecins ne doivent-ils pas s'écrier avec le religieux Haller : Fateor me ignorare quare hi musculi1 non quiescunt, atque causam refundo in creatoris omnipotentiam, qui totum corpus nostrum sirnul fecit. »

En résumé, repos des organes qui servent à la vie de relation ; redoublement d'activité dans \et fonctions de la vie intérieure, telle est la définition du sommeil que l'article du Dictionnaire des Sciences médicales reproduit et paraphrase successivement sous diverses formes. Mais s'il constate un redoublement d'action dans plusieurs fonctions de la vie animale, il reconnaît aussi que le même phénomène ne se manifeste pas avec moins d'énergie dans certaines de nos facultés intellectuelles, la mémoire et l'imagination par

\ , Ceux des viscères*

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