‹ Les rêves et les moyens de les diriger; observations pratiquesChapitre 52 sur 254 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

« 2° Jngesta. Les boissons spiritueuses, les narcotiques, etc.

k 3° Excréta. Les pertes séminales, hémorragies, purgations violentes, etc.

« 4° Applicata, Bains chauds, narcotiques introduits dans la circulation par l'absorption cutanée.

« 5° Jeta. Fatigue musculaire, fatigue d'un sens qui éprouve le besoin du repos et entraîne sympatliiquement les autres. Exemples : lectures du soir; bruits monotones; musique douce dont les sons parviennent de loin, etc.

« 6° Percep ta. Passions tristes qui ont fortement é motionné. Effusion de larmes. »

A la suite de ces six causes de sommeil ci-dessus éuumérées, Montfalcon place les causes anormales, telles que congestion cérébrale, léthargie , asphyxie par le gaz, compression du cerveau dans certains cas de chirurgie et dans l'état d'hystérie sur les jeunes filles; mais l'état d'insensibilité auquel ces accidents conduisent peut-il être vraiment assimilé au sommeil ? Pour moi je ne le crois pas et je prends l'occasion de déclarer qu'aucune de mes observations ne s'y appliquera.

En ce qui concerne le 5° (acla), parlant ainsi que Montfalcon de certaines musiques , de certains bruits, de certaines contemplations, d'un air monotone, du frémissement des feuilles, du murmure

d'un ruisseau, d'un discours prononcé sur un ton qui ne change pas, de l'aspect d'un champ de blé que le vent fait onduler 1 etc., comme de causes efficientes propres à inviter au sommeil, Barthez observe que ces bruits ou ces spectacles détournent notre attention de tous les autres objets , tandis que par leur répétition continuelle ils nous deviennent eux-mêmes familiers, de telle sorte que nous cessons par degré de donner notre attention à rien et que le sommeil s'en suit.

Bien qu'il n'aille pas plus avant et qu'il se borne à jeter cette assertion sans nous indiquer le pourquoi, Barthez me paraît toucher très-juste , et voilà comment, selon moi, le fait doit être commenté :

La transition de la veille au sommeil est toujours caractérisée par un moment plus ou moins long de rêvasserie , durant lequel les idées et les réminiscences s'enchaînent et se déroulent spontanément , suivant leurs lois d'association. Il est donc évidemment nécessaire que l'attention soit momentanément suspendue, afin que cette rêvasserie puisse avoir lieu.

Lorsque nous sommes agités, en nous couchant, par quelque préoccupation pénible ou par l'at-

1 . Toutes choses qui, soit dit en passant, me sembleraient mieux classées dans le 1° (circumfusa).

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