‹ Les rêves et les moyens de les diriger; observations pratiquesChapitre 58 sur 254 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

« ou extérieures), il devient delà somnolence, et « l'on rêve. »

Abt. 4 et 5. Comment les rêves deviennent-ils

SENSIBLES, ET QLE FAIJT-JL ENTENDRE PAR LA CLARTÉ

ou la lucidité des rêves? — L'examen de questions ainsi posées m'offre une occasion que je saisis très-volontiers , d'aborder encore quelques points intéressants et controversés du sujet qui nous occupe.

Ce quatrième paragraphe de l'article Rêves, commence par un aveu de l'auteur déjà consigné, à savoir : « qu'il est possible de rêver sans s'en douter, témoin les somnambules. »

Dans l'acception ordinaire du mot, telle que l'entend Moreau (de laSarthe), avoir des rêves c'est donc les sentir, et en conserver de plus l'impression et le souvenir. C'est de là que dépendra, suivant lui, la clarté et la lucidité des songes.

D'où l'on arriverait à cette singulière conséquence rétrospective, que le même rêve serait estimé lucide ou non lucide, selon qu'au réveil on parviendrait ou non à se le bien remémorer, ce qui reviendrait, en définitive , à subordonner l'existence même d'un fait au souvenir qu'on en aurait gardé.

Une telle manière d'envisager la question conduit très-logiquement le docteur physiologiste à déclarer que les rêves du matin sont plus lucides

que ceux du soir. Évidemment, on se souviendra plus aisément et plus fréquemment des derniers rêves interrompus par le réveil, que des premiers tableaux de cette longue série d'illusions successivement perçues du soir au matin.

Fidèle aux principes qu'il a posés d'ailleurs dès le début de son mémoire, en déclarant que toutes les facultés actives de l'entendement demeuraient suspendues pendant le sommeil, Moreau (de la Sarthe) pense que « la succession, la combinaison des idées, en rêve, doit toujours présenter de l'incohérence et du désordre, et qu'il nous est impossible au milieu de ces mouvements tumultueux et involontaires de l'esprit, de prolonger, de retenir les impressions agréables, ou de chasser les fantômes effrayants et les images terribles. »

C'est, comme on le voit, l'opinion diamétralement opposée à celle que j'essaie de faire prévaloir.

« Quant aux rapports de temps et d'espace, ils ne sont pas conservés dans les songes, » poursuit plus loin Moreau (de la Sarthe). Il pourrait ajouter que rien n'est plus naturel. A l'état de veille, nous nous faisons une idée du temps d'après la quantité de choses que nous pouvons exécuter dans un temps donné. En songe, nous croyons voir et exécuter réellement tout ce que notre mémoire a extrait successivement de ses

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